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13 infos que vous ignorez sûrement sur le Mont-Saint-Michel

Mont Saint Michel
© Shutterstock
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Voilà tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Mont-Saint-Michel sans jamais oser le demander… Et d'autres infos plus surprenantes !

Le Mont-Saint-Michel n’en finit pas d’attirer des visiteurs du monde entier, le temps d’un pèlerinage ou d’une balade plus touristique. Mais connaissez-vous ses secrets, de sa construction aux trésors qu’il renferme, en passant par sa géographie exacte ?

1. Qui a décidé de construire une église à cet endroit ?

Selon la Revelatio ecclesiae sancti michaelis, le plus ancien texte retraçant les origines du Mont-Saint-Michel, la première fondation de l’abbaye remonteraient à l’an 708. Aubert, évêque d’Avranches, fit construire un premier sanctuaire dédié à l’archange. La légende raconte que Saint Michel  lui serait apparu trois fois en songe pour lui demander d’édifier au sommet du « Mont Tombe », une église en son honneur. A la troisième tentative, l’archange va jusqu’à percer le crâne d’Aubert avec son doigt pour que celui-ci s’exécute enfin ! Lorsque le sanctuaire est terminé, Aubert envoya des messagers au Monte Gargano en Italie, afin de ramener sur le Mont-Tombe des reliques de l’archange. Le sanctuaire, une fois terminé, peut enfin être dédié à saint Michel le 16 octobre 709. Desservi par douze prêtres, il attire très vite de nombreux pèlerins.

2. Pourquoi choisir un lieu aussi bizarre ?

Le culte de saint Michel remonte au Vème siècle en Occident. De nombreux autels et églises lui furent dédiés au travers de toute l’Europe jusqu’en Irlande et en Russie. Ces lieux de culte se trouvent pour la plupart sur des sites élevés exceptionnels, propres à frapper l’imagination des hommes. On a ainsi très souvent parlé du « culte aérien » de l’Archange. Ainsi le mont Gargano en Italie fut l’un des premiers lieux dédié à l’archange. Les moines irlandais ont eux aussi édifié un sanctuaire au sommet d’une île escarpée ; Skellig Michael. En Angleterre, Saint Mickael’s Mount en Cornouailles se dresse sur un rocher uniquement accessible à marée basse. Cette réplique du Mont était d’ailleurs un prieuré rattaché à l’abbaye normande.

3. Y a t-il d’autres « Mont-Saint-Michel » en France ?

En France aussi, des églises dédiée à Saint Michel ont été édifiées sur des rochers escarpés ; le Rocher Saint-Michel d’Aiguilhe, spectaculairement construit au sommet d’un pic d’origine volcanique, dominant un faubourg du Puy-en-Velay est le plus impressionnant et le plus connu, sans doute à cause du chemin de Compostelle qui passe à proximité. L’abbaye Saint-Michel de Cuxà est située au pied du mont Canigou dans les Pyrénées. A Denesteville, en Seine maritime, la chapelle Saint-Michel est située au sommet d’une colline, dite « Mont-Saint-Michel ». Toujours en Seine maritime à Rouen, on trouve le Prieuré Saint-Michel-du-Mont-Gargan à la sortie de la ville sur la Cote Sainte Catherine. Le prieuré Saint-Michel-des-Anges, à Saint Angel en Corrèze ou encore l’abbaye Saint-Mihiel en Lorraine en sont encore d’autre exemples.

4. Où se trouvent les plus anciennes constructions du Mont-Saint-Michel ?

Notre-Dame sous Terre est une petite chapelle carolingienne du IXe siècle, de modeste dimensions, 18 mètres de long sur 8 mètres de large environ, restée longtemps enfouie sous la nef principale de l’abbaye romane. C’est la première trace de Chrétienté sur le Mont. Construite pour remplacer l’oratoire d’Aubert du début du VIIIe siècle, elle en conserva l’emplacement et la structure à deux nefs parallèles. Le mur cyclopéen situé derrière l’autel droit, laisse voir la plus ancienne élévation de murs connue sur le Mont : c’est la grotte construite par Aubert. Lors de la construction de l’église romane, à partir de 1023, cette chapelle fut allongée à l’ouest et renforcée pour soutenir les dernières travées de la nef et la façade, puis peu à peu engloutie dans les entrailles du monastère. Ce n’est que depuis la restauration de 1960 qu’elle a retrouvé son aspect originel. Les bâtisseurs se sont servis de cette chapelle comme point de départ pour les constructions suivantes.

