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Comment apprendre aux garçons à respecter les filles (et vice versa) ?

MUM WITH HER SON
© Shutterstock
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Derrière la notion de respect, se cache celle de la différence. Apprendre à respecter l’autre, c’est avant tout le comprendre. Une notion essentielle à transmettre aux enfants dès le plus jeune âge.

Élever son enfant, au sens de le hisser vers le haut, repose sur certaines valeurs. À commencer par la notion de respect en général, de l’autre en particulier. Au sein d’une fratrie ou dans une cour de récréation, l’enfant est pourtant confronté dès son plus jeune âge à des blessures ou des attaques irrespectueuses : « Tu n’est pas assez forte pour grimper aux arbres, t’es qu’une fille ! », « Arrête de pleurer comme une fille ». Ces phrases toutes faites sont ordinaires à l’oreille de certains. Mais alors comment apprend-on à un enfant à considérer l’autre avec bienveillance ? Comment aller au-delà des notions de genre ? Comment appréhender la différence avec un enfant ? Édith Berlizot, éducatrice à la vie et conseillère conjugale et familiale du CLER Amour et famille, nous livre ses pistes pour apprendre aux enfants le respect du sexe opposé.

Accepter les différences en général et éviter les comparaisons

« Apprendre à respecter le sexe opposé, c’est d’abord intégrer et accepter les différences », explique Édith Berlizot. « En famille, papa n’est pas comme maman, ma grande sœur n’est pas moi. Il est important de voir nos différences comme des complémentarités et de proscrire absolument les comparaisons. 
Si les parents comparent les enfants entre eux, ça leur coupe les ailes. »

Chacun a ses particularités, ses qualités et ses limites. Selon l’âge de chacun, soulignez la valeur même de la personne pour le valoriser.

Expliquer aux enfants le corps et ses différences

« Comme il est question de différence de sexes, parlons-en avec de vrais mots, sans crainte et sans peur ! », propose Édith Berlizot. « On peut entendre les garçons dire aux filles, dans les toilettes des écoles maternelles : « Toi, t’as pas de zizi » sous-entendu : « Tu es moins que moi car tu as moins que moi ». »

L’incompréhension, l’irrespect, l’impression de supériorité sont alors fondés sur une méconnaissance du corps de l’autre sexe. « Il est important de dire aux petites filles et aux petits garçons que les organes génitaux (on peut utiliser les double langage familier et scientifique « zizi/organes génitaux ») des filles sont bien présents, à l’intérieur de leur corps », souligne l’éducatrice.

On peut valoriser les enfants dans cette particularité sexuée. « Les garçons  ont tout en place et c’est visible », décrypte Édith Berlizot. « Leur corps se prépare pour pouvoir, un jour, peut-être, donner la vie. Les filles ont tout en place mais bien caché, avec un aspect mystérieux. Leur corps se prépare pour pouvoir, un jour, peut-être, recevoir la vie, la protéger et la faire grandir. Il est essentiel de rappeler aux enfants que le corps est ainsi fait pour donner la vie. »

Cet apprentissage de l’autre peut commencer dès le plus jeune âge avec des mots simples. Plus l’enfant maîtrise tôt les différences entre l’anatomie des filles et des garçons, plus cela lui semble naturel, moins il en a peur. « Ce n’est pas à 14 ans qu’on apprend à un garçon comment est fait le corps d’une fille… », rappelle Édith Berlizot.

Éviter d’accentuer les différences

« Dès le plus jeune âge, pensez à proposer aux enfants toutes sortes de jeux, propose l’éducatrice. Les filles peuvent jouer aux poupées, mais aussi faire de magnifiques constructions en Lego, sans forcément qu’elles soient roses et en forme de château de Cendrillon… Et pourquoi pas laisser une poupée ou une poussette à disposition des garçons et jouer avec lui à la dinette ? »

Les mots ont aussi toute leur importance. « Des phrases comme « Tu pleures comme une fille » ou « On ne tape pas les filles » (parce qu’on peut taper les garçons ?) sont à éviter », préconise Édith Berlizot.

Et que dire du regard que les parents portent sur leurs enfants ? Une expérience testée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik montre qu’un bébé fille qui pleure amène à une réaction : « oh, elle est triste ». Alors qu’un bébé garçon qui pleure provoque : « oh, il est en colère ». Les adultes doivent eux-mêmes prendre conscience de leur regard sur les différents sexes.

Leur donner les bonnes armes pour faire face

L’éducatrice et conseillère conjugale et familiale est réaliste : « Malgré toute la bonne volonté du monde, les moqueries, les blagues douteuses, les gestes et mots déplacés sont et seront malheureusement toujours présents, même si la loi essaye de modifier cela. Il faut donc aider les enfants, filles et garçons – car c’est la différence en général qui gêne, pas uniquement la différence de sexe – à gérer des situations d’irrespect. Les aider à développer une juste estime d’eux même, à avoir une assurance suffisante pour se défendre. »

Mais comment les aider de façon concrète à faire face aux situations d’irrespect ? « On peut leur proposer de jouer des saynètes sur ce sujet afin des les aider à trouver le comportement le mieux adapté », propose Édith Berlizot.

Par exemple, à l’école deux ou trois garçons essayent de soulever la jupe d’une fille. On peut amener les enfants à se questionner sur ce cas en leur demandant : Que peut ressentir la fille ? Que peut-elle dire et faire ? Qu’est ce qui peut motiver les garçons à faire ça ? Que faire si on est témoin de cette situation ? En posant des questions précises aux enfants, ils puisent dans leurs ressources pour trouver des éléments de réponse. Ils se mettent aussi à la place des différents personnages et peuvent ainsi réaliser l’impact de certains gestes.

Ils peuvent ainsi se rendre compte du rôle des trois acteurs dans ces situations : l’agresseur, la victime et les témoins. « La notion de « témoins-spectateurs » est très importante », souligne l’éducatrice. « Ils peuvent avoir un fonction majeure pour stopper des situations, il faut que le groupe en prenne conscience. »

Montrer l’exemple à ses enfants

On l’oublie souvent, parce que cela paraît évident, mais le rôle des parents par l’exemple qu’ils donnent est primordial dans l’apprentissage de l’enfant. « Si un papa est au volant de sa voiture et insulte la jeune femme en face en la traitant d’« imbécile », les enfants s’imprègnent de cette attitude irrespectueuse, ils la banalisent », assure Édith Berlizot.

« Un papa aura aussi plus de résonance dans ses mots en s’adressant à son fils ou une maman à sa fille », souligne la conseillère. « Le fait qu’il ou elle évoque le sexe opposé, souligne ses qualités, lui explique comment il fonctionne, est fort en signification pour l’enfant. »

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