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Normandie : sur les traces de Guillaume le Conquérant

G WAIT. / Office du tourisme de Bayeux
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De Bayeux à Bernay, en passant par Caen et Falaise, en route pour une épopée éclair sur les traces de l’un des personnages les plus célèbres de Normandie ! Voilà un bon prétexte pour réviser l’histoire et découvrir en même temps quelques spécialités locales dignes de la Reine Mathilde. A vos fourchettes!

Il y a des événements historiques plus enracinés que d’autres. La vie de Guillaume le Conquérant fait partie de ces épopées que l’on raconte d’une génération à l’autre. Amour, guerre, religion ont émaillé la Normandie à une époque où l’Angleterre faisait partie de ce grand duché. Sillonnant la Normandie d’est en ouest, Guillaume le Conquérant nous a laissé de beaux vestiges qu’il ne faut pas hésiter à découvrir le temps d’un week-end.

Bayeux : la célèbre tapisserie et sa cathédrale

Calvados tourisme

Que serait Guillaume sans la tapisserie de la Reine Mathilde ? Sans doute pas une star ! Car cette magnifique tapisserie médiévale, brodée à l’aiguille, a fait le tour du monde et a offert à la ville de Bayeux une certaine célébrité. Les touristes se pressent en masse au Musée de la Tapisserie de Bayeux pour voir cette pièce incroyable de 70 mètres de long et 50 centimètres de haut, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.

La seconde Guerre Mondiale a également mis Bayeux en lumière lors du discours de Charles de Gaulle le 14 juin 1944, quelques jours après le débarquement sur les plages de Normandie. Des années d’occupation, l’architecture de Bayeux n’a presque pas souffert. Elle reste une petite cité médiévale ramassée autour de sa cathédrale Notre Dame.

L’édifice, commencé à l’époque Romane, a été consacré par l’évêque Odon de Conteville en présence de son illustre demi-frère Guillaume le Conquérant et sa femme Mathilde. On raconte que c’est pour orner la nef que la tapisserie a été brodée. Aujourd’hui, on peut l’admirer dans la pénombre de l’ancien grand séminaire.

Aux pieds de la cathédrale, l’ancien palais de l’Évêque et les constructions affectées aux membres du clergé (bibliothèque du chapitre, salle capitulaire et maisons canoniales) formaient à la fin de l’ancien régime le plus bel ensemble épiscopal de Normandie. En remontant la rue de la maîtrise, on débouche sur la place de Bayeux, bordée de cent quarante tilleuls. C’est là où se situait jadis le château  médiéval.

Une balade jalonnant les élégants manoirs à tour datant de la renaissance et les maisons médiévales à colombages s’impose avant de s’arrêter Au P’tit Bistrot. L’extérieur ne paye pas de mine mais c’est à l’intérieur que tout se passe ! Dans les cuisines, le chef Romain Huault mitonne un piccata de veau en persillade, des magrets de canards… qui sentent terriblement bon ! Sa spécialité : le homard de Port-en-Bessin.

Bernay : la discrète abbaye Notre Dame

Photo club Bernay

Fondée par Judith de Bretagne, Grand-mère de Guillaume le Conquérant, Bernay est restée très éloignée des villes paillettes de la côte fleurie comme Deauville et Cabourg. Même si Philippe Delerm en fait souvent l’éloge, cette petite ville non loin d’Evreux file des jours tranquilles aux bords de la Charentonne. De minuscules ponts enjambent la rivière et des jardins de curés ont pris place le long des maisons à colombages.

Le jour du marché, le mercredi, c’est toute la ville qui s’anime autour de l’abbaye Notre Dame. Impressionnante avec ses murs austères, ses ouvertures étroites et l’ensemble de ses chapiteaux sculptés, elle est une figure majeure de l’art Roman en Normandie. Une œuvre que l’on doit à un architecte italien et ancien moine de Cluny du nom de Guillaume de Volpiano. Malgré ses nombreuses modifications notamment de la façade reconstruite au XVIIième siècle, cette prestigieuse abbaye n’a pas perdu de son lustre. Tour à tour halle au blé, hôtel de ville, tribunal, sous préfecture… elle est aujourd’hui un lieu d’exposition et de prière.