5. Avec quelles pierres a été construit le Mont-Saint-Michel ?

L’île sur laquelle est construite l’abbaye étant bien trop petite pour permettre d’extraire des pierres, il a fallut les faire venir de l’extérieur. On a réservé la pierre calcaire de Caen au décor intérieur à cause de sa tendreté qui permettait de la sculpter de manière très fine. Mais le granit venait principalement des îles Chausey, situées en face de Granville d’où il était acheminé par mer sur des barges et tracté à marée haute par un treuil. Les pierres de Chausey sont en réalité du granodiorite bris bleuté à mica blanc et noir, dont on a fait les manoirs du Cotentin, les trottoirs de Londres ou la reconstruction de Saint-Malo.

6. Qu’appelle-t-on la Merveille ?

Toute la partie centrale, située sous l’église abbatiale et l’église elle-même sauf le chœur, date de l’époque romane. C’est la partie ancienne de l’abbaye. Les constructions au nord qui constituent « la Merveille » illustrent l’esprit de l’art gothique qui souffle à travers toute l’Europe occidentale à cette époque. Son architecture audacieuse comporte 3 niveaux superposés qui culminent à 35 m de hauteur, épaulée par seize puissants contreforts ! Au rez-de-chaussée, on trouve le cellier pour le stockage des denrées et l’aumônerie, lieu d’accueil des pèlerins ; au deuxième étage, la salle des hôtes et ses imposantes cheminées, réservée aux invités de marque, ainsi que la salle dite « des chevaliers », ancien scriptorium. Quant au dernier niveau, il comprend le cloître et le réfectoire des moines.

7. Pourquoi les constructions  sont superposées les unes sur les autres ?

Depuis les origines, une série de catastrophes émaille la vie de l’abbaye du Mont-Saint-Michel : un incendie se déclare en 922, et les parties hautes de la nef de l’église abbatiale s’écroulent en 1103. Le monastère est ravagé en 1204 par le feu: sa reconstruction donnera naissance à « la Merveille ». Depuis 966, à la demande du duc de Normandie, une communauté de bénédictins s’est installée sur le rocher. Pendant huit siècles, ils ne vont pas cesser de construire et d’agrandir leur monastère. Mais l’exiguïté des lieux les obligent à superposer les constructions. L’église abbatiale prend appui sur une plate-forme artificielle de 80 mètres de longueur. Si la croisée du transept est établie sur la pointe du rocher, les bras du transept ainsi que le chœur sont soutenus par des cryptes tandis que la nef se déploie au-dessus de l’ancienne église Notre Dame sous terre. Quant au cloître, il n’est pas situé au centre du monastère par manque de place. Son rôle est purement spirituel : il doit amener le moine à la méditation. Et comment pourrait-il en être autrement lorsqu’on se poste devant les trois arches ouvertes sur la mer et le vide ! Ces ouvertures devaient constituer à l’origine l’entrée de la salle capitulaire qui ne fut jamais construite.

© Thierry Houyel

8. Où sont passé les manuscrits du Mont-Saint-Michel?

Pendant longtemps, le scriptorium du Mont-Saint-Michel fut considéré comme lieu de création de manuscrits et atelier d’enluminure. Le scriptorium montois produira 70 manuscrits en tout, surtout à l’époque romane. C’était l’un des ateliers monastiques les plus productifs d’Europe. Elle s’enrichit d’incunables, de livres imprimés, et devient l’une des plus belles bibliothèques ecclésiastiques de l’Occident médiéval. Lors de la Révolution française, la bibliothèque a été transférée à Avranches. Depuis 2006, un musée, le Scriptorial présente les manuscrits et leur contexte. Mais surtout, depuis le printemps dernier, grâce à l’université de Caen qui a numérisé près de 200 manuscrits, on peut feuilleter ces précieux documents sur Internet !

