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Peine de mort : que dit l’Église ?

Matthias Clamer I Image Source
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À l’occasion de la journée mondiale contre la peine de mort, célébrée tous les 10 octobre depuis 2003, de nombreuses manifestations ont lieu partout en France pour sensibiliser le public à cette question. Un message partagé par l’Église catholique comme en témoignait récemment le pape François dans cette déclaration sans équivoque : « La peine de mort est inadmissible, quelle que soit la gravité du délit du condamné ».

Cette intransigeance à propos de la peine de mort, le souverain pontife n’hésita pas également à l’affirmer lors de son discours au Congrès américain le 24 septembre 2015. Il y évoquait son soutien à « une abolition totale de la peine de mort ». Une déclaration solennelle prononcée face aux représentants politiques d’un pays qui se refuse encore à toute idée d’abolition globale au niveau fédéral. Une détermination qui s’appuie sur le commandement divin : « Tu ne tueras point ! ». Il s’inscrit ainsi dans la continuité de Benoît XVI et de saint Jean Paul II, toujours très fermes sur cette question. Cette fermeté marque une rupture par rapport à leurs prédécesseurs sur ce sujet délicat touchant tant aux domaines du spirituel que du temporel.

En effet, si le commandement divin ne peut être transigé, l’Église a toujours reconnu le principe de légitime défense concernant les personnes mais également les sociétés. Ainsi, dans le cas d’une attaque injuste, la mort peut être exceptionnellement donnée pour préserver la vie ou le corps social. Au cours de son histoire, l’Église n’a donc pas renoncé à ce commandement mais elle a cherché à limiter le principe de légitime défense pour un État face à la violence criminelle ou militaire. La condamnation à mort est donc acceptée, sous certaines conditions, par les autorités ecclésiastiques de la fin du Bas Empire romain jusqu’au XXe siècle.

Avec l’évolution de l’institution pénale, la peine de mort  n’a, aujourd’hui, plus lieu d’être car les alternatives à la condamnation à mort sont multiples et permettent de préserver la vie tout en protégeant la société. Selon le catéchisme de l’Église catholique, la justice se doit de protéger les individus et le corps social d’un agresseur « mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine » (§ 2 267).

La peine de mort n’est donc pas formellement proscrite mais elle devient aujourd’hui inapplicable en raison du progrès de nos sociétés. C’est ce qu’affirmait saint Jean Paul II, le 12 décembre 1999, lors de son « appel à tous les responsables, afin que l’on parvienne à un consensus international pour l’abolition de la peine de mort ». Le pape François marche ainsi dans les pas de ses prédécesseurs.

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