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L’école catholique se porte bien, mais manque de moyens

Corinne SIMON/CIRIC
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Le secrétaire général de l'enseignement catholique, Pascal Balmand, déplore un manque de considération des pouvoirs publics « en juste proportion des services » qu'il rend.

L’enseignement catholique sous contrat se porte bien. C’est le premier constat qui ressort quand on se penche sur les effectifs inscrits dans les établissements privés catholiques. Ces effectifs « poursuivent leur très nette progression » d’après Pascal Balmand, secrétaire général de l’enseignement catholique. En cette rentrée 2017, les établissements catholiques accueillent 2 098 066 élèves, soit 12 436 élèves de plus qu’un an auparavant (+0,6 %). Sur neuf ans, la hausse est de 93 000 élèves. Aujourd’hui, ce sont quelques 18 % des élèves scolarisés en France qui étudient dans établissement catholique sous contrat. 

L’enseignement catholique est-il considéré comme un partenaire par l’État ?

Des chiffres qui permettent de prendre la mesure de l’attrait de l’enseignement libre. Mais non content de cet engouement, le patron de l’enseignement catholique a déploré les méthodes du gouvernement lors d’une conférence de presse mardi 28 septembre. S’il a refusé tout « traitement de faveur » des pouvoirs publics vis-à-vis de l’école catholique, « elle entend être considérée en juste proportion des services qu’elle rend » a-t-il souligné. Or, si elle « contribue activement à l’action éducative de la Nation », pour le secrétaire général, elle n’est pas certaine d’être perçue comme un partenaire par l’État.

Pascal Balmand a ainsi regretté que le ministère de l’Enseignement supérieur ne le sollicite pas pour « la consultation qu’il organise au sujet de l’accueil et de la réussite des étudiants en premier cycle » ou le fait que des « recteurs d’académie ignorent délibérément la notion de besoin éducatif reconnu, pourtant clairement exprimée dans la loi Debré » et refusent à l’enseignement catholique « des ouvertures réellement profitables à tous ». Pascal Balmand a pris l’exemple d’un ensemble scolaire mosellan qui propose en vain depuis deux ans d’ouvrir un lycée général. Une demande que lui a refusé le rectorat, « alors qu’il n’y a pas de lycée général public sur place et que les jeunes doivent supporter 45 minutes à une heure de trajet pour se rendre » dans le lycée le plus proche.

Un manque de moyens qui pose problème

Le secrétaire général a aussi regretté la suppression d’un emploi en contrat aidé sur dix. Selon lui, ce sont quelques 4 000 postes de l’enseignement catholique qui sont ainsi menacés. Il y voit une vraie menace pour les petits établissement situés en milieu rural. Pascal Balmand a donc réitéré sa demande de moratoire sur ces emplois qui concernent des postes d’entretien, d’agent de cantine ou administratifs et de surveillants. Par ailleurs, il a déploré la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales, baisse qui pourrait être répercutée sur le soutien qu’elles leur apportent parfois.

Dernier sujet de préoccupation celui des salaires, où la différence de traitement avec le public est frappante. Pascal Balmand dénonce « des écarts qui peuvent atteindre jusqu’à 4 à 600 euros par mois pour une rémunération nette mensuelle de base de l’ordre de 1 100 euros ». Le secrétaire général accorde cependant un bon point à l’actuel ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, dont il salue « la manière dont il fait appel à la responsabilisation des équipes et des chefs d’établissement ».

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