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Stéphane-Marie Morgain : « Martin Luther souhaitait poser des questions ouvertes au débat »

MARTIN LUTHER
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A l'occasion des 500 ans de la Réforme, l'Institut catholique de Toulouse a consacré un important colloque à Martin Luther.

Trois jours de réflexion et 21 débats. C’était le menu du très dense colloque« En 500 après Martin Luther : réception et conflits d’interprétation (1517-2017) » organisé à l’Institut catholique de Toulouse (ICT) ces trois derniers jours. Les participants ont abordé de thèmes allant des « Controverses entre les théologiens luthériens après la mort de Luther » aux « Implications personnelles des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI dans le dialogue avec les luthériens ». Tous ces ateliers avaient pour objectif de faire à la fois comprendre les divergences entre protestants et catholiques mais aussi évoquer les rapprochements possibles.

Docteur en théologie, spécialiste de l’histoire des religions et professeur à l’ICT, membre de l’unité de recherche « Culture, Éthique, Religion et Société » (CERES) et organisateur du colloque, Stéphane-Marie Morgain revient pour Aleteia sur la figure de Martin Luther et l’œcuménisme.

Aleteia : Où en est l’œcuménisme entre catholiques et luthériens aujourd’hui ?

Stéphane-Marie Morgain : Dès l’époque de Martin Luther, il y avait des colloques entre théologiens protestants et théologiens catholiques. Il y a toujours eu des échanges, avec des périodes de discussions plus ou moins fastes dans l’Histoire. Le dialogue œcuménique est vraiment né au XVIIe. Et depuis une centaine d’années il amorce un vrai nouveau départ, encouragé par le concile de Vatican II. Il y a eu depuis des avancées très notables dans la précision des termes, dans des points de réconciliation. Ce jeudi après-midi (19 octobre), le professeur André Birmelé parle de la méthodologie mise en œuvre dans le dialogue international catholique/luthérien. Et il expliquera comment en 1999 un texte commun a été signé par des catholiques et des protestants autour d’un élément majeur de la réforme protestante, qui est la question de la justification. C’est une date importante dans le dialogue œcuménique, puisque nous avons réussi à nous mettre d’accord sur un élément fondateur de la réforme de Martin Luther (ce dernier, estimait à partir de l’épître aux Romains de Paul, que les pêcheurs étaient sauvés par la foi et non pas par leurs oeuvres – ndlr). Il s’agit d’un bel aboutissement du dialogue œcuménique, puisqu’il n’y a plus de conflit sur cette question. Nous sommes maintenant d’accord sur ce point.

Vous avez invité le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Quel rôle tient-il dans l’œcuménisme aujourd’hui ?

Après le concile de Vatican II, le Saint-Siège a fondé un dicastère, c’est-à-dire une sorte de ministère, chargé de travailler avec ce dialogue œcuménique. Celui-ci ne concerne pas seulement les protestants, mais aussi les orthodoxes et toutes les églises chrétiennes qui n’appartiennent pas à l’Église catholique. Le cardinal Koch doit concrétiser ce dialogue œcuménique. Il doit susciter des rencontres, les valider, se déplacer pour rencontrer des gens, etc. Il fait tout cela sous l’impulsion que le pape donne au mouvement œcuménique, qui a été très fortement relancé sous les pontificats de Jean Paul II et Benoît XVI. Pour le pontificat du pape François, c’est difficile d’en faire un bilan puisqu’il est encore en exercice. Mais ces deux prédécesseurs ont réalisé de très grandes avancées dans le dialogue œcuménique.

Martin Luther affiche ses 95 thèses le 31 octobre 1517, veille de la Toussaint. C’est le vrai début de la séparation entre Protestants et Catholiques ?

La date de 1517 est une date un peu symbolique dans la mesure où les historiens la retiennent comme le début de la réforme protestante. Mais les 95 thèses ne marquent pas le début d’une séparation avec l’Église catholique voulue par Martin Luther. C’était une coutume répandue dans le milieu universitaire de poser des thèses en vue d’un dialogue. Certaines des 95 thèses ont nécessité un examen très approfondi dans les milieux catholiques. C’est à la suite de nombreux événements que finalement, en 1520, Martin Luther s’est séparé de l’Église catholique. Au départ, il souhaitait poser des questions ouvertes au débat. Il était professeur de théologie de l’université de Wittenberg. C’est à ce titre qu’il a voulu ouvrir le débat sur certaines questions, dont celle des indulgences, qui est un peu complexe. Mais elle n’est pas vraiment fondatrice du mouvement réformateur.

Les 95 thèses ont quand même pour titre original, « La dispute sur la puissance des indulgences » ?

C’est l’une des thèses parmi les 95. Martin Luther ne remet cependant pas en cause la théologie des indulgences, mais leur trafic. Il s’insurge contre le fait qu‘Albert de Brandebourg, archevêque de Mayence, vendait des indulgences afin de rembourser une dette qu’il avait contracté auprès d’un banquier flamand pour acquérir des biens. Pour Martin Luther, nous ne pouvons pas acheter notre salut avec de l’argent.

Et quel impact ont eu ces thèses sur l’Église à l’époque ?

Au fur et à mesure que Luther a dû expliquer ses thèses qui portent sur la justification par la foi, la prédestination, le purgatoire, ou encore la doctrine de l’eucharistie, il a pris des positions qui n’étaient pas celle de l’Église catholique. Avec le temps, il a précisé sa pensée et publié. Nous sommes arrivés à terme à une sorte d’impasse. L’Église catholique a redéfini ses propres positions, mais des divergences ont persisté. C’est comme cela que la séparation s’est faite. Cela s’est fait sur plusieurs années. Des éléments politiques se sont mêlés. L’enjeu de notre colloque est de montrer comment ont été reçues les thèses de Martin Luther, comment elles ont été interprétées à l’intérieur du luthéranisme et enfin comment elles ont été réfutées par l’Église catholique.

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