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Zimbabwe : quel rôle pour l’Église après la démission de Mugabe ?

STR - ZIMPAPERS IMAGES - AFP
Perence Shiri (gauche), le commandant de la Zimbabwe Airforce, serre la main de Robert Mugabe (droite), sous le regard du père Fidelis Mukonori (au centre) le 19 novembre 2017, à Harare.
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Le président zimbabwéen Robert Mugabe a remis ce mardi 21 novembre sa démission, après trente-sept ans de pouvoir. L'Église catholique, très importante dans le pays, pourrait jouer un rôle de premier plan.

Robert Mugabe a mis fin mardi à son règne autoritaire de trente-sept ans à la tête du Zimbabwe en présentant sa démission de la présidence du pays. Depuis que l’opposition à l’ex-héros de la guerre d’indépendance se fait jour, l’Église catholique est en première ligne. Ces derniers jours encore, alors que les tensions étaient vives, le père jésuite Fidelis Mukonori, avait lancé une médiation entre Robert Mugabe et le général Constantino Chiwenga, chef des « putschistes ».

Directeur exécutif du Centre pour les initiatives de paix en Afrique, le jésuite est connu pour sa proximité avec beaucoup d’hommes politiques du Zimbabwe dont Robert Mugabe. Il apparaissait comme le mieux armé pour mener ce type de négociation. Il avait en outre participé en 1979 à la Conférence de Lancaster House à Londres, entre les autorités anglaises et les représentants de la Rhodésie du Sud, actuel Zimbabwe, sur l’avenir de la colonie anglaise. Enfin, il a été l’un des commissaires constitutionnels qui ont proposé la constitution du pays adoptée en 1980.

Mais malgré la proximité du père Fidelis Mukonori avec Robert Mugabe, lui-même fervent catholique selon ses dires, l’Église était depuis longtemps au cœur de l’opposition au régime. Ainsi, comme le souligne le quotidien La Croixla majorité des catholique est sympathisante du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principale formation d’opposition fondée en 1999 par Morgan Tsvangirai, alors secrétaire général du Congrès des syndicats du Zimbabwe, puis Premier ministre par la suite. C’est pour cela que malgré sa confiance au père Mukonori, l’ex-président a énormément surveillé les évêques.

Une Église qui appelle à la stabilité

De plus, bien que les catholiques ne représentent que 15% de la population, contre 85% de protestants, l’Église catholique demeure très importante dans le pays et pourrait représenter une force de transformation, comme l’affirme le site américain Crux. Car, les évêques catholiques ont eu une importance politique majeure dans le pays, à l’image de l’archevêque Pius Ncube, qui a dirigé l’archidiocèse de Bulawayo de 1998 à 2007. L’ancien évêque âgé de 70 ans aujourd’hui est notamment connu pour avoir appelé en 2005 à un soulèvement pacifique pour chasser Mugabe du pouvoir. Il expliquait à l’époque : « L’Église a un rôle prophétique pour dire la vérité quand plus personne n’ose le faire. J’accepte cela, même si je dois le payer de ma vie. » 

Pour le moment, les évêques tentent de stabiliser la situation. Dans un communiqué du 19 novembre signé notamment par les influents Mgr Michael Bhasera, évêque de Masvingo, et Mgr Robert Ndlovu, archevêque de Harare, les évêques ont demandé aux gens de « s’abstenir de toute anarchie ou de toute action de masse qui pourrait aggraver » la situation politique. Il a également insisté sur le fait que toute transition doit se faire par des processus démocratiques normaux et non par le feu de l’action.

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zimbabwe
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