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Que pense le pape François du diable ?

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Tentations, mondanité, hypocrisie… Trois des neuf manières utilisées par Satan pour agir contre les hommes

On est loin de la représentation que l’on voit généralement dans l’iconographie ou au cinéma : un homme à l’air méchant et des cornes sur la tête. Le diable dont parle souvent le pape François dans ses homélies et ses catéchèses, se manifeste de manière très différente. C’est un germe présent dans la société qui sème la zizanie et tente de diviser les hommes. Un être qui tente continuellement de les faire tomber dans la tentation.

Dans un ouvrage intitulé « Il diavolo c’è  » (en français « le diable existe »), l’écrivain italien Diego Manetti rassemble toutes les interventions où le Saint-Père met en garde contre les dangers de Satan et dit ce qu’il pense de lui.

1) Porteur d’amertume

« Comme le pape Benoît XVI nous l’a rappelé de nombreuses fois dans ses enseignements et, en dernier lieu, par son geste courageux et humble, c’est le Christ qui guide l’Église par son Esprit. L’Esprit saint est l’âme de l’Église avec sa force vivifiante et unifiante : d’une multitude il fait un seul corps, le corps mystique du Christ. Ne cédons jamais au pessimisme, à cette amertume que le diable nous offre chaque jour ; ne cédons pas au pessimisme et au découragement : nous avons la ferme certitude que l’Esprit saint donne à l’Église, par son souffle puissant, le courage de persévérer et aussi de chercher de nouvelles méthodes d’évangélisation, pour porter l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre (cf. At 1,8) ».

Pape François, Audience à tous les cardinaux, 15 mars 2013.

2) Voleur d’espérance

« Notre joie n’est pas une joie qui naît du fait de posséder de nombreuses choses, mais elle naît du fait d’avoir rencontré une Personne : Jésus, qui est parmi nous ; elle naît du fait de savoir qu’avec lui nous ne sommes jamais seuls, même dans les moments difficiles, même quand le chemin de la vie se heurte à des problèmes et à des obstacles qui semblent insurmontables, et il y en a tant ! Et à moment-là vient l’ennemi, vient le diable, si souvent déguisé en ange, et insidieusement nous dit sa parole. Ne l’écoutez pas ! Suivons Jésus ! ».

Pape François, Homélie du dimanche des Rameaux, 24 mars 2013.

3) Semeur de bavardages et zizanie

« Je vous demande (à la Gendarmerie vaticane) non seulement de défendre les portes, les fenêtres du Vatican – un travail par ailleurs nécessaire et important – mais de défendre avec votre saint patron Michel les portes du cœur de ceux qui travaillent au Vatican, où la tentation « entre » exactement comme partout ailleurs : mais il existe une tentation … qui plaît beaucoup au diable : celle contre l’unité de ceux qui vivent et travaillent au Vatican. Et le diable essaie de créer une guerre interne, une sorte de guerre civile et spirituelle, n’est-ce pas ? Une guerre qui ne se fait pas avec les armes que nous connaissons, mais avec la langue ».

Pape François, Homélie pour la Gendarmerie vaticane, 28 septembre 2013

4) Satan est habile

« Le devoir du peuple de Dieu est de conserver l’homme en soi-même : l’homme Jésus. Le conserver, parce que c’est l’homme qui donne vie à tous les hommes, à toute l’humanité ». Et, pour leur part, « les anges luttent pour faire vaincre l’homme ». Ainsi, « l’homme, le Fils de Dieu, Jésus et l’homme, l’humanité, nous tous, luttons contre toutes ces choses que Satan fait pour le détruire. Tant de projets, à l’exception de ses propres péchés, mais tant, tant de projets de déshumanisation de l’homme sont menés par le démon, tout simplement parce qu’il déteste l’homme. Satan est habile : la première page de la Genèse le dit. Il est habile, présente les choses comme si c’étaient de bonnes choses. Mais son intention est de tout détruire ».

