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Prier le Notre-Père en araméen, la langue de Jésus

By DyziO | Shutterstock
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À l’heure où s’ouvre le temps de l’Avent et que tant de nos frères chrétiens dans le monde et notamment au Proche-Orient sont victimes de persécutions, prier le Notre-Père dans la langue de Jésus a tout son sens.

L’araméen est la langue parlée par le Christ et utilisée encore par l’Église chaldéenne, une des Églises catholiques d’Orient pour entretenir sa pratique. Et c’est généralement dans cette langue – considérée lieu d’unité — que le Notre-Père est récité pour nous unir à la prière des chrétiens persécutés en Irak ou en Syrie où, dans certains villages, on la parle encore avec un fort attachement. Elle est le point commun qui permet de s’entendre, de se comprendre, de se sentir proches… La prière fondamentale pour tous les chrétiens.

Que savons-nous de l’araméen ?

À l’époque de Jésus, la langue couramment parlée par les juifs était l’araméen — dont le nom vient d’Aram, une ancienne région du centre de la Syrie — qui suppléa peu à peu l’hébreu après le retour d’exil à Babylone (598-538 av. J.-C.). L’hébreu, néanmoins, restera la langue littéraire et religieuse jusqu’à un nouveau recul de l’araméen au fur et à mesure de l’éloignement des communautés juives des centres araméophones d’une part, et du déclin de l’empire perse d’autre part.

Puis il y eut la conquête arabe, plus de 1 000 ans plus tard, qui imposera alors une troisième langue sémitique, sur l’ensemble des contrées antérieurement dominées par l’araméen.  Et c’est le début de l’arabisation des populations tant juives que chrétiennes de l’Asie occidentale, qui avait jusque là parlé l’araméen. La langue de Jésus s’éteint alors peu à peu au profit de la langue du pays de résidence, à l’exceptions de quelques endroits comme Maaloula, en Syrie, ou d’autres villages de la région de Mossoul, dans le nord de l’Irak.

Le Notre-Père en araméen

Dire le Notre-Père dans une langue qui n’est pas la nôtre peut sembler ardu. Or, l’effort que cela demande est signe justement d’une volonté d’être en communion, de montrer concrètement à ces chrétiens – a fortiori quand leur langue est celle du Christ — que nous compatissons et partageons leur martyre. D’ailleurs, souvenons-nous, n’est-ce pas de cette manière que Jésus prononçait cette prière ? L’évocation du Royaume des cieux ne commence-t-elle pas là où le cœur est ouvert, dans l’attention à celui à qui on l’offre ?

Il n’y a guère de prière qui, dans beaucoup de milieux chrétiens ou d’églises, soit aussi souvent prononcée que le « Notre-Père », ni guère d’occasion où l’on ne la récite pas, qu’il s’agisse de cultes, de baptêmes, d’enterrements, de repas à table, ou autres circonstances. Pour tenter l’expérience en cette période de l’Avent, voici le Notre-Père en araméen phonétique :

Awoun douèshméïa,
Notre Père, qui es aux cieux,

Nèth (q)radash(e) shmarh
Que ton nom soit sanctifié, 

Tété merkouzarh (z = th englais)
Que ton règne vienne,

Névé sévianarh
Que ta volonté soit faite

Eikén en douèshméya abb’hara
Sur la terre comme au ciel. 

Haoul’ann lar’man-sourane èn’yomana
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

Ouérsh’ourl’ann houbènn ou arbarènn
Pardonne-nous nos offenses

Eikén ann-ap nann shouaria faïawénn
Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. 

Oulla tal’ann in tçiona
Et ne nous laisse pas entrer en tentation

Ella-pass’ ann èn bicha
Mais délivre-nous du mal.
Amen

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