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Préparer Noël avec une œuvre d’art : la Présentation au Temple

Domaine public
Présentation au Temple (1631), Rembrandt van Rijn (1606-1669), musée Mauritshuis, La Haye, Pays-Bas.
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Chaque dimanche de l’Avent, découvrez une nouvelle œuvre d’art en lien avec Noël. Cette semaine, La Présentation au Temple de Rembrandt, commentée dans le Magnificat de décembre. À partir de ce 3 décembre, premier dimanche de l’Avent, Magnificat propose d’ailleurs de préparer la venue du Sauveur à travers une communauté de prière sur le site Hozana. Chaque jour, une œuvre d’art y sera sélectionnée en lien avec la liturgie du jour.

La postérité de Rembrandt van Rijn est l’une des plus remarquables de l’histoire de l’art même si, de son vivant, son œuvre souffrit d’incompréhension. À la différence de ses contemporains, Rembrandt, géant qui « embrasse tous les génies » (Emmanuel Starcky), ne se spécialisa pas dans un genre particulier, mais les pratiqua tous. Son traitement de la nature humaine, sans concession, où il cherche à retranscrire « l’émotion la plus grande et la plus naturelle possible », explique qu’il soit considéré comme l’un des plus grands artistes de son époque. Capable d’aborder tous les genres, de travailler toutes les techniques, la peinture autant que le dessin ou la gravure, il possède une culture figurative très large, qui lui permet d’innover sans risquer des effets de citations des grands maîtres qu’il avait parfaitement assimilés.

Domaine public
Présentation au Temple (1631), Rembrandt van Rijn (1606-1669), musée Mauritshuis, La Haye, Pays-Bas.

Le « reflet prêté de la beauté »

Il se distingue de ses contemporains par son refus du réalisme analytique de la bourgeoisie hollandaise tout autant que du souffle baroque et lyrique des Pays-Bas du sud. Son œuvre, en perpétuel renouvellement formel, se « goûte » au plus près de la matière, par le brio de ses empâtements et de ses coups de lumière et de couleurs, et se médite, dans l’introspection parfois grinçante de ses autoportraits comme dans la spiritualité pleine de douceur de ses scènes religieuses. Marcel Proust reconnaissait ainsi : « Avec Rembrandt, la réalité même sera dépassée. Nous comprendrons que la beauté n’est pas dans les objets, car sans doute alors elle ne serait pas si profonde, si mystérieuse. Nous verrons les objets n’être rien par eux-mêmes, orbites creux dont la lumière est l’expression changeante, le reflet prêté de la beauté, le regard divin. »

La préciosité du luminisme

La Présentation au Temple, réalisée en 1631, est caractéristique des œuvres où sa manière, encore marquée par la peinture précieuse de son maître, Pieter Lastman († 1633), a cependant délaissé la recherche décorative et pittoresque des réalisations de ses premières années à Leyde. Un an plus tard, en 1632, le maître s’installe à Amsterdam, et connaît ses premiers grands succès. La Présentation au Temple symbolise parfaitement cette transition, entre les hésitations des premières années et l’affirmation d’un style personnel. La composition est ordonnée autour d’un groupe de personnages auxquels un rayon de lumière donne une présence qui s’accorde avec la majesté de l’architecture du temple. Ce dernier, plongé dans la pénombre, semble presque irréel. Marie, au centre, les mains posées sur son ventre en signe de sa récente maternité, et saint Joseph, un genou à terre à ses côtés, portant les colombes traditionnellement offertes pour la purification, ont confié Jésus à Syméon qui le porte délicatement. Le vieillard tourne son visage à la fois vers la prophétesse Anne, fille de Phanuel, qui se dresse devant lui, et vers la source de la lumière, qui vient révéler la préciosité de son manteau et la beauté de son visage. Cet homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël (Lc 2,25) et l’enfant qu’il tient contre son sein sont le pivot de toute l’œuvre. La lumière n’éclaire qu’eux, Marie et la main d’Anne. Deux autres prêtres se sont approchés. Mais la lumière, venue du Père et jaillie du Fils, ne les atteint pas comme elle éclaire Syméon, Jésus et Marie. Rembrandt révèle ainsi sa science de la composition, de l’utilisation des effets d’ombres et de lumière, mais aussi de la poésie de la matière et des effets précieux et vibratoires d’une gamme chromatique réduite. Comparée à une autre œuvre sur le même thème, réalisée en 1628-1629 (Kunsthalle, Hambourg), celle du Mauristhuis de La Haye démontre combien le maître a gagné en maturité : la monumentalité de la composition, la force d’une narration au service du sens spirituel de l’événement y sont affirmées. Le maître s’intéresse à nouveau à ce sujet en 1669 (Nationalmuseum, Stockholm), dans une œuvre étonnante par la simplification de ses moyens plastiques et sa concentration sur les visages et les expressions.

Reconnaître et rencontrer Jésus

Syméon, qui était venu au Temple « poussé par l’Esprit », s’écrie, en recevant l’enfant dans ses bras : Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël (Lc 2,29-32). En reconnaissant son Sauveur, Syméon entre dans la louange et prononce ce magnifique cantique que l’Église a fait sien. Syméon et Anne nous permettent aujourd’hui d’entrer dans la foi et nous enseignent sur deux voies qui amènent à reconnaître le Seigneur : la justice et la prière. À le reconnaître et à le rencontrer car la présentation au Temple est fête de la rencontre, celle de Dieu avec son peuple. Marie et Joseph, jeunes parents ont répondu au précepte de la loi mosaïque qui voulait que, quarante jours après la naissance du fils aîné, ce dernier soit présenté au Temple et que la mère soit purifiée. Mais plus profondément « à ce moment-là, c’est Dieu lui-même qui présente son Fils Unique aux hommes, à travers les paroles du vieillard Syméon et de la prophétesse Anne.  […] Par ce signe visible, on veut signifier que l’Église rencontre dans la foi celui qui est la lumière des hommes et l’accueille avec tout l’élan de sa foi pour apporter au monde cette lumière » (Benoît XVI). Jean-Paul II fit ainsi de cette si belle rencontre, qui fait jaillir du cœur de Syméon la louange, le jour où l’Église célèbre la vie consacrée. Puissions-nous, à la suite de Syméon, reconnaître et rencontrer notre Seigneur et entrer dans la louange : celle d’avoir un tel Sauveur, mais aussi une telle mère. Car la présentation de Jésus au Temple est aussi annonce de la Passion et de ce glaive qui transpercera l’âme de Marie (2 février). Avec Jean-Paul II, rendons grâce à Marie « devenue Mère de notre lumière au prix du grand sacrifice de [son] Fils, au prix du sacrifice maternel de [son] coeur ».

À partir du 3 décembre, Magnificat vous invite à préparer la venue du Sauveur sur Hozana. Chaque jour, une œuvre d’art est proposée, sélectionnée en lien avec la liturgie du jour, accompagnée d’un texte de l’Écriture et d’une courte méditation choisie parmi les plus belles de celles des grands saints, théologiens et Pères de l’Église.

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