9. Quels sont les différents noms du Mont-Saint-Michel ?

Longtemps, on l’appela le Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-mer, étonnant puisqu’au contraire, la mer a longtemps protégé les lieux des envahisseurs encore plus sûrement que les remparts du XVème construits pour protéger les richesses de l’abbaye et du village qui s’est développé à ses pieds. Autrefois, ce dernier était très peuplé… Aujourd’hui, il ne compte que 44 habitants permanents pour 2 millions et demi de visiteurs annuels ! Lors de la Révolution, il fut rebaptisé le « mont libre »… drôle d’idée, puisqu’il fut transformé en prison jusqu’en 1863 et qu’on l’appelait aussi la « Bastille des mers ». Y furent enfermés au départ des prêtres réfractaires puis des prisonniers de droit commun et quelques politiques comme Auguste Blanqui ou Armand Barbès.

10. Depuis quand les moines sont-ils revenus sur le Mont-Saint-Michel ?

En 1966, quelques Bénédictins sont revenus s’installer dans l’abbaye pour y assurer une présence chrétienne et une vie de prière. Puis en 2000, les Fraternités de Jérusalem venues de l’église Saint Gervais à Paris les ont remplacés. Ainsi, chaque jour, la communauté se retrouve pour les offices dans l’abbatiale, rendant ainsi à l’édifice sa destination originelle. Ils sont les locataires du Centre des monuments nationaux et n’interviennent pas dans la gestion de l’abbaye. La restauration d’une maison du Mont, le « Logis Saint-Abraham », par la communauté permet depuis octobre 2012 d’héberger des pèlerins retraitants.

11. Le Mont-Saint-Michel était-il Breton ou Normand ?

Administrativement, le Mont-Saint-Michel est en Normandie, mais historiquement il fut tantôt breton, tantôt normand, au gré des guerres, des arrangements politiques et des divagations du Couesnon qui marquait la frontière entre la Bretagne et le Normandie. En 867, le roi de France Charles le Simple cède le Cotentin et l’Avranchin à la Bretagne. Le Mont appartient en principe aux Bretons mais d’un point de vue religieux, il fait partie du diocèse d’Avranches qui reste dans l’archidiocèse de Rouen. Il redevient normand en 1009. En 1204, le duc de Bretagne l’assiège et l’incendie ! Voilà qui peut expliquer les éternelles disputes entre Bretons et Normands sur la possession du Mont-Saint-Michel ! Encore récemment la polémique a été relancée à cause de cartes parues dans un manuel scolaire ou dans des documents touristiques plaçant le Mont-Saint-Michel en Bretagne !

12. Et la baie du Mont Saint Michel, de quelle région dépend-elle ?

La Baie du Mont Saint-Michel occupe une dépression d’environ 500 km² entre Granville et Cancale, à cheval entre la Bretagne et la Normandie. Elle se caractérise par l’ampleur de ses marées, parmi les plus fortes au monde. La mer s’en va lors des plus grandes marées basses à 18km du Mont ! Elle offre alors un spectaculaire estran se découvrant sur 250 km² qui révèle des paysages extraordinaires et sert d’écrin au Mont-Saint-Michel.

13. Qui était la mère Poulard ?

La mère Poulard n’était ni normande ni bretonne mais bourguignonne ! Née à Nevers, Annette Boutiaut est venue au Mont-Saint-Michel en 1872 comme domestique de l’architecte Edouard Corroyer, élève de Viollet Leduc, chargé de la restauration du Mont. Elle y épouse Robert Poulard, fil du boulanger avec qui elle ouvre une auberge. Mais les rares touristes arrivaient au Mont-Saint-Michel au gré des marées, aussi pour les faire patienter jusqu’à l’heure du repas, elle prit l’habitude de leur servir une omelette baveuse et savoureuse qui fit sa réputation.

 

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