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Étienne Shinjiro Yamamoto, l’homme qui a fait le lien entre le Japon et le Vatican

Yamamoto Shinjirou
Public Domain
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Le Vatican et le Japon ont fêté ensemble 75 ans de relations diplomatiques. L’aboutissement d’une vie pour l’amiral Yamamoto.

En 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale, l’Empire du Japon et le Saint-Siège établissent des relations diplomatiques bilatérales. Une décision stratégique certes, mais aussi le fruit du travail patient d’un homme d’exception, l’amiral Étienne Shinjiro Yamamoto, catholique et proche conseiller de l’Empereur.

Depuis le début, les relations entre l’Église et le Japon ont connu une histoire tumultueuse. D’abord accueillis au XVIe siècle, les missionnaires sont rapidement chassés et les chrétiens persécutés. Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que les missionnaires peuvent remettre le pied dans le pays. Et finalement, en 1942, le Japon devient le premier État asiatique à établir une relation bilatérale directe avec le Saint-Siège.

Cet événement est dû en grande partie à un homme, l’amiral Étienne Yamamoto Shinjiro. Né en 1877, ce noble japonais reçoit le baptême en 1893. Bien que catholique, c’est un homme très important de la cour impériale : il est notamment un des éducateurs de l’empereur Hirohito, au pouvoir de 1926 à 1989. Il est aussi, mais cela est encore peu connu, un des proches du cardinal Pacelli – futur Pie XII — pendant la Première Guerre mondiale.

En 1919, il vient en Europe pour les négociations du traité de Versailles. Il en profite pour confier aux autorités du Saint-Siège la compatibilité de la foi catholique avec le culte shinto, c’est-à-dire le culte désormais laïc des Japonais pour leur empereur. En décembre de la même année, le pape Benoît XV nomme son premier délégué apostolique (représentant qui n’a pas le rang d’ambassadeur) dans l’archipel.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’empereur du Japon, pourtant allié à l’Allemagne, cherche à nouer des relations avec des États occidentaux. Et son vieux professeur Étienne Yamamoto Shinjiro lui souffle alors de se tourner vers le Vatican. Malgré le désaccord véhément des États-Unis et du Royaume-Uni, le Saint-Siège accepte en 1942 l’établissement de cette relation diplomatique bilatérale. Et une fois cette relation nouée, Étienne Yamamoto Shinjiro décède, à l’âge de 65 ans. Mission accomplie.