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Le patrimoine religieux privé est-il menacé ?

MONCÉ CHAPEL
© Rouillac
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Une chapelle néo-gothique en ruines a été vendue lundi aux enchères dans le Loir-et-Cher pour 24.000 euros. L'acquéreur devait s'engager à la démonter puis la reconstruire ailleurs. Une première en France.

(Article mis à jour le 23 janvier) Dédié à l’archange saint Michel, l’édifice construit entre 1890 et 1892 dans une propriété de Moncé (Loir-et-Cher) n’est pas dénué d’intérêt. En revanche la chapelle a subi de graves dommages au cours de la tempête de décembre 1999. Son toit a été arraché par le vent et son clocher est tombé lors d’une tentative de restauration. Depuis, le propriétaire a laissé la chapelle qui n’est ni classée ni inscrite, à l’abandon. Il a confié à un commissaire priseur le soin de la vendre aux enchères, la chapelle n’étant ni classée, ni inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, rien ne s’y opposait. Et il est heureux qu’un bien aussi atypique a trouvé un acquéreur qui dit être un collectionneur d’art religieux.

Une situation inédite

Avant la vente, Benoît de Sagazan, spécialiste du patrimoine religieux et auteur d’un blog dédié à ce sujet, rappelait à Aleteia que « ce n’est pas la première fois qu’un bien religieux est mis en vente aux enchères », même si cela reste rare. En revanche, il s’agit bien d’une situation inédite, puisque la condition de vente est de transférer la chapelle. Mais une chapelle privée n’étant ni vouée au culte paroissial, ni accessible au public, la décision de vente ne regarde que le propriétaire.

Selon lui, « il n’y a pas matière à scandale mais c’est important d’être vigilant, de s’en préoccuper, même pour une chapelle comme celle-là », car « tout n’est pas au même niveau ». « Même si elle est privée, elle est le témoin d’une époque et ce n’est pas pour rien que l’ancien propriétaire (Guy de Lavau) a voulu la construire », relève-t-il tout en précisant que c’est « la liberté du propriétaire de ne pas vouloir la garder et l’entretenir, mais lui-même l’a laissée à l’abandon, ne l’a pas entretenue et n’en a pas pris soin, même abîmée. Car on peut très bien conserver et entretenir des ruines. » Dans la presse locale, le propriétaire a souligné que le bâtiment représentait un danger pour les personnes qui viennent dans sa propriété.

Benoît de Sagazan mentionne d’autres cas de vente de biens religieux, comme « l’église anglicane de Dinan mise en vente aux enchères, une petite chapelle de chemin dans le Nord mise en vente par des particuliers à 150 euros en 2016, ou encore dans le centre historique d’Avignon la même année ». L’exemple du promoteur immobilier Patrice Besse illustre la possibilité d’épargner certains édifices d’un usage détourné, lui qui a permis d’assurer un usage respectueux et fidèle à une chapelle d’Étretat, mise en vente en 2014, qui aurait pu se transformer en friterie. Finalement, le conservatoire du littoral a racheté la chapelle Notre-Dame de la Garde, ce qui lui permet notamment d’être toujours ouverte au public.

Une forte valeur symbolique

La mise à prix de la chapelle de Moncé est fixé à 5 000 euros, une somme relativement faible. Mais Benoît de Sagazan déplore que le propriétaire veuille en tirer profit, étant donné que « la condition d’achat représente un coût énorme ». « Qui peut bien pouvoir récupérer une chapelle comme celle-là ? ». Compte tenu des coûts de transport et de rénovation, qui ne sont pas des moindres, il faut en avoir les moyens. La chapelle a des qualités ornementales et architecturales indéniables et il espère que « quelqu’un puisse être intéressé ». « Il vaut mieux tout faire pour la sauver », conclut-il. « Il vaudrait même mieux la donner gratuitement avec l’assurance qu’elle soit reconstruite ailleurs. C’est possible de la remonter en l’état, dans le sens où elle est assez délabrée et la toiture est à refaire. Certains peuvent être intéressés et heureux d’avoir une chapelle privée, car il en existe encore qui en construisent. »

« Les églises et chapelles ont une forte valeur symbolique », souligne-t-il. Et de citer Maurice Barrès qui écrivait dans La grande pitié des églises de France : « La présence d’une église dans le paysage améliore la qualité de l’air que je respire », qui n’était pourtant « pas catholique pratiquant ».

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