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À la messe comme à la maison : les bienfaits de l'encens

INCENS STICKS

Alica Moser - Shutterstock

Marie Le Goaziou - Publié le 21/12/17

L’expression "encenser quelque chose ou quelqu’un" signifie en dire beaucoup de bien… C’est bien la preuve que l’encens a des vertus bénéfiques ! Encore faut-il le manier à bon escient...

La fumée claire et odorante qui s’élève de l’encensoir durant les offices s’adresse aussi bien à la vue qu’à l’odorat et nous met en condition pour prier durant les offices. Cet usage millénaire est présent dans tous les lieux religieux mais aussi dans nos maisons. Encore faut-il savoir le manipuler pour ne pas risquer l’incendie ni de respirer un air pollué. Mais pourquoi se priver des effets de l’encens qui, bien utilisé, peut contribuer à votre sérénité ?

D’où vient l’encens ?

L’encens vient de la résine de Boswellia, un arbuste originaire du Dhofar, dans l’actuel sultanat d’Oman, pas plus haut de trois mètres, aux feuilles piquantes et aux fleurs roses. Pour récolter cette résine, on procède comme pour la résine de pins dans les Landes ; on incise l’écorce et on enlève un lambeau étroit et long, on racle ensuite l’endroit dégagé, et on récolte les concrétions de gomme-résine en les faisant tomber dans un récipient. Les sécrétions de résine, durcies au contact de l’air, sont collectées deux à trois semaines plus tard ; ces gouttes solidifiées peuvent mesurer plus de 2 cm.

L’encens, plus cher que l’or

On produit environ 2000 tonnes par an de cette résine aromatique naturelle qui se consume en dégageant une fumée odoriférante. D’une plus grande valeur marchande que l’or, l’encens fut le plus important commerce du monde antique et médiéval et fit la prospérité des royaumes de la péninsule arabique.

Ce n’est pas un hasard si l’encens était un des présents que les roi mages déposèrent au pied de l’enfant Jésus dans la crèche ! Ils offrirent de l’or, car c’est un roi ; la myrrhe, car il est mortel et de l’encens, car il est de nature divine. Mais l’intérêt de cette résine, que l’on pile ou réduit en petits grains avant de la poser sur le charbon de l’encensoir, réside dans sa combustion, d’où son nom qui vient du latin incensum qui veut dire « ce qui est brûlé ».

L’usage mystique de l’encens

Dans l’ancien testament comme dans le nouveau, l’encens brûlant est le symbole de la prière. Le psaume 140, verset 2 proclame : « Que ma prière monte devant vous comme l’encens et mes mains, comme l’offrande du soir ». Et dans le dictionnaire de liturgie, Dom Robert le Gall affirme : « En utilisant l’encens, l’Église affirme concrètement son adoration et sa prière. » Si les premiers chrétiens semblaient se méfier de l’usage de l’encens par crainte des idoles, l’usage cultuel de l’encens était répandu dans toutes les religions depuis l’Antiquité.

C’est sans doute par les rites funéraires que l’usage de l’encens est entré dans le culte chrétien. Cette combustion, qui consume l’encens jusqu’à le réduire en cendre, symbolise l’offrande que le Christ fait de lui-même à son Père. Une offrande à laquelle s’associe toute l’Église, notamment lors de la messe. C’est est un symbole de vénération, de purification et de sanctification.

L’encens au cours de la messe

Si l’usage de l’encens n’est pas obligatoire durant la messe, il nous aide, en s’adressant à la vue et à l’odorat, à nous mettre en prière. Aussi, le servant de messe présente l’encensoir au prêtre à plusieurs reprises pendant la messe ; durant la procession d’entrée, le prêtre encense l’autel ainsi que la croix ; avant la lecture de l’Évangile, le livre est encensé ; durant l’Offertoire , le pain et le vin, qui deviendront le Corps et le Sang du Christ, sont encensés, puis le célébrant, les ministres et enfin l’assemblée ; et enfin au moment de la consécration, lors de l’élévation du Corps et du Sang du Christ. On utilise aussi l’encens lors des funérailles, des expositions du Saint Sacrement, lors de certaines processions et lors des vêpres solennelles au moment du chant du « Magnificat ».

L’usage domestique de l’encens

L’encens s’utilise aussi en privé, en particulier dans son coin prière, car il permet de créer une atmosphère propice à l’oraison. Mais ce compagnon de méditation peut aussi être utilisé pour un usage profane. Car la résine de Boswellia a de nombreuses propriétés thérapeutiques. En plus d’être un anti-inflammatoire naturel puissant et un ami des poumons obstrués ou asthmatiques, l’encens a également des propriétés d’antidépresseur car il agit sur les zones du cerveau qui contrôlent l’humeur ! Une étude américaine de 2008 a démontré ce que l’on savait de manière empirique depuis des siècles : l’encens procure un bien-être dont il serait dommage de se priver. Malgré tout, il faut se rappeler que celui-ci n’a rien d’ésotérique ou magique, il est simplement du aux substances naturelles que dégage l’encens.

Bien choisir l’encens…

Aujourd’hui, on trouve de l’encens sous de nombreuses formes ; en grain, en cône en bâtonnets et même en huile essentielle. Pour choisir celui qui correspond à l’usage que vous voulez en faire, prenez soin de bien lire la composition et ne faites confiance qu’à l’encens 100% naturel. Les bâtonnets de bambou de toutes les couleurs sont trop souvent fabriqués avec des parfums de synthèse. Si vous en trouvez en grains, non manufacturés, c’est encore mieux…

Et méfiez vous des encens pas chers : lorsqu’on connaît le prix de la matière première, on comprend mieux son prix dans le commerce…

…Et bien le faire brûler

Enfin, choisissez avec soin le dispositif nécessaire pour le faire brûler pour ne pas risquer d’incendie. Les systèmes utilisant des bougies ne donnent pas assez de chaleur pour brûler l’encens correctement. Le charbon en pastille est certainement la meilleure solution mais il demande une surveillance minutieuse et un contenant en terre, métal ou céramique isolé du support sur lequel il est posé.

Enfin, les encens en bâtonnets ou en cônes doivent eux aussi être placé sur des supports non combustibles et stables.

Et quand l’encens s’est consumé, il ne faut pas pas oublier d’aérer ! On a constaté dans un temple bouddhiste que l’air était dix fois plus pollué qu’à un carrefour avec une circulation intense.

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