Aleteia

Italie : elle pardonne à l’assassin de son mari et adopte sa famille

Image d'illustration
Partager
Commenter

Lucia, une Italienne de 40 ans, a pardonné au jeune tueur de son mari. Elle est même devenue son « ange gardien ».

En grec, les mots « pardon » et « délivrance » sont le même mot (aphesis). Cela veut dire que quand on pardonne, on se libère et on libère l’autre… L’histoire de Lucia Montanino, veuve de Gaetano, un agent de sécurité tué par Antonio, 17 ans, lors d’un cambriolage, à Naples (Italie), illustre remarquablement comment le pardon, même le plus difficile, est possible. Le drame remonte au 4 août 2009. Antonio, jeune père d’un nouveau né d’à peine sept jours, sort avec des amis pour commettre des vols. Ce soir-là, Gaetano est de service. Le larcin vire au tragique quand le vigile tente de s’interposer. Un coup de feu part. Gaetano est au sol, tué sur le coup. Pour avoir commis l’irréparable, Antonio écope de 22 ans de prison.

Pris de remords, il ne cesse de demander à la veuve de sa victime une rencontre qu’elle refusera à chaque fois, jusqu’au jour où une marche contre la mafia les font se rencontrer à nouveau. « Il était sur le podium, tremblait pleurait (…). Je n’avais jamais vu autant de souffrance dans les yeux d’une personne. Il était comme un animal blessé par le mal que lui-même avait provoqué », raconte Lucia au quotidien La Repubblica. Antonio la voit et la prend aussitôt dans ses bras, la suppliant de lui pardonner. Le bon cœur de Lucia ne résiste pas. Elle le serre à son tour contre elle. Le jeune homme allait sur ses 25 ans et avait deux enfants.

« Mon ange gardien ! »

Depuis ce jour-là, Lucia a pris sous son aile toute la famille du jeune meurtrier. Antonio travaille aujourd’hui dans un bien confisqué à la mafia, dédié à Gaetano Montanino. Quand on lui demande ce que Lucia représente pour lui aujourd’hui, il répond sans hésiter : « Mon ange gardien ! », à qui il fait la promesse de changer de vie. Et de fait. Si Antonio n’a pas été transféré du centre de détention pour mineurs à la prison pour adultes, c’est grâce à elle, la veuve de l’homme qu’il a tué. Grâce à celle que les enfants d’Antonio appellent aujourd’hui « grand-mère Lucia ». Grâce à celle qui donne des conseils à sa conjointe.

Lucia a pour ainsi dire « adopté » sa famille. « Lucia m’a fait comprendre tant de choses. Avant toute décision à prendre, la plus petite qui soit, je lui demande conseil », explique Antonio. Et tout ce qu’il assimile à son contact, il le partage avec les jeunes qui risquent de tomber dans la criminalité. Il leur raconte : « Je m’appelle Antonio et j’ai commis tant d’erreurs dans ma vie. Mais j’ai promis à Lucia, mon ange gardien, de sortir de ces filets. Je travaille avec des handicapés et il n’y a rien de plus beau que d’aider les plus faibles (…). Croyez-moi, il n’y a rien de plus laid que de faire des erreurs comme celles que j’ai faites. Le remords vous tue intérieurement et vous le portez en vous toute la vie ».

Lucia sait que la route est longue. « Je ne suis pas la mère de ce garçon, ni une thérapeute, mais je me donne beaucoup de mal », dit-elle. À chaque fois qu’elle voit Antonio, elle voit et sent sa de souffrance. Mais savoir que du sang de Gaetano est en train de naître quelque chose de bon, affirme-t-elle, est pour elle un vrai soulagement, une lueur d’espérance après tant de violence ».

Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]