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Qui était le père Lachaise et pourquoi a-t-il donné son nom au célèbre cimetière ?

© Wikipedia

Père La Chaise

Morgane Macé - Publié le 26/10/17

Le cimetière du Père-Lachaise à Paris est le plus visité au monde. Classé monument historique en 1993, il attire plus de 3,5 millions de visiteurs par an. Coup d’œil sur son histoire et l’origine de son nom.

On peut se promener au détour de ses allées arborées et découvrir les tombes d’Alfred de Musset, Eugène Delacroix, Marcel Proust ou encore d’Edith Piaf… Pourquoi ce beau et romantique cimetière porte-t-il le nom du père Lachaise ? Et qui était ce Père Lachaise ?

Qui était François d’Aix de La Chaise ?

Né en 1624 à château d’Aix, près de Saint-Martin-la-Sauveté et mort en 1709 à Paris, il était comme prédestiné à devenir le confesseur du roi louis XIV, puisque son grand oncle fut avant lui le confesseur d’Henri IV. Numismate reconnu (spécialiste des monnaie antiques), il rejoignit la maison des jésuites dans le quartier du Marais à Paris, après avoir enseigné au collège de la Trinité de Lyon.

C’est en 1675 qu’il devint confesseur et conseiller particulier du roi Louis XIV, auprès duquel il exerça une influence modératrice dans sa lutte contre le jansénisme. Ne résidant pas au palais de Versailles, mais à la maison professe conformément à la règle des jésuites, il s’y rendait régulièrement en carrosse. En 1709, peu avant sa mort, le roi lui donna la permission de se retirer, et c’est le père Le Tellier qui lui succéda.

©Morgane Macé
Histoire du père La Chaize, jésuite et confesseur du roi Louis XIV, Bruxelles : H. Kistemaeckers, 1884

Une histoire jésuite

Le cimetière du Père-Lachaise se trouve sur l’ancien domaine de Montlouis, qui était initialement une belle propriété champêtre dominant la capitale, située sur le territoire de la commune de Charonne, près de la barrière d’Aulnay. De 1626 à 1762, les jésuites de la rue Saint-Antoine en étaient les propriétaires et c’est en 1676 que le père jésuite François d’Aix de la Chaise y fit édifier une demeure de campagne, dite « château » :

« Le Montlouis était peu propice à l’aménagement d’un cimetière lequel exige en principe un sol plat et régulier pour les besoins d’une inhumation, il était idéal en revanche pour la réalisation d’un parc à l’anglaise, son escarpement favorisant la sinuosité des allées et le jeu des escaliers. Les jésuites avaient aménagé la partie la plus commode du domaine en verger et en potager, et la plus tourmentée en parc boisé, comprenant des bosquets. »1

Le domaine fut autrefois appelé Montlouis, car le jeune roi Louis XIV y était venu quelques heures pour assister, depuis la colline, aux combats menés durant la Fronde. Cette dénomination disparut par la suite, il fut alors renommé « cimetière de l’Est » par l’administration, et enfin rebaptisé par les parisiens « cimetière du père Lachaise », en mémoire de François d’Aix de La Chaise.

La métamorphose d’un jardin en cimetière

Le cimetière du Père-Lachaise est né au XVIIIe siècle d’une réflexion sur la forme que devrait avoir le cimetière idéal. De multiples projets architecturaux ont inspiré ses deux créateurs, l’architecte Alexandre Théodore Brongniart et l’archéologue Antoine-Chrysostome Quatremère de Quincy, chargés de la transformation de ce jardin de 17 hectares en cimetière.

Acquis au nom de la ville de Paris par le premier préfet du département de la Seine, Nicolas Frochot, pour la somme de 160 000 francs, celui-ci recherchait un emplacement pour aménager un asile funéraire dédié aux habitants de la capitale : « Mr Brongniart reconnut, dans le parc autrefois occupé par le père Lachaise, un lieu superbe où bientôt s’élèverait une cité des morts célèbre dans l’Europe entière ».2

Sur le modèle des « fabriques », petits monuments disséminés dans les parcs à l’anglaise, Alexandre-Théodore Brongniart avait prévu la construction de huit monuments dont deux mausolées circulaires surmontés d’une colonne ainsi qu’une pyramide funéraire pouvant accueillir toutes les cérémonies sans considération de culte.

 Notes bibliographiques :

1. François Marie Marchand de Beaumont, Manuel et itinéraire du curieux dans le cimetière du Père La Chaise, Paris, Emler Frères, 1828.

2. Christian Charlet, Le père Lachaise, Au coeur du Paris des vivants et des morts, Paris, Gallimard, 2003.

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