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Après une alerte au missile, un évêque procède à une absolution collective

CHURCH HAWAII
© Tibor Bognar I Photononstop
Eglise à Hawai.
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À cause d’une fausse alerte, l'évêque d'Honolulu (Hawaï), Larry Silva, a absout 45 personnes, selon une forme exceptionnelle du sacrement de réconciliation.

À 8h05, samedi 13 janvier, un employé de l’Hawaii Emergency Management Agency réalise un test interne du système d’alerte au missile. Interne, il devrait le rester, mais au lieu d’appuyer sur le « Test missile alert« , il appuie sur le « Missile alert« . Il peut donc vérifier que le système d’alerte fonctionne effectivement. Un message avertissant d’un bombardement imminent est aussitôt transmis, par réseau sans fil. Quelques minutes après sa bévue, tout l’archipel est sur le pied de guerre, craignant une attaque nucléaire de la Corée du nord.

Vague de panique

À 8h07, Mgr Larry Silva reçoit sur son mobile le même message que son million de compatriotes hawaïens :  « ALERTE AU MISSILE BALISTIQUE CIBLANT HAWAI. CHERCHEZ UN ABRI IMMEDIATEMENT. CE N’EST PAS UN EXERCICE ». Alors que les lignes de téléphones sont saturées par les habitants qui appellent leurs proches pour leur recommander de se mettre à l’abri, voire pour leur dire adieu, il se dirige vers la chapelle du centre du diocèse de Saint-Sephen, à Kaneohe, où il réside. Quand il y pénètre, le père Mark Gantley distribue la communion a une assemblée de 45 personnes, de futurs diacres qui suivent une formation au centre. Le père Mark Gantley est au courant du message d’alerte, mais il ne s’est pas interrompu : « Ma première pensée fut que j’allais finir la messe, je ne vais pas l’interrompre », se souvient-il.

On renonce au chant de sortie

Sachant qu’un missile balistique nord-coréen mettrait 15 à 20 minutes à frapper son archipel, le prêtre décide que son assemblée peut se passer de chant de sortie. Il laisse son évêque conclure la cérémonie. Celui-ci, après avoir brièvement expliqué la situation, détaille en quelques mots le principe de l’Absolution collective, un pardon pour les péchés véniels, donné à toute une assemblée, sans confession individuelle. Puis il réalise le rituel : « Certaines personnes étaient visiblement soulagées « , témoigne le père Gantley. « Ce fut incroyablement apaisant pour tout le monde ».

À situation exceptionnelle, forme exceptionnelle

Mgr Larry Silva affirme qu’il n’est pas favorable à l’absolution collective, mais que des circonstances de danger de mort, comme celles qu’il a connu, la justifient. C’est d’ailleurs la première fois qu’il donne le sacrement de réconciliation selon cette forme exceptionnelle. D’après le rituel de 1973, il est possible de donner l’absolution collective « en cas de grave nécessité », et ce sont les évêques diocésains qui décident quand on peut donner cette absolution. À 8h37, un démenti de l’Hawaii Emergency Management Agency vient rassurer tout le monde : aucun missile en vue ! Eva Andrade, de l’équipe de formation des diacres, qualifie l’absolution collective qu’elle a expérimenté comme « la plus puissante réconciliation qu’elle ait connue ». Elle précise : « Pendant ces moments, où l’on ne sait pas si on va mourir, le cœur recherche le pardon. On pouvait sentir la présence de Dieu dans cette pièce. »

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