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Un évêque ne démissionne pas, il « renonce »

© Virginia CASTRO I CIRIC
15 août 2009 : Le cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris, lors de la Messe solennelle de l'Assomption, Notre-Dame de Paris (75), France.
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Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris,  fête ce mardi 7 novembre son 75e anniversaire. Selon le droit canonique, il doit remettre au Pape sa « démission ». La formule exacte est « renonciation ».

Un évêque (ou un archevêque) ne démissionne pas de sa fonction, il « renonce » à son « office ». Selon le canon 401, « l’évêque diocésain qui a atteint soixante-quinze ans accomplis est prié de présenter la renonciation à son office au pontife suprême qui y pourvoira après examen de toutes les circonstances ».

Une norme établie par Paul VI

Un « rescrit » du pape François en date du 3 novembre 2014 a maintenu cette règle des 75 ans, alors que l’idée de repousser la retraite des évêques à 78 ans avait circulé. La norme, envisagée par les pères du concile Vatican II, a été établie par Paul VI et confirmée par Jean Paul II. Elle concerne aussi les titulaires d’offices désignés par nomination pontificale.

Le droit permet et encourage également la renonciation avant 75 ans des évêques qui le « considère nécessaire pour maladie ou pour tout autre motif grave ». Seule exception à propos de la limite d’âge : celle-ci est fixée à 80 ans pour les membres des dicastères nommés par le Pape. C’est aussi l’âge limite des cardinaux électeurs lors du conclave qui élit le Pape.

« Un service et non un honneur »

D’autres cas de renonciation sont évoqués dans l’article 5 du rescrit. L’autorité compétente peut estimer nécessaire de demander à un évêque de présenter la renonciation à sa charge pastorale en cas de défaillance grave, après lui avoir fait connaître les motifs de cette requête et après l’avoir écouté attentivement « dans un dialogue fraternel ». Des cas se sont déjà présentés, notamment sous le pontificat de Benoît XVI.

Dans l’esprit du pape François, le principe de la limite d’âge est une invitation à considérer l’épiscopat « comme un service et non un honneur ». Les évêques qui sont les successeurs des apôtres sont « maîtres de doctrine, prêtres du culte sacré et ministres de gouvernement » (can. 375). Par la consécration épiscopale, ils reçoivent la charge de sanctifier, d’enseigner et de gouverner. Ce ministère, dit le Pape dans son rescrit de 2014 est un « poids lourd ». Il doit être considéré comme un « service (diakonia) » du « le saint peuple de Dieu » (une expression chère au pape François). Ce service réclame « toute l’énergie » de celui qui y est appelé.

Évêque émérite

La renonciation n’entre en vigueur que quand elle est acceptée par « l’autorité légitime ». Le Pape peut l’accepter le jour même, et annoncer le nom du successeur qu’il a choisi. Si le successeur n’est pas encore désigné, un administrateur apostolique assure l’intérim : généralement le vicaire général du diocèse. Il arrive que le Pape prenne son temps, ou qu’il veuille prolonger « l’office » de l’évêque. Cela arrive parfois dans les grands diocèses, comme ce fut le cas pour le cardinal Lustiger qui demeura trois ans de plus archevêque. L’évêque ou l’archevêque dont la renonciation à son office a été acceptée garde le titre d’évêque (archevêque) émérite de son diocèse.

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