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Les cinq solae, le socle de foi commun à tous les protestants

WEB3-Facade of the protestant Maria Magdalena Church in Stockholm, Sweden. By Igor Grochev - Shutterstock
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Par-delà leurs désaccords, les protestants croient tous en cinq principes, les « cinq solae ».

Dans la décennie qui a suivi la proclamation des « 95 thèses » de Martin Luther en 1517, un certain nombre de mouvements chrétiens sont apparus. Ce n’est qu’à partir de 1529 et la diète de Spire, que ceux qui « protestent devant Dieu et devant tous les hommes de leur refus d’admettre un décret qu’ils jugent contraire à Dieu, à sa sainte Parole, à leur bonne conscience et au salut de leur âme » sont appelés les protestants. Le terme masque en réalité une grande diversité de pratiques. Mais tous les protestants s’accordent sur cinq piliers, les cinq solae ou soli (« seul » en latin).

Si dès le début de la rupture, les réformateurs font des efforts pour exprimer leurs dogmes, comme a pu le faire Philipp Melanchton, proche disciple de Luther, avec la confession d’Augsbourg, profession de foi rédigée en 1530, il faut cependant attendre le XXe siècle pour que soient formulées clairement ces cinq piliers : la sola scriptura (« l’Écriture seule »), la sola fide (« la foi seule »), la sola gratia (« la grâce seule »), le solus Christus (« le Christ seul ») et le soli Deo gloria (« À Dieu seul la gloire »).

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Trois premiers piliers

La sola fide et la sola gratia ont été utilisées par les réformateurs eux-mêmes. Par exemple, en 1554,Philipp Melanchton écrit : « sola gratia justificamus et sola fide justificamur » (« ce n’est que par la grâce que nous justifions et seulement par la foi que nous sommes justifiés »). Mais ce n’est en 1916, que le luthérien Theodore Engelder publie un article qui fait date, intitulé « Les trois principes de la Réforme : Sola Scriptura, Sola Gratia, Sola Fides ».

La sola scriptura, parfois appelé le solo verbo (« le verbe seul »), est le principe qui fonde implicitement la Réforme. Pour Luther, Calvin et les autres réformateurs, les croyances et traditions ne doivent s’appuyer que sur l’Écriture sainte, en tant que parole (ou verbe) inspirée par Dieu. Elle est la seule qui fait autorité, devant toute les institution humaine, à commencer par le Vatican. Ainsi, « l’Écriture et seule l’Écriture constitue la norme par laquelle tous les enseignements et doctrines de l’Églises doivent être mesurées. » Ce principe s’appuie en grande partie sur la seconde lettre que l’apôtre Paul adresse à Timothée où il affirme : « Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice » (2 Timothée 3, 16). Ce principe fonde également l’Ecclesia semper reformanda est (« l’Église doit se réformer sans cesse »), qui déclare que les institutions humaines sont faillibles et doivent toujours se réformer, afin de se conformer aux Écritures.

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La sola fide, qui affirme que les bonnes œuvres ne permettent pas de se sauver, mais que seule la foi le peut. Ainsi, pour les protestants nous sommes « déclarés juste par Dieu ». Ils s’appuient alors sur plusieurs écrits de Paul, dont sa lettre aux Romains où il affirme : « Nous concluons que l’homme est justifié par la foi, sans œuvre de loi » (Romain, 3, 28). Dans l’Épître aux Galates, l’apôtre écrit également : « ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus Christ » (Galates 2, 16). Les œuvres ne sont pas écartées pour autant, car, comme l’affirme l’apôtre Jacques, « comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les œuvres et morte » (Jacques 2, 26). Mais pour les protestants, la foi produit elle-même les bonnes œuvres. La sola fide va de pair avec la sola gratia, qui affirme que le croyant est sauvé par la grâce de Dieu. Ce point exclut alors tout mérite personnel dans le salut, puisqu’il s’agit d’une « faveur imméritée ».

Les réformateurs s’inspirent alors d’Augustin d’Hippone, docteur de l’Église qui affirme que le salut ne peut venir que d’une libre décision de Dieu, omniscient et omnipotent, ce qui annihile tout libre-arbitre de l’Homme. Mais avant lui, ce principe est également affirmé par l’Apôtre Paul, dans plusieurs de ses lettres. Il déclare ainsi dans sa lettre aux Éphésiens : « car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Éphésien 2, 8). Ainsi, les protestants comprennent des Écritures que par la grâce de Dieu, l’Homme, pourtant pêcheur et condamné, reçoit de Dieu la foi qui le sauve. Ces trois premiers piliers sont par la suite, au milieu du XXe siècle, complétés par deux autres.

Deux autres solae

Le solus Christus affirme que Jésus-Christ est le seul médiateur entre l’Homme et le Père. Les protestants se fondent sur certains propos du Messie, notamment quand il affirme : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14, 6). Tous les autres intermédiaires utilisés par l’Église catholique sont alors supprimés. Bien que Luther et les luthériens continuent d’honorer la mémoire de la Vierge et de certains saints qu’ils perçoivent comme exemplaires, ils ne les prient pas. De même, le solus Christus exclut la nécessité des prêtres dans la présidence des sacrements. Luther perçoit de manière très négative l’administration du sacerdoce par le clergé. Il tient alors des propos très durs sur la question, en écrivant : « Ayant réduit l’Église en captivité, la tyrannie romaine s’est attaquée à son âme en lui enlevant le sacrement, alors que le sacrement n’appartient pas aux prêtres mais à tous. » Le solus Christus fonde alors un autre principe reconnu de tous les protestants, le « sacerdoce universel », qui affirme que tout baptisé est « prophète, prêtre et roi » de l’Église du Christ, selon une formule du réformateur allemand.

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Pour finir, le soli Deo gloria, complète le solus Christus. D’après celui-ci, le Dieu trinitaire est le seul digne d’une vénération ou d’un culte. Ce dernier étant le seul qui puisse sauver et sa décision étant souveraine, il est alors le seul qui mérite la gloire. Les protestants s’appuient alors sur le début du décalogue, qui affirme : « Tu n’auras pas d’autres dieux face à moi. […] Tu ne te prosterneras pas devant d’autres dieux que moi, et tu ne les serviras point » (Exode 20, 3-5). Les cultes de la Vierge et des saints sont alors perçus par les protestants comme de l’idolâtrie. Lors du concile de Trente, l’Église catholique répondra en distinguant le culte de dulie, rendu aux saints, et la latrie, culte et adoration rendue à Dieu seul.

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