Pape François, Méditation matinale du 29 septembre 2014.

5) Un dangereux séducteur

« Satan est un séducteur, quelqu’un qui pose des pièges et un séducteur. Il séduit en jouant de charme, un charme démoniaque qui vous porte à croire à tout. Avec ce charme, il sait vendre et il vend bien, mais à la fin paye mal ! ».

« Le vieux serpent, le démon, a trois méthodes : d’abord, obtenir des choses, dans ce cas le pain, les richesses qui vous conduisent lentement à la corruption et je ne vous raconte pas d’histoire, de la corruption il y en a partout ! Beaucoup de gens vendent leur âme pour deux sous, vendent leur bonheur, vendent leur vie, vendent tout. Ça c’est le premier niveau : l’argent, les richesses ».

Pape François, Homélie de la messe pour le Corps de la gendarmerie vaticane, 3 octobre 2015.

6) L’ombre des esprits impurs

« La vie chrétienne est une lutte dans laquelle ou tu luttes ou tu te laisses attirer par Jésus, au moyen du Père, ou tu peux dire “Je reste tranquille, en paix”… Mais entre les mains de ces gens, de ces esprits impurs. Mais si tu veux avancer, alors tu dois lutter ! Sentir ton cœur qui lutte, pour que Jésus triomphe ».

« C’est pourquoi, en conclusion, chaque chrétien doit faire cet examen de conscience et se demander : “Est-ce que je sens cette lutte dans mon cœur ?”. Cette lutte entre le confort ou servir son prochain, entre s’amuser un peu ou faire une prière et adorer le Père, entre une chose et l’autre ? Est-ce que je sens l’envie de faire le bien ou y a-t-il quelque chose qui m’arrête ? »

 Pape François, Méditation matinale du 19 janvier 2017.

7) Aucun dialogue

« Le serpent, le diable est rusé : on ne peut pas discuter avec lui. De plus, nous savons tous ce que sont les tentations, nous le savons tous parce que nous en avons tous : de nombreuses tentations de vanité, d’orgueil, de cupidité, d’avarice, beaucoup ! Mais toutes « commencent » quand nous disons : « Mais, on peut, on peut… ».

Pape François, Méditation matinale du 10 février 2017.

8) La mondanité comme tentation

« Aux  prêtres il arrive parfois de dire avec un peu de honte : “Je voudrais cette paroisse… – Mais le Seigneur est ici … – Mais moi je voudrais celle-ci… « . Autrement dit, on suit non pas la route du Seigneur mais celle de la vanité, de la mondanité. Et parmi nous les évêques, il arrive la même chose : la mondanité tombe comme une tentation. Et il arrive qu’un évêque dise : « Je suis dans ce diocèse mais je regarde celui-là parce qu’il est plus important », alors il se met à faire pression, à chercher des influences, pour pousser, pour arriver là.

Pape François, Méditation matinale du 21 février 2017.

9) Hypocrisie et adulation

« Les hypocrites commencent toujours par l’adulation. Puis ils posent une question. Parmi les techniques d’adulation, il y a aussi celui de ne pas faire dire la vérité, d’exagérer, de faire croître la vanité. J’ai connu un prêtre il y a longtemps, pas ici, le pauvre, un prêtre qui croyait à toutes les adulations qu’on lui adressait, c’était sa faiblesse. Et ses amis disaient de lui qu’il n’avait pas bien appris la liturgie, parce qu’il n’avait pas bien compris le véritable sens de l’encensement. L’adulation commence ainsi, mais dans une mauvaise intention. On le comprend bien en relisant le passage évangélique : les pharisiens, pour mettre Jésus à l’épreuve, l’adulent pour qu’il y croie et tombe dans le piège. C’est la technique de l’hypocrite : Il te fait voir qu’il t’aime, il t’encense toujours pour parvenir à ses fins ».

Pape François, Méditation matinale du 6 juin 2017.

 Article traduit de l’italien par Isabelle Cousturié.

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