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Chine : des églises encore persécutées

CHINA CHURCH
© FRED DUFOUR I AFP
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Emmanuel Macron a démarré lundi 8 janvier une visite d'Etat en Chine de deux jours. Près de 40 ans après l'ouverture de la Chine décidée par Deng Xiaoping et la reconnaissance des religions, les chrétiens connaissent encore nombre de difficultés dans l'Empire du milieu.

Le Saint-Siège a annoncé le 3 janvier 2018 le décès de deux évêques de Chine continentale, Mgr Luca Li Jingfeng, et Mgr Mattia Yü Chengzin, respectivement décédés le 17 novembre et le 7 décembre 2017. Les deux prélats ont souffert de persécutions de la part du régime de Pékin au cours de leur vie.

La religion « est l’opium du peuple » : c’est au nom de ces quelques mots écrits par Karl Marx, que les religions sont interdites depuis 1949 par le PCC. Avant la prise de pouvoir de Mao et la proclamation de la République populaire de Chine, la situation des chrétiens dans l’Empire du milieu n’était déjà pas très enviable. La situation s’améliore cependant en 1978, quand Deng Xiaoping décide l’ouverture économique du pays. Cinq religions sont alors reconnues officiellement : le taoïsme, l’islam, le catholicisme, le protestantisme, et le bouddhisme. La constitution accorde en théorie la liberté de religion, mais celle-ci ne doit pas interférer avec le PCC.

Le taux de pratique religieuse progresse ainsi depuis une trentaine d’années, ainsi que le nombre de chrétiens. Il est cependant compliqué de recenser exactement leur nombre qui est minimisé par les dernières statistiques officielles, publiées en 2011. L’une des raisons est que les évangéliques, qui représenteraient l’élément le plus dynamique du christianisme aujourd’hui est essentiellement constitué d’ « églises à domicile », clandestines. Les statistiques du « Chinese Spiritual Life Survey », liées à la Fondation John Templeton, organisation protestante, estiment que les chrétiens étaient quelques 33 millions en 2010, soit 2,4% de la population en 2010, dont 30 millions protestants, alors qu’ils ne sont que 5,5 millions selon les statistiques du gouvernement, et 3 millions catholiques. Ces derniers sont divisés entre les catholiques dits « patriotiques » affiliés à l’Église patriotique de Chine qui ne reconnaît pas l’autorité du Saint-Siège, et les « clandestins » fidèles au Vatican.

Sur les réseaux sociaux, les chrétiens chinois sont pourtant très actifs. Selon l’Agence de Presse internationale catholique (APIC), en 2014 sur le site de microblogging Weibo, le « Twitter chinois », les contenus chrétiens dépassaient les contenus communistes. Ainsi, les mots « Bible » ou « Jésus » étaient cités 17 et 18 millions de fois contre 4 millions pour Xi Jinping tandis que les citations du Petit livre rouge peinaient à totaliser 60 000 mentions. Le père Joseph Shih, prêtre jésuite chinois, explique dans un entretien accordée cette semaine au père jésuiste Antonio Spadaro, directeur de la revue Civiltà Cattolica, et relayé par l’agence d’information ZENIT que « le sentiment religieux émerge spontanément » et qu’il « ne faut pas s’étonner de voir que, ces dernières années, le nombre de fidèles des différentes religions a augmenté en Chine de manière significative », le catholicisme ayant suivi cette tendance.

Persécutions et restrictions religieuses

Il n’en demeure pas moins que les chrétiens sont encore victimes de nombreuses persécutions. Dans Dieu est rouge, l’écrivain dissident Liao Yiwu rapportait en 2015 de nombreux témoignages de chrétiens emprisonnés pour leur foi. L’organisme évangélique Open Doors International a fait de l’Empire du milieu le 39e pays le plus dangereux pour les chrétiens, en 2017. L’ONG classe le pays parmi ceux où la persécution est « forte ». Deux des cinq régions autonomes de la Chine sont plus particulièrement dangereuses selon Open Doors : le Xinjiang (nord-ouest) et le Tibet. L’ONG rapporte également que dans la province de Zhejiang (est), « connue aussi sous le nom de “Jérusalem chinoise” », les autorités locales « ont entamé une campagne de lutte contre les structures religieuses, particulièrement les églises ». De nombreux incidents y sont d’ailleurs rapportés. Elle note que « la persécution qui touche les chrétiens est le fait de l’oppression communiste et, dans une moindre mesure, de l’extrémisme islamique et du nationalisme religieux. » Selon elle, si « le temps où les chrétiens devaient être exterminés est révolu, la persécution peut encore surgir à tout moment. »

De même, l’Observatoire de la liberté religieuse, lié à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) considère que les chrétiens sont persécutés en Chine. Dans son dernier rapport daté de 2016, il souligne la difficulté d’obtenir des données fiables, dans un pays ou le PCC contrôle tout. D’autant plus que l’entrée en vigueur en 2015 de la « Loi sur la sécurité nationale » semble aggraver la situation. Au prétexte de « protéger la souveraineté nationale et les intérêts chinois, mais aussi la stabilité politique et sociale », cette loi impose de nouvelles contraintes aux religions. Elles doivent « s’assimiler de plus en plus à la culture chinoise et extirper les “influences extérieures” ». L’Église catholique, rattachée au Vatican, est ainsi directement visée. Par ailleurs, le texte dispose que la soumission au PCC « doit guider “efficacement” et “fermement” toutes les religions ». Pour finir, seuls les athées peuvent être membre du parti.

Ces dispositifs ont été renforcés par un texte adopté le 7 septembre dernier. À partir de février 2018, les autorités durciront les mesures à l’encontre de communautés religieuses qui organiseraient des « événements non-autorisés » ou accepteraient des dons provenant de l’étranger. De lourdes amendes ou « punitions selon la loi » sont prévues pour les communautés qui bravent ces interdictions. Durant l’été dernier, plusieurs communautés catholiques et protestantes s’étaient déjà vue interdire l’organisation de camps de vacances pour les enfants ou simplement de les emmener à la messe, par les autorités de quatre provinces chinoises.

Pourtant, rarement l’activité diplomatique aura été aussi intense entre Pékin et le Vatican que ces derniers mois. En mars dernier, une délégation vaticane s’est rendu en Chine tandis qu’en juin c’est une délégation chinoise qui était à Rome. À chaque fois, il était question de trouver un accord sur une reconnaissance réciproque entre les évêques de l’Association patriotique. Le début d’un réchauffement ?

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chine
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