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Ce que la musique de Kendrick Lamar nous dit de la foi

KENDRICK LAMAR
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L’une des cérémonies musicales les plus importantes outre-Atlantique, les American Music Awards, se déroule ce dimanche 19 novembre. Avec trois nominations (artiste de l’année, meilleur album rap/hip hop et meilleur artiste hip hop), Kendrick Lamar a de grandes chances de briller. L’occasion d’analyser les textes de ce rappeur qui a la foi.

« Nous vivons à une époque où l’on exclut une composante essentielle de ce l’on appelle la vie : Dieu », déclarait en avril dernier, lors de la sortie de son dernier album, Damn, le rappeur Kendrick Lamar. Une déclaration qui n’est pas surprenante venant du Californien, qui n’a jamais fait de sa foi un secret. En janvier 2015, il expliquait ainsi : « Je croyais en Dieu mais ce qui m’a poussé dans la foi ce sont les gangs, voir des gamins en tuer d’autres, des amis partir en prison. »

La découverte de Dieu

Si la foi l’a éloigné de la violence, celui qui a « trouvé la spiritualité seul » confesse ne pas aller à l’église ou lire la Bible. Une habitude qu’il doit à son éducation. « Mes parents sont très spirituels mais on n’allait pas à l’église, à Pâques peut-être, mais c’est tout », rapporte-t-il. Pourtant, comme le démontre l’hebdomadaire jésuite America, la musique de celui qui est surnommé « K-Dot » est pleine de références bibliques. La journaliste Olga Segura s’appuie sur le livre In Search of Soul: Hip-Hop, Literature, and Religion (« À la recherche de l’âme : Hip-Hop, littérature et religion ») d’Alejandro Nava, publié en septembre dernier, pour montrer que les textes du rappeur montrent comment la foi peut évoluer chez un croyant. Deux albums de l’artiste le révèle particulièrement, Good Kid, M.A.A.D City, qui symbolise sa conversion, et Damn son quatrième album qui fait le bilan de sa foi.

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Dans l’introduction de Good Kid, M.A.A.D City, « Sherane a.k.a. Master Splinter’s Daughter », le MC rappe « Seigneur Dieu / Je viens à vous pécheur / Et je me repens humblement pour mes péchés / Je crois que Jésus est Seigneur… / Je demanderai que Jésus vienne à ma vie / Et soit mon Seigneur et Sauveur. » C’est ainsi que celui qui vient de « trouver la foi en Dieu, et la foi dans (s)a musique » décroche son premier grand succès mondial. L’album, sorti le 22 octobre 2012, se présente comme un court métrage, avec des interludes relatant des moments de la vie de Kendrick Lamar. Ce disque est en quelque sorte une autobiographie, racontant sa jeunesse à Compton, banlieue défavorisée de Los Angeles, rongée par les gangs et où ont grandi de nombreuses stars du rap comme The Game, Dr. Dre ou Ice Cube. Sont évoqués les thèmes de la drogue, de l’argent facile, des relations hommes-femmes, etc. Pour la journaliste de la revue jésuite, le christianisme est pourtant le sujet le plus fascinant de l’album. Selon elle, il s’agit du moment où le rappeur découvre la foi. Il reconnaît ses péchés et accepte que le salut réside en Jésus-Christ, à qui il demande le pardon. Kendrick Lamar nous rappelle ainsi comme l’espérance anime les chrétiens au début.

Le moment du doute

La journaliste fait un petit saut dans le temps et arrive à son quatrième album, Damn sorti en avril 2017. Kendrick Lamar avait alors fait couler beaucoup d’encre avec le clip très christique de « Humble ». Bien que l’avant-dernier morceau, « God », remercie Dieu pour ses réalisations, le disque dépeint le tourment interne de Lamar alors qu’il lutte avec sa foi. Tout au long des quatorze chansons, il oscille entre fidélité à Dieu et tentation du péché. Le dilemme est évident dans deux chansons : « Element » et « Pride ». Dans la première, il déclare : « J’en ai fini de pleurer pour ça, ça pourrait prendre une vie pour ça / Poser la Bible et on y va pour un œil pour œil ». Dans la seconde, il proclame : « Les promesses sont brisées et plus de ressentiment s’animent… / Voyez, dans un monde parfait, je choisirai la foi plutôt que les richesses ». Le temps de la fois juvénile de Good Kid, M.A.A.D City est donc passé. Lamar est conscient du péché qui le tente, mais il est toujours sa proie. Dieu est son salut, mais le chemin est difficile.

Dans la onzième chanson de l’album XXX, il reçoit un appel d’un ami dont le fils vient d’être assassiné, et qui cherche un soutien spirituel. Il demande à Kendrick de prier pour lui. « Je sais que tu es oint. (…) Montre-moi comment surmonter cela », demande l’ami. Mais le rappeur lui répond que son propre « esprit ne va pas mieux ». Il poursuit : « Je ne peux pas te répondre, voici ce que je ressens : si quelqu’un tue mon fils, cela signifie que quelqu’un se fera tuer. » Lamar termine alors la conversation et entame un discours sur la violence qui ronge les États-Unis. Cette chanson contient, d’une part, des notes de grâce, comme l’ami du rappeur qui lui demande une direction spirituelle. De plus, K-Dot demande à Dieu de bénir son pays (« America, God bless you if it’s good to you ») et salue « Marie, Jésus et Joseph ». Cependant, la star Lamar réfute cette grâce, disant à l’ami que la seule réponse qu’il a pour la violence qu’il a vécue est la violence elle-même. Damn nous rappelle alors que même avec la foi nous restons humains, avec nos doutes et nos faiblesses.

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Pour la journaliste Olga Segura cette évolution est également palpable sur scène. Ainsi, elle explique que lorsqu’elle l’avait vu en concert en décembre 2016, il s’exclamait à son public : « Si Dieu est avec nous, alors tout ira bien. » Mais en juillet dernier, en pleine tournée « The Damn Tour », il jouait un rôle plus nihiliste, oscillant entre l’humilité et le narcissisme, l’amour et la haine, la foi et la tentation. Le passage de Good Kid, M.A.A.D City à Damn prouve que la foi n’est pas statique, mais qu’elle est en constante évolution, reflétant nos nos souffrance et nos difficultés. Bien que nous désirions une relation parfaite avec Jésus, notre condition humaine nous en empêche, et notre spiritualité reste prise dans pleins de contradiction, entre bonheur et souffrance, vertu et péché. L’écrivain Georges Bernanos avait pour habitude de dire : « La foi, c’est 24 heures de doute moins une minute d’espérance. » Damn en est la parfaite illustration.

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