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Saint Martin de Tours, apôtre de la Gaule et de l’Europe

© By Fulcanelli | Shutterstock
Saint Martin
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En ce 11 novembre, jour de sa fête, découvrez l’histoire de Martin, l’un des saints les plus populaires et les plus vénérés en Europe.

Saint Martin est né en 316 à Szombathely en Hongrie, l’ancienne Pannonie, sur les frontières de l’Empire romain, où son père était soldat de la garnison et lui-même le devint, la loi exigeant qu’un fils de soldat suive ses traces. Muté en Gaule, c’est là qu’il rencontre le pauvre transi de froid à qui il donne la moitié de son manteau (ou cape), dans un geste d’une rare charité de la part d’un militaire. Cette scène traversera les siècles, sculptée, peinte ou représentée sur des vitraux comme un « symbole du partage ». Ce geste marque le point de départ de la conversion de Martin, dès le lendemain, après avoir vu en songe Jésus Christ vêtu de ce même pan de manteau, un soir. Il décide alors de se faire baptiser.

 

On raconte que la cape de saint Martin de Tours fut envoyée comme relique à la Chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle pour Charlemagne, et qu’elle a été emportée lors des batailles et portée en bannière. La cape de saint Martin serait aussi à l’origine du nom « Capet » de la dynastie des rois de France. On dit même que lors d’une exposition à la vénération des fidèles, la relique a été exposée dans une pièce dont le nom serait à l’origine du mot « chapelle », cappella en italien, chapel en anglais, Kapelle en allemand (Nouvelle évangélisation).

« L’été de saint Martin »

Selon la tradition, Martin a quitté l’armée et son pays à 40 ans, pour rejoindre Poitiers, où il est entré au service de saint Hilaire, évêque de la ville depuis 350. Avec lui, Martin fonde à Ligugé le premier monastère d’Occident, lieu principal de ses activités d’évangélisation pendant dix ans. De là il est enlevé par les habitants de Tours qui veulent en faire leur évêque, fonction à laquelle il tente d’échapper. Il finit par se faire à « l’idée qu’il s’agissait sans aucun doute de la volonté de Dieu » et fonde alors les premières églises rurales de la Gaule, puis se lance sur les routes de l’Europe, parcourant les campagnes à pied ou à dos d’âne, pour évangéliser les divers pays. Il prêche avec efficacité aux paysans, force le respect par l’exemple et le refus de la violence. Tous voient déjà en lui « un saint homme ».

Martin est mort à 84 ans, à Candes, sur les bords de la Loire. Il est le premier saint vénéré sans avoir subi le martyre. Ramené à Tours pour y être inhumé, trois jours après sa mort, la légende raconte qu’au passage du bateau transportant le corps de l’évêque, les buissons des rives se seraient couverts de fleurs blanches. Pour commémorer ce 1620e « été de la Saint-Martin », des mariniers remontent chaque année sur la Loire un gisant de cire de saint Martin sur un bateau, de Candes-Saint-Martin à Tours. Cette année, le gisant de cire, transporté de bateau en bateau, est arrivé à Tours ce vendredi 10 novembre, veille de sa fête. Celle-ci donne lieu encore aujourd’hui à de nombreuses réjouissances, en France mais également à travers de toute l’Europe : manger l’oie, déguster le vin nouveau…

L’héritage culturel de saint Martin

En France ce sont 237 communes, 3 600 églises et des centaines de sites qui sont dédiés au saint moine, évêque, missionnaire, apôtre de la Gaule et d’une partie de l’Europe. L’Europe où des centaines d’autres villes, villages, églises dont quatorze cathédrales, chapelles ou monuments sont élevés en son honneur. Depuis le Ve siècle, les pèlerinages à destination de son tombeau affluent à Tours où il repose et où, l’année dernière, l’église locale a mis les bouchées doubles invitant plus de dix-sept pays à venir participer, le 3 juillet 2016, à la grande célébration anniversaire des 1 700 ans de sa naissance.

Des pays comme l’Allemagne, la Hongrie (son pays d’origine), la Slovénie, l’Italie, l’Espagne possèdent tous un important patrimoine architectural lié à son culte. En Italie, par exemple, plus de 900 églises lui sont dédiées. Sans compter toutes les légendes, les traditions et les folklores, qu’il a laissés derrière lui dans tant de villes de ces pays. Tout un « chemin » — plus de 5 000 kilomètres de circuit sillonnant l’Europe permet d’ailleurs de retrouver les traces de cet héritage culturel lié à saint Martin. Placé sous l’égide du Conseil de l’Europe, « l’Itinéraire culturel européen saint Martin de Tours », comme on appelle ce circuit, relie une centaine de villes à travers le vieux continent. Le 2 juillet, l’année martinienne a fini comme elle a commencé : à Tours, par un grand cortège international !

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