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Ces expressions qui ont une origine biblique : « Qui va à la chasse perd sa place »

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Matthias Stomer, Ésaü (à droite) vend son droit d'aînesse à Jacob pour un plat de lentilles, XVIIe siècle.
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Découvrez ces expressions que nous utilisons depuis notre plus jeune âge. Certaines ont tellement imprégnées notre culture qu'on ne soupçonne pas qu'elles puissent avoir une origine biblique.

« Qui va à la chasse, perd sa place »

C’est un classique des cours de récréation ! Cette expression, fort bien comprise des enfants, signifie qu’il ne faut pas abandonner son bien ou sa situation pour vaquer à d’autres occupations sous peine de ne pas les retrouver à son retour.

Et pourtant, parmi toutes les petites voix chantant à tue-tête « qui va à la chasse perd sa place », combien se doutent que cette expression est tirée de la Genèse, le premier livre de la Bible ? Si la locution n’est pas reprise textuellement, elle fait référence aux versets 1 à 40 du chapitre 27 qui racontent l’histoire de la trahison de Jacob envers son frère Esaü.

« Pour un plat de lentilles »

Jacob et Esaü sont les fils d’Isaac (lui-même fils d’Abraham) et de Rebecca. Les frères, bien que jumeaux, ne se ressemblent pas du tout. En grandissant, Esaü, le premier né, très poilu, devient un habile chasseur qui passe ses journées à arpenter la campagne. Il est le préféré de leur père tandis que Jacob, homme au caractère tranquille et casanier, a toutes les faveurs de leur mère.

Durant une période de famine, alors qu’il rentre bredouille et affamé de la chasse, Esaü trouve Jacob en train de cuisiner et lui demande de le nourrir. Jacob accepte à condition qu’il lui cède son droit d’aînesse ce qu’Esaü accepte, abandonnant ainsi l’héritage des biens de la famille contre du pain et du potage de lentilles (Genèse 25, 34).

Pour Isaac, ignorant l’histoire du plat de lentilles, Esaü est toujours le fils bénéficiant du droit d’aînesse. Devenu très âgé et aveugle, il convoque un jour Esaü pour le bénir avant de mourir et lui demande auparavant une dernière faveur : partir chasser du gibier et lui préparer un de ses plats favoris. Esaü s’exécute pour faire plaisir à son vieux père. Mais Rebecca, qui a tout entendu, va prévenir Jacob et met au point une manigance pour que ce soit son fils préféré qui reçoive la bénédiction. Profitant du handicap d‘Isaac, Jacob, revêtu des vêtements d’Esaü, les mains et le cou recouverts de peaux de chevreaux pour simuler la peau très poilue de son jumeau, apporte à son père un plat préparé par Rebecca et se fait ensuite bénir.  

À son retour de la chasse, Esaü comprend avec amertume que son frère lui a pris sa place. Il se retrouve dépouillé de son droit d’aînesse et de la bénédiction paternelle.

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