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Raoul Follereau, ce héros méconnu

Raoul Follereau
AFP
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Le 6 décembre 1977 décédait celui que l’on surnommait le « vagabond de la charité ». Son nom reste définitivement lié à la lutte contre la lèpre.

Nous sommes en 1918. Alors qu’il n’a que 15 ans et qu’il vient de perdre son père tué au front l’année précédente, Raoul Follereau prononce, dans un cinéma de sa ville, une allocution à la mémoire des victimes de la guerre. C’est un adolescent à la fois ardent et pleinement conscient de ses responsabilités qui s’exprime. Comme des balises qui éclairent le reste de sa vie, le jeune catholique martèle à l’auditoire deux phrases : « Etre heureux, c’est faire des heureux » et « Vivre, c’est aider les autres à vivre ».

L’anecdote est significative car Raoul Follereau aura très tôt conscience de ses formidables talents oratoires. Il montera infatigablement sur les estrades pour mobiliser les énergies, lever des fonds et attirer l’attention des autorités politiques ou ecclésiales. Sa première passion est la défense de la culture française, qui lui fait déjà sillonner le monde pour ouvrir écoles, cercles d’études et bibliothèques. Précurseur de la francophonie, Raoul Follereau ne s’arrête pas là.

Une rencontre déterminante

Au mitan des années 1940, alors qu’il est réfugié chez des sœurs missionnaires à Vénissieux, près de Lyon, Raoul Follereau est saisi par le récit que lui font les mères, d’un apostolat auprès des lépreux en Côte-d’Ivoire. Il se souvient alors d’une rencontre qu’il avait eue, près de quinze ans auparavant, avec des malades touchés par la lèpre et chassés par les populations. Le projet de construire un village qui les accueillerait germe alors et Raoul Follereau reprend son bâton de conférencier pour trouver l’argent nécessaire.

Il n’abandonnera plus jamais la cause de ses frères lépreux, et continue, en France aussi, de se consacrer à ceux qui souffrent. En 1946, il lance le Noël du Père de Foucauld, qui propose à chaque enfant de réserver un soulier supplémentaire aux pieds de la crèche pour les enfants pauvres. Le succès sera là aussi au rendez-vous avec 80 000 colis remis aux enfants miséreux en 1950.

Un « marketing » de la charité

Pleinement conscient du poids des nouveaux outils de communication, Raoul Follereau fait preuve d’un incontestable talent pour attirer l’attention médiatique sur les causes qu’il défend. Ainsi en 1954, il frappe fort avec deux grandes initiatives. Au mois de janvier, il lance la Journée mondiale des lépreux qui souhaite tout autant réunir les fonds nécessaires aux traitements des malades que combattre la peur des populations envers ces derniers.

Puis, quelques mois plus tard, il adresse une lettre ouverte aux chefs des deux pays les plus puissants de la planète, Eisenhower pour les Etats-Unis et Malenkov pour l’URSS. « Ce que je vous demande est si peu … Presque rien … (…) J’ai calculé qu’avec le prix de deux de vos avions de mort, on pourrait soigner tous les lépreux du monde » proclame-t-il. Si sa demande restera sans réponse, elle obtiendra un très large écho dans l’opinion publique.

Le socle d’une foi profonde

Dans un beau texte d’hommage, Jacqueline de Romilly a rappelé combien la profondeur spirituelle de Raoul Follereau et son amour de la civilisation française avaient compté dans le déploiement futur de ses grandes œuvres.

Le Livre d’amour, recueil de ses pensées qui rencontra un succès prodigieux, lève le voile sur la profondeur spirituel du « vagabond de la charité ».  À tous ceux qui travaillent chaque jour à prendre soin de leur prochain, Raoul Follereau a livré un formidable message d’espoir. Et d’énergie ! Car c’est à un engagement complet qu’il nous invite, loin des mirages d’un confort qui bien souvent nous endort.  « J’institue pour légataire universelle la jeunesse du monde. Toute la jeunesse de tout le monde : de droite, de gauche, du milieu, du plafond : que m’importe ! Toute la jeunesse : celle qui a reçu le don de foi, celle qui fait comme si elle croyait, celle qui croit qu’elle ne croit pas. Il n’y a qu’un ciel pour tout le monde. Alors… demain ? Demain, c’est vous ». D’un tel héritage ne cessent d’éclore chaque année de très nombreux fruits.

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