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Le café-atelier Dorothy, entre travaux manuels et cycles de réflexion

CAFE LE DOROTHY
Le Dorothy
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Lancé officiellement par une quinzaine de chrétiens le 23 novembre dernier à Ménilmontant, à Paris, le café-atelier Dorothy multiplie les événements en cette fin d’année. Le 22 décembre prochain, l’établissement organise avec l’association Le Carillon un Noël solidaire. Un calendrier de l’avent inversé, où il est possible de déposer des cadeaux pour les sans-domiciles, sera proposé.

Fondé par un groupe de chrétiens, le café-atelier Dorothy vient d’ouvrir ses portes à Ménilmontant. À l’issue de la première conférence qui s’y est tenu, le coordinateur de ce projet, Foucauld Giuliani, a répondu à nos questions.

Aleteia : Qui est Dorothy Day, cette femme à qui vous avez choisi de rendre hommage en prenant ce nom pour votre café-atelier ?
Foucauld Giuliani : Dorothy Day est une grande figure du catholicisme social américain. Cette femme charismatique a vécu entre 1897 et 1980. Elle a eu une vie mouvementée, marquée par une conversion aux alentours de sa trentième année. Jusqu’à sa conversion elle était très engagée, en tant que journaliste et activiste, dans les cercles socialistes et communistes. Elle reste très engagée dans les combats sociaux après sa conversion mais son aliment intellectuel principal devient alors la Doctrine Sociale de l’Église qu’elle prend pleinement au sérieux, n’hésitant pas à élever la voix lorsqu’elle estime que les catholiques justifient un ordre social inacceptable. Avec Pierre Maurin, un intellectuel français fortement marqué par le personnalisme, elle crée, au début des années 1930, le Catholic Worker Movement. À l’origine, c’est un journal qui défend les droits sociaux des travailleurs et des chômeurs. Puis, devant l’immense succès du journal, succès qui dépasse largement les cercles catholiques, Dorothy Day et Pierre Maurin décident d’ouvrir des lieux de vie, Les Maisons de l’Hospitalité. Ces lieux de vie rassemblent travailleurs manuels et intellectuels, exclus et personnes insérées socialement. Dès les années 1930, ces lieux de vie se multiplient, aux États-Unis et ailleurs, atteignant plusieurs centaines.

L’objectif poursuivi est de permettre aux habitants de ces maisons d’unifier leur vie autour de la vie de foi, de la réflexion politique, de l’action sociale et de la simple gestion des problèmes du quotidien. Même si ces communautés autonomes se revendiquent catholiques, tous les types de personnes y sont accueillis. Catholiques et non catholiques, croyants et non croyants. Ce qui est passionnant chez Dorothy Day, c’est sa capacité à affirmer sa foi sans pour autant se fermer aux personnes extérieures à sa communauté. Sur le plan de l’action, elle avait ce don de fédérer des personnes d’horizons différents autour d’une même dynamique d’action. Autre point important, cette intuition, chez Dorothy Day, que vie d’action et vie de prière doivent être en étroite relation. Cela signifie que la prière n’est pas du temps perdu. C’est au contraire là où s’ébauche l’action juste à venir. Prendre Dorothy Day comme figure de proue ne signifie pas qu’on veuille la « copier » au moindre détail près. Ce qu’on souhaite, c’est se laisser imprégner et nourrir par la pensée et la vie de cette femme pour laquelle une procédure en béatification est engagée.

Comment est né ce projet ?
Plusieurs membres du Dorothy ont participé et ont été marqués par l’aventure du café-coworking Le Simone à Lyon. Ce lieu, créé par les Altercathos, est un exemple de réussite d’un lieu où, dans le même mouvement, l’on se forme à la Doctrine Sociale, l’on assure un service économique auprès de coworkers variés et où l’on prépare des dynamiques d’action. Le Dorothy est dans une relation de cousinage fraternel avec Le Simone. Nous sommes deux équipes indépendantes mais appelées à nous voir régulièrement et à nourrir des liens d’amitié. Il est évident que nous avons beaucoup de chantiers d’action à mener en commun. Le Dorothy possède sa singularité propre avec ce désir de proposer, dans un même lieu, des activités liées au travail manuel et des cycles de réflexion. Nous portons ce projet hors les murs depuis presque un an et nous venons de trouver un lieu d’implantation, à Ménilmontant.

Qu’entendez-vous par café-atelier et quelles sont vos ambitions pour l’année qui vient ?
Notre projet va se déployer en deux temps. Pendant environ dix mois, nous allons organiser divers types d’activités : soirées culturelles, conférences et cycles de réflexion, ateliers de transmission de savoir-faire manuels, activités de solidarité… Le café associatif ne sera pas ouvert en continu mais se calera sur les horaires et durées des activités évoquées. À l’issue de cette période de quelques mois, notre but est de devenir un véritable café et un atelier de travail manuel ouvert la journée à tous ceux qui souhaitent bricoler, apprendre et créer de leurs mains. D’ores et déjà, il est possible de venir au Dorothy pour participer aux activités qui y sont organisées ! Par exemple le 15 décembre, nous organisons un bal folk et le 22 décembre aura lieu un Noël solidaire en partenariat avec l’association Le Carillon.

Porté par des chrétiens le projet « Dorothy » est toutefois destiné à tous. Comment comptez-vous éviter l’entre-soi et vous ouvrir au plus grand nombre ?
La communauté chrétienne est diverse, il y a déjà un enjeu de dialogue et de rencontre en son sein ! Par ailleurs, l’ouverture doit moins être un principe abstrait, une intention louable mais vide, qu’une réalité à vivre. Comment procéder ? Sans doute en passant par la médiation d’activités nombreuses et variées. En plus des soirées culturelles, des conférences et des ateliers de savoir-faire, nous souhaitons mener des activités de solidarité à une échelle locale. Pour ce faire, nous devons apprendre de ceux qui font déjà dans le quartier, apporter notre énergie s’il y en a besoin et quand nous en sommes capables. Il faut donner du temps à la mise en relation et à la prise de contact. Le Noël solidaire que nous allons co-organiser avec l’association Le Carillon est le premier fruit de cette méthode. Notre projet va prendre son épaisseur dans le temps long.

Propos recueillis par Benjamin Fayet.

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