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Le miracle du rosaire qui sauva l’Autriche des soviétiques

ROSARY

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Isabelle Cousturié - Publié le 17/10/17

En ce mois d’octobre consacré à Marie reine du rosaire, voyons comment « l’arme des combats de Dieu » a évité à la ville de Vienne de finir sous le rideau de fer comme Berlin.

Depuis saint Dominique (1213), qui la reçut des mains de la Vierge Marie, l’Église n’a cessé d’avoir recours à la prière du rosaire face aux situations les plus difficiles, notamment les conflits. Que de victoires attribuées à son intercession : à Lépante, en 1571 et devant Belgrade en 1717, contre l’invasion turque, et plus proche de nous, pendant la Première Guerre mondiale, reconnue comme une victoire de Notre-Dame qui bloqua l’armée allemande à 50 kilomètres de Paris. Mais connaît-on celle qui délivra l’Autriche de la menace communiste, en 1947 ? La présence d’une statue de la Vierge de Fatima, à l’intérieur de l’Église franciscaine de Vienne, accompagnée de l’inscription « Symbole de la liberté de notre patrie » à ses pieds, est là pour ne pas l’oublier.

Tout a commencé au sanctuaire de Mariazell

Nous sommes en 1946. C’est le début de la « guerre froide ». Vienne est découpée de la même façon que Berlin, et le risque de la voir tomber sous le rideau de fer se fait de plus en plus tangible. Mais c’était sans compter sur la détermination d’un prêtre capucin, Petrus Pavlicek, infirmier militaire sur le front de l’ouest, qui avait survécu au cauchemar de la guerre. Le 2 février de cette année-là, celui-ci sent le besoin irresistible de demander conseil à la Vierge au sanctuaire national de Mariazell. Alors qu’il prie intensément, une voix intérieure lui dit : « Faites tout ce que je vous dirai et vous aurez la paix ». Cette même phrase prononcée par Notre-Dame de Fatima aux petits bergers, lors de sa troisième apparition, le 13 juillet 1917, résonne en lui comme un électrochoc : Marie lui demande de faire prier sans relâche le chapelet pour sortir l’Autriche du joug communiste.




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Une croisade spirituelle 24 heures sur 24

Pour Petrus Pavlicek le message est clair : il lui faut créer au plus vite un mouvement de prière qui puisse honorer la Mère de Dieu 24 heures sur 24 sur tout le territoire autrichien. Car comme a dit sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, « tant que le rosaire sera récité, Dieu ne pourra les abandonner », il leur permettra de « tout obtenir ». Il décide alors d’organiser une croisade de prière et de pénitence, portée par l’esprit de Fatima et les paroles de « la plus grande sainte des temps modernes ». Au début formé de quelques groupes locaux, le mouvement se met à grossir rapidement et prend le nom officiel de « croisade réparatrice du saint rosaire » (Rosenkranz-Sühnenkreuzzug) pour la conversion des pécheurs et la paix dans le monde, pour ne pas éveiller la méfiance soviétique. Bien entendu, tous ses membres savaient que cela sous-entendait « priez pour délivrer l’Autriche du joug communiste ».

Après avoir conquis le cœur des provinces, la croisade arrive à Vienne, et en 1948, Petrus Pavlicek, déjà fort d’un mouvement de 10 000 fidèles, ne cesse de multiplier les gestes de dévotion – messes, confessions bénédictions des malades et récitation du chapelet — jusqu’à organiser des cérémonies de cinq jours non stop. « La paix est un don de Dieu, expliquait-il, pas l’œuvre des politiciens. Et les dons de Dieu s’obtiennent par la prière ». La croisade s’étend au-delà des frontières, en Allemagne et en Suisse, et en 1950 ils dépassent les 500 000 ouailles. Y ont fait leur entrée : Léopold Figl, le ministre des Affaires étrangères, et Julius Raab, le chancelier fédéral, lesquels n’ont pas hésité, en 1953, à prendre la tête de la procession du rosaire aux flambeaux, que le père capucin organisait à Vienne chaque année en la fête du saint nom de Marie. En 1951, le cardinal archevêque de Vienne participe à la procession, et les célébrations mensuelles sont retransmises à la radio.

Le miracle

Mais la situation semble bloquée. Les soviétiques s’accrochent à l’Autriche. « Comme si Dieu voulait mettre à l’épreuve la confiance des catholiques » — commentent certains (Luce di Maria) — « Plus ils priaient, plus Staline s’obstinait ! ». Mais Petrus Pavlicek, plus obstiné qu’eux, ne cède pas et pendant neuf longues années, entretient la flamme du mouvement, faisant prier jusqu’à 700 000 personnes sans interruption dans tout le pays. Et puis un beau jour, l’impossible arrive : les soviétiques, après deux jours d’échanges avec le chancelier fédéral, à Moscou, annoncent le retrait de leurs troupes, sans aucune motivation apparente. Julius Raab, avant de partir, demande au père Pavlicek : « S’il vous plaît, demandez aux fidèles de prier avec plus de zèle ». Et ainsi, le 15 mai 1955, le Traité est signé et l’Autriche retrouve son indépendance. Au bas du document, la signature du ministre des Affaires étrangères et sa reconnaissance : « Avec gratitude envers le Tout-Puissant, nous apposons notre signature et avec joie proclamons : l’Autriche est libre ! ».

Pour commémorer cette nouvelle victoire de Notre-Dame, le père capucin organise aussitôt à Vienne une procession aux flambeaux, en présence de la statue de Fatima. Un million de personnes participent à la grande fête d’action de grâce. Dans son discours, le chancelier remercie le mouvement du père Pavlicek, et proclame : « Nous tous qui sommes rassemblés ici et nous reconnaissons humblement mais avec fierté des catholiques croyants, nous avons conscience de la force de la prière. D’un coeur plein de foi nous voulons adresser au Ciel une joyeuse prière : nous sommes libres grâce à Toi, merci Marie ».




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