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Ces expressions qui ont une origine biblique : « Soulever un tollé »

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Ecce Homo, par Ciseri.
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Découvrez ces expressions que nous utilisons depuis notre plus jeune âge. Certaines ont tellement imprégné notre culture qu’on ne soupçonne pas qu’elles puissent avoir une origine biblique.

Soulever un tollé

Plusieurs siècles et pas une ride ! Si certaines expressions anciennes sont aujourd’hui plutôt désuètes, c’est loin d’être le cas de déclencher ou soulever un tollé. Clameur d’indignation, mouvement collectif de protestation, le mot tollé fait partie de notre vocabulaire courant, n’en déplaise à ceux qui voudraient supprimer toute trace apparente des origines chrétiennes en France et en Europe.

Et il est aujourd’hui si facile de soulever un tollé… Dans notre société où les réseaux sociaux occupent une place prépondérante, tout devient prétexte à polémique, pour le meilleur mais aussi pour le pire, et chaque faux pas, réel ou supposé, enflamme la toile et… déclenche un véritable tollé. Bien que cela puisse sembler excessif, on entend même parfois parler de « tribunal populaire ». Et finalement, on n’est pas loin de l’origine de l’expression puisqu’elle remonte à l’épisode le plus douloureux du Nouveau Testament : la passion du Christ.

Jésus face à la vindicte populaire

Jésus, trahi par Judas, est arrêté et emmené devant l’assemblée des grands prêtres, le sanhédrin, puis devant Ponce Pilate. Le préfet de Judée représente l’autorité romaine et est chargé de faire respecter l’ordre et la stabilité dans la région. Peu convaincu de la pertinence des accusations portées contre Jésus, Pilate est conscient que c’est la jalousie qui dicte la vindicte des grands prêtres et cherche à plusieurs reprises à faire relâcher Jésus. L’occasion pourrait se présenter puisqu’à chaque fête, il avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que le peuple demandait. Mais il se heurte à une foule emplie de violence et de haine qui lui crie de libérer Barabbas, un prisonnier condamné pour émeute et meurtre, et de crucifier Jésus, comme nous le rapporte saint Jean dans son Évangile :

« À mort ! A mort ! Crucifie-le ! » (Jean 19, 15)

Or dans la Vulgate, version latine de la Bible (depuis le texte hébreu pour l’Ancien Testament et le texte grec pour le Nouveau Testament), saint Jérôme traduit ce passage du grec au latin par : Tolle ! Tolle ! Crucifige eum ! Le mot tolle, sans accent, est ici l’impératif du verbe latin tollere qui signifie ôter, enlever, supprimer. Le cri de la foule déchaînée est donc Supprime-le ! traduit plus tard par À mort !

À partir de la fin du XVe siècle, l’expression crier tollé sur (ou contre) quelqu’un prend le sens de crier afin d’exciter de l’indignation contre quelqu’un. Les mots ont un sens.

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