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Un rapport souligne le lien entre migrations et réchauffement climatique

© LAKRUWAN WANNIARACHCHI / AFP
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Le dernier rapport d'Oxfam, Organisation non gouvernementale (ONG) engagée « contre les injustices et la pauvreté » publié ce 2 novembre pointe l’impact du réchauffement climatique sur les populations les plus pauvres.

Deux ans après que le pape François se soit insurgé contre «L’augmentation du nombre de migrants fuyant la misère, accrue par la dégradation environnementale » dans l’encyclique Laudato Si’, l’étude d’Oxfam intitulée « Déracinés par le changement climatique » souligne « l’extrême inégalité du changement climatique qui touche plus durement les populations les plus pauvres ».

Un problème déjà pointé par le monde catholique

Émile Johann, spécialiste des questions de climat et d’agriculture sein du Secours Catholique – Caritas France, explique : « S’il est difficile de qualifier exactement les causes des déplacements, qui sont souvent multiples, il est évident que le réchauffement climatique joue un rôle croissant. » Selon elle, « bien qu’il existe encore des climato-sceptiques, les principaux intéressés, eux, ont pleinement conscience du problème. C’est très visible lorsque nous discutons avec eux. » D’après le rapport d’Oxfam, en 2016, 23,5 millions de personnes dans le monde ont été déplacées à cause de conditions climatiques extrêmes. Érosions des côtes, montées des eaux, dégradation des terres agricoles, sécheresses, les dégâts causés par le réchauffement climatiques sont multiples.

Pour Émilie Johann, l’exposition des plus pauvres a plusieurs raisons. D’abord, « ce sont géographiquement les pays les plus pauvres qui sont les plus impactés par le changement climatique ». Le rapport d’Oxfam rapporte que les plus concernés par les migrations climatiques sont l’Éthiopie, la Somalie, le Kenya et le Soudan du Sud. Ensuite, « les pauvres ont moins de moyens pour faire face aux catastrophes ». Pour finir, « les populations indigènes ou les femmes, très souvent pauvres, sont les plus concernées. »

Les catholiques ont, d’après Émilie Johann, « déjà bien pris conscience du problème ». « Ils tiennent compte de la crise socio-écologique », depuis la dernière encyclique du souverain pontife, qui lie effectivement crise climatique et problème social. Elle prend en exemple le désinvestissement dans les énergies fossiles pratiqués par nombre de paroisses à travers le monde ou le fait que plusieurs organisations, comme le Secours catholique, s’engagent sur le terrain. Selon elle, « le monde catholique, et plus largement le monde religieux, s’investit aujourd’hui d’autant plus que les politiques font preuve de faiblesses sur la question, comme le soulignait le pape dans son encyclique ». Émilie Johann explique encore que le dernier rapport de la FAO, « qui montrait que pour la première fois depuis très longtemps la faim dans le monde progressait », allait déjà dans ce sens. Le pape François avait alors appelé à lutter contre le phénomène.

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