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Assassinat du père Hamel : les services de renseignement mis en cause

FATHER HAMEL
MARCO ZEPPETELLA - AFP
Assassiné par deux terroristes alors qu’il célébrait une messe dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, le père Hamel est sur la voie de la béatification.
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Un an et demi après l’assassinat du père Hamel, Mediapart affirme que la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) porte une lourde responsabilité dans cet attentat. Un de ses agents aurait intercepté des messages de l’un des tueurs du père Hamel sur le réseau crypté Telegram. L’archevêque de Rouen a réagi à ces informations en renouvelant sa confiance "en la justice de ce pays".

C’était il y a un an et demi. Mais l’émotion est la même, intacte. Le 26 juillet 2016, deux terroristes pénètrent dans la petite église de Saint-Étienne-du-Rouvray afin de commettre un attentat. L’un des deux hommes s’est alors approché du père Hamel qui célébrait la messe, l’a forcé à s’agenouiller et l’a égorgé, devant les fidèles rassemblés. « Va-t’en Satan ! » ont été ses derniers mots. Mais alors que le procès en béatification du père Hamel est en cours, Mediapart vient de publier une enquête explosive. D’après le site, la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) de Paris, avaient intercepté des messages de l’un des tueurs père Hamel, Adel Kermiche.

Un agent de la DRPP, que le journaliste appelle Paul, avait en effet connaissance des messages publiés sur Telegram par Adel Kermiche. Ce dernier préconise l’application de la loi du Talion en France, raconte ses tentatives de départ en Syrie, l’obligation qu’il a de porter un bracelet électronique et les cours qu’il donne trois fois par semaine dans une mosquée de Saint-Étienne-du-Rouvray. Enfin, dans un message audio de sept minutes, il encourage à cibler des églises avec des attaques au couteau.

Une note blanche jamais transmise ?

L’agent de la DRPP écrit alors une note blanche à l’intention de la DGSI, service responsable car l’auteur des messages a été localisé dans la région de Rouen et non pas à Paris. Mais avant d’être transmise, cette note doit être validée par quatre échelons hiérarchiques, détaille Mediapart. Problème : « On est durant la seconde moitié du mois de juillet et quatre gradés sont en vacances », détaille-t-il. La note blanche serait alors restée bloquée jusqu’au 26 juillet, jour de l’attentat. Conscient de ce « raté », la DRPP aurait alors, selon Mediapart, demandé au brigadier de postdater le document incriminant.

Des accusations que la DRPP a réfutées, démentant toute faille de leur système. La préfecture de police (PP), dont dépend la DRPP, affirme que la note, datée du 22 juillet, n’évoque « en aucun cas […] l’imminence d’un passage à l’acte, et encore moins le ciblage d’un lieu précis ». « Cette note, qui ne comportait pas de caractère d’urgence et s’inscrivait dans le travail de détection quotidien du service, a suivi le circuit habituel de validation », précise encore la PP. Lorsque l’attentat a lieu le 26 juillet, « le rédacteur de la note a immédiatement fait le lien avec l’individu qu’il avait identifié ». « Sans délai, la DRPP a informé oralement les services enquêteurs et a rédigé une nouvelle note datée du 26 juillet », affirme la préfecture. Pour mémoire, Gérard Collomb s’était exprimé mi-septembre lors d’une audition par la commission des lois de l’Assemblée nationale, dans le cadre de l’examen du projet de loi antiterroriste. Le ministre de l’Intérieur avait alors listé douze projets d’attentats déjoués en France depuis le début de l’année 2017.

Un chemin d’amour et de pardon

« Quoi qu’il en soit, cet épisode réveille une douleur qui commençait doucement à s’apaiser, a réagi Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen. Des questions se posent à nouveau : qui savait quoi ? Cet attentat aurait-il pu être évité ? […] Notre Évangile indique un chemin d’amour et de pardon. Il n’est pas facile. Nous ne l’abandonnerons pas même si une nouvelle difficulté se présente. Notre désir le plus ardent est que la société toute entière résiste aux tentations de division et aux fractures. C’est ensemble, population, communautés croyantes, services de l’État que nous nous opposerons au fanatisme et à la violence inhumaine. Je redis la confiance en la justice de notre pays. Une instruction est en cours. Elle est ou sera saisie des informations publiées et bénéficiera des documents que la Préfecture de Police met à sa disposition. Je ne doute pas que les juges et les responsables de l’État en tireront toutes les conclusions. »

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