Non loin de l’abbatiale, le bistrot de Bernay est niché dans une jolie maison à colombages datant du XVème siècle. A l’intérieur, le décor rustique va assez bien avec cette cuisine normande riche et crémeuse qu’aurait sûrement apprécié Guillaume le Conquérant : tripes au calvados, poulet vallée d’auge, escargots au camembert et tartiflette normande… Aux beaux jours, quelques tables sont dressées à l’extérieur dans l’ancienne cour des miracles.

Falaise : le château Guillaume le Conquérant version numérique

Château de Falaise

C’est ici le point de départ de l’épopée de Guillaume le Conquérant. Fils de Robert le Magnifique et d’Arlette, naquit en 1027 dans ce château familial celui qui changea le cours de l’histoire…

Pour évoquer l’histoire de la Normandie au Moyen-Age, bienvenue dans l’ère de la réalité virtuelle. Les vestiges, trois donjons et un rempart flanqué de quinze tours ne font que renforcer cette atmosphère guerrière. Plus ludique, une tablette tactile nous plonge directement dans les fastes du château. Soudain les murs se parent de tentures, les torches et les cheminées s’embrasent, le mobilier virtuel surgi comme par enchantement. L’ambiance sonore et le jeux de lumières réussissent à nous plonger au XIème siècle. Une performance qui a longtemps choqué les puristes des restaurations mais qui, au fil du temps consacre le château comme une pièce maîtresse dans l’histoire de la Normandie.

Plus d’infos : www.chateau-guillaume-leconquerant.fr

Non loin du château,  « La Bonne Raison » est un salon de thé, restaurant où il fait bon s’arrêter. Soit pour déguster l’une des délicieuses tartes salées dont Tudalenn a le secret, soit pour chiner (tout est à vendre ou presque !), soit pour lire l’un des nombreux ouvrages de la bibliothèque « à lire sur place ou à emporter! ».

En laissant cette petite ville fortifiée qui a malheureusement beaucoup souffert de la guerre, on retrouve dans la campagne proche les paysages verdoyants de la Suisse Normande. Avec son relief accidenté et ses gorges sculptées par la rivière de l’Orne, on est surpris par le caractère intacte du panorama. Les champs sont ourlés de haies et de murets en granit. Un cadre idéal pour parcourir les nombreux chemins de randonnées.

Caen : le château et l’Abbaye aux hommes, l’étape incontournable

Abbayes normandes

Sur les murailles de ce château de Caen, construit en 1060 à la demande de Guillaume le Conquérant, on domine la ville à 360 degrés. La vue sur les toits et les tours des abbayes est magnifique !

Au cœur de cette enceinte médiévale, l’une des plus grandes d’Europe, promenez-vous dans le jardin des simples, la salle du rempart et celle de l’Échiquier (récemment restaurée) avant de faire un tour au musée des Beaux Arts puis, partez en direction des douves pour rejoindre le plus vieux quartier de Caen : le Vaugueux. Dans ce quartier préservé des bombardements, le décor est médiéval. Une multitudes de maisons à colombages bordées de pavées mettent en valeur de belles enseignes.

C’est ici que l’on trouve de bonnes adresses comme l’Accolade. Aux fourneaux, Pierre Lefebvre, l’un des finalistes de « Masterchef » qui a choisi de cuisiner uniquement des produits du terroir. Sur sa carte, les producteurs figurent en bonne place et les menus changent tous les jours en fonction des saisons. Topinambours, rattes, palerons braisés, agneaux de pré-salé n’auraient sans doute pas déplu à notre cher Guillaume.

Et comme ultime hommage à celui qui a marqué la Normandie, direction la dernière demeure de Guillaume le Conquérant : l’abbaye aux hommes. Ce chef d’œuvre de l’architecture romane normande, contemporain de l’abbaye aux Dames (où est inhumée la reine Mathilde) influença le style de nombreuses abbayes en Angleterre. Elle fut pendant plusieurs siècles une abbaye bénédictine dédiée à saint Étienne. Le chœur remanié au XIIIème siècle accueille le tombeau du duc de Normandie et roi d’Angleterre. Autour, une partie des bâtiments conventuels construits  au XVIIIème siècle abrite l’hôtel de ville. L’ancien palais ducal est quant à lui devenu une artothèque (prêt d’oeuvre d’arts).

A Caen, l’héritage de Guillaume le Conquérant n’est pas prêt de disparaître…

 

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