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Comment devenir actrice de sa vie, comme Bakhita, l’esclave devenue religieuse ?

DR
josephine bakhita
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Sainte Joséphine Bakhita est fêtée le 8 février. Dans son roman éponyme, Véronique Olmi nous fait découvrir cette jeune esclave à la destinée aussi cruelle qu’édifiante. Esclave par son corps, mais en tous lieux, maîtresse de son âme, Bakhita est un magnifique exemple de clairvoyance, de volonté et de ténacité.

Bakhita, née au Darfour au milieu du XIXe siècle, est enlevée par des négriers à l’âge de 7 ans. Revendue sur un marché des esclaves au Soudan, elle passera de maître en maître, et sera rachetée par le consul d’Italie, qui la ramène en Europe. Placée chez les religieuses canossiennes à Venise, elle demande à être baptisée, puis à devenir sœur. Elle est canonisée en l’an 2000 par le pape saint Jean Paul II. Inspirons-nous de son histoire et de sa personnalité hors du commun, pour devenir actrice de notre vie !

Faire confiance à son intuition

Enfant, Bakhita parlait le dialecte d’une tribu nubienne, à Olgossa, province du Darfour, au Soudan. Enlevée à 7 ans par des trafiquants d’esclaves, elle traverse le désert soudanais, et très vite, ne comprend plus les autres dialectes africains. Elle développe alors une autre forme de communication, qu’elle utilisera aussi bien avec son amie de captivité Binah, avec sa protégée Mimmina, qu’avec les religieuses italiennes : tout passe par la voix, le regard, l’intuition.

Véronique Olmi écrit : « Elle ne comprend pas la phrase, elle comprend le sentiment. Et c’est comme ça que dorénavant elle avancera dans la vie. Reliée aux autres par l’intuition, ce qui émane d’eux, elle le sentira par la voix, le pas, le regard, un geste parfois ».

Grâce à ce sens de l’intuition qui ne la quitte jamais, elle sait qu’elle est faite pour une vie autre que la vie d’esclave. « Il y aura toujours en elle deux personnes : une à la merci de la violence des hommes, et l’autre, étrangement préservée, qui refusera ce sort. Sa vie mérite autre chose. Elle le sait ».

Comme elle, ayons confiance en notre intuition, afin de développer un langage autre que verbal. Sachons écouter ce que nous dicte notre cœur pour réconforter, sachons appuyer un peu plus un regard pour contempler,  sachons adoucir la voix pour soulager, sachons caresser pour aimer.

Trouver sa force à l’intérieur de soi

À de nombreuses reprises durant sa vie d’esclave, Bakhita souffre, son corps est enchaîné, mais son esprit s’élève vers une autre réalité, et c’est ce qui la maintient en vie et l’aide à supporter la douleur et l’humiliation. Elle se tourne vers les étoiles, les fleurs, le ciel, les oiseaux, la terre, tout en se demandant « qui est le maître de ces belles choses ». Elle arrive à échapper à la souffrance de son quotidien, en s’imaginant des histoires, en puisant en elle une puissance créatrice qui lui offre une échappatoire, et qui lui constitue une vie secrète, intérieure, d’une densité salvatrice.

« Elle est debout, à moitié nue et à vendre, et elle n’entend ni ne sent rien de cette réalité-là. Au petit matin son esprit s’est envolé haut, comme un oiseau libre, étranger à El Obeid. Elle l’a pris au creux de ses mains et puis elle l’a lâché au-dessus du marché, et elle le voit danser dans le ciel, comme un voile qui bat. Elle le suit avec curiosité, elle a cette capacité à s’imaginer ailleurs, s’échapper d’un corps qui appartient à tous, pour vivre sa vie secrète. »

Même si nos pieds ne sont pas enchaînés, nous sommes parfois esclaves d’un rythme, d’un modèle, de traditions, d’outils que la société nous impose, ou d’un idéal que nous nous efforçons d’atteindre. À l’instar de Bakhita, sachons prendre de la hauteur et imaginer des échappatoires qui rendent la vie plus légère.

Oser demander

Bakhita est timide, et pourtant, elle trouve le courage de tomber à genoux devant le consul italien, son dernier maître, pour le supplier de l’emmener avec lui en Italie. On la dit simple d’esprit, et pourtant, elle sait amener des arguments rusés pour faire valoir son utilité lors de la traversée. Elle parle mal italien, et pourtant, elle se fait comprendre. Elle trouve l’audace d’oser parce qu’elle sait. Elle sait ce qu’elle deviendra lorsque le consul partira. Alors un jour elle décide : « Plus jamais on ne lui ôtera sa tunique blanche ».

Si la timidité rend le travail plus difficile, elle ne doit pas être une excuse : même timides, osons demander ce que nous voulons et que nous jugeons légitime. Pour Bakhita, c’est une question de vie ou de mort. Dans la vie de tous les jours, demander — un service à une amie, une augmentation à son chef, une dédicace à son chanteur préféré — est source de paix (d’abord avec soi-même), de bien-être, et de confiance en soi.

Une volonté ferme et sans failles

Toute sa vie, Bakhita est confrontée à des choix cruciaux : s’évader de Taweisha, c’est prendre le risque d’être battue à mort, quitter le Soudan, c’est renoncer à l’espoir de retrouver les siens, rester au couvent du Dorsoduro, c’est quitter Mimmina, qu’elle protège et aime comme sa fille. Cependant, Bakhita est douée d’une grande clairvoyance, qui lui fait voir plus loin que le bout de son nez, et qui la guide fermement sur de nouvelles voies. Elle fait preuve d’une volonté implacable, qui tient souvent en deux mots : « Je pars », ou « je reste ». Sa ténacité la mène jusqu’à un procès retentissant, à Venise, contre sa maîtresse Maria Michieli, dont la victoire lui ouvre les portes de la liberté.

Demandons aussi au Seigneur de nous éclairer sur les choix que nous devons faire. Dictés par Dieu, il est certain qu’ils seront plus faciles à tenir. La ténacité de Bakhita la mène vers la liberté. À nous de savoir discerner quel est le projet de Dieu pour nous. C’est celui-là, si l’on s’y tient, qui nous mènera à la vraie liberté.

Bakhita livre olmi

Bakhita, de Véronique Olmi, Albin Michel, novembre 2017, 455 pages, 22,90 euros.

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