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Saint Michel archange, le champion de Dieu

Zvonimir Atletic | Shutterstock
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Qui est cet immense archange que l'Église fête le 29 septembre ? Une bonne façon d’en percevoir l’envergure est de commencer par réfléchir sur l’étymologie de ce prénom. Mickaël en hébreu signifie en effet : « Qui est comme Dieu ».

Et c’est la question qui résonne dans l’Univers alors que le général en chef des armées angéliques rassemble ses troupes et fond sur l’ennemi du genre humain et de la Création. Traître à son peuple, Lucifer s’est laissé corrompre par son idée de la perfection. Jaloux des faveurs que Dieu avait accordées à l’homme, cette créature insignifiante, il décide de se venger en faisant chuter l’ensemble de l’Univers dans la mort et l’entropie. Lucifer est l’élitisme froid poussé à son paroxysme et dont le nazisme et toutes les idéologies esclavagistes et égoïstes sont les reflets.

Michel au contraire tient sa grandeur de son humilité, c’est-à-dire, de sa confiance en Dieu. Comme tous ceux de son espèce, il s’étonne des faveurs du Créateur pour le petit homme, mais il fait confiance à Dieu. Il accepte de ne pas comprendre certaines décisions de son Père et se laisse porter par le flux d’amour de Celui-ci pour Adam. Mieux encore, l’amour de Dieu pour l’homme est comme un torrent de feu et Michel va se faire relais de ce torrent. À son tour, il s’éprend pour l’homme et tous ses frères avec lui.

Lumière pour l’humanité

Illuminant le chemin de l’humanité, il s’oppose aux ténèbres qui menacent d’engloutir les hommes : haine, ivresse de destruction, chosification, souffrance, injustice, esclavagisme, oppression, terreur, les mots sont nombreux pour désigner le mal.

Comment faire pour sortir cette humanité chancelante du trou où elle s’est elle-même jetée par manque de maturité, d’assurance et de discernement ? Dieu a un plan : guider les hommes vers leur propre accomplissement, mener l’humanité à l’épanouissement de l’âme qui comme une rose divine pourra s’ouvrir et se tourner vers le soleil. Or, comme Dieu est amour et que l’amour est le contraire de la coercition et de la dictature, Il guide sans forcer, Il mène sans contraindre. C’est là tout le Mystère, dans Sa bonté infinie, Dieu éveille et suscite le désir de Salut plutôt que de l’imposer.

Protecteur de l’humanité

C’est l’extraordinaire plan de Salut : allumer un fanal au loin, dans les ténèbres et proposer aux hommes de se diriger vers Lui. Sur le chemin, des embûches ne manquent pas de surgir, des monstres tapis dans l’ombre sont prêts à fondre sur leurs proies. Il faut un protecteur à l’Humanité, un être capable de manier l’épée de Lumière afin d’écarter les bêtes assoiffées. Ce protecteur est l’archange Michel. Après avoir rejeté les anges rebelles dans l’abîme, il est chargé de protéger le peuple élu, Israël : « Voici que j’envoie un ange devant toi pour te garder dans le chemin et pour te faire parvenir au lieu que j’ai préparé. Sois sur tes gardes en sa présence et écoute sa voix. Ne lui résiste pas parce que mon nom est en lui. Et mon ange marchera avec toi. » (Exode 23, 20-23).

Défenseur d’Israël

Cette protection se manifesta lors des combats de Judas Macchabé contre l’oppression des Séleucides qui voulurent violemment éradiquer le judaïsme de la surface de la Terre, menant de fait la première tentative de génocide de l’histoire et trahissant la volonté du Malin de détruire le culte du Dieu unique. Nul ne pouvait plus professer le judaïsme sous peine de mort : les femmes qui avaient circoncis leur enfant, étaient — conformément au décret — mises à mort, leurs nourrissons pendus au cou, ainsi que leurs proches et ceux qui avaient opéré la circoncision (1M 1, 60-62).

Judas prend la tête de la révolte contre l’oppresseur. Inférieurs en nombre de manière dramatique, les villageois et bergers qu’il réunit ne sont pas des guerriers et des soldats. Pourtant, inspirés dit-on par l’Archange, ils triomphent à plusieurs reprises de leur adversaire comme l’avait prédit le prophète Daniel : « En ce temps-là, Michel, le grand Prince, s’élèvera, lui le protecteur des enfants d’Israël » (Dan 12, 1).

Israël libéré et choyé par Dieu au point de le mettre sous la protection expresse du plus vaillant des chevaliers divins. Or, c’est l’Église tout entière qui devient Israël après la venue du Christ. Le rôle protecteur de saint Michel s’étend donc à toute la chrétienté tout en la dépassant.

Comment ne pas voir dans l’antisémitisme, dont malheureusement nous sommes loin d’être délivrés, une manifestation patente des forces adverses, une expression de la lutte entre l’humanité protégée par saint Michel et la Bête ?

Lutte qui trouva bien sûr son horrible manifestation dans l’avènement du régime nazi et dans la Shoah. Régime maléfique dont la défaite fut consacrée le 8 mai 1945… qui était alors le jour de la Saint-Michel !

Pourvoyeur de bonté et de beauté

Défenseur d’Israël, défenseur de l’Église, saint Michel est le défenseur de toute l’Humanité car l’Église ne se limite pas à l’institution dite chrétienne mais englobe tout ce qui est Bon, Beau et Bien dans la Création. Idée singulière ? Pas vraiment. Déjà saint Augustin aimait à dire concernant l’Église : « Certains se croient dehors qui sont dedans ; certains se croient dedans qui sont dehors ».

Les plus belles réalisations artistiques de l’être humain, les cœurs les plus sincères, les plus profondes sagesses, les plus flamboyants poèmes, les récits imaginaires les plus inspirés, en tout temps et en tous lieux, sont inspirés par l’Esprit saint et s’inscrivent dans une tension vers Dieu car ils sont pareils à Son image et tendent vers Sa ressemblance. Aussi, font-ils partie de ce corps divino-humain qu’est l’Église.

C’est cela l’Église que défend saint Michel. Dans un texte éthiopien appelé La Vision d’Isaïe, on peut lire : « Je vis en vérité qu’il n’y a rien de ce qui se fait dans le monde qui demeure caché dans le septième ciel et j’interrogeai l’ange : “Quel est cet être qui dépasse tous les anges dans sa gloire ?” et il me répondit : “C’est le grand ange Michael qui prie toujours pour l’humanité et pour la bonté” » (Vision d’Isaïe 4, 23-25).

Il faudrait toutefois se garder de faire du Champion céleste, un ange tout sucre, tout miel comme a tendance à le faire une certaine pensée new-age édulcorée.

L’homme ne peut-être que subjugué devant la puissance du Champion. L’historienne russe Olga Dobiache décrit très bien cette sensation devant cet être si intime à Dieu qu’on ne peut que pressentir la puissance du Créateur au travers lui : « L’homme du Moyen Âge, facétieux et familier à l’égard des autres saints, paraît invariablement sérieux dans ses relations avec saint Michel. Le souffle de Dieu, qui en quelque manière l’emplissait, le privait d’une vie indépendante. »

Le champion de Dieu

Qu’on se l’imagine : Michel est le Champion de Dieu, l’ultime opposant à la force de négation la plus puissante de l’Univers, force de destruction à côté de laquelle les terribles trous noir dévoreur de lumière sont des lieux de villégiature. Michel est un chevalier, le guerrier par excellence. Il ne fait qu’un avec Dieu, avec le Logos, au point que parfois on le confond avec le Christ victorieux du mal. Michel incarne la force du Dieu des Armées, la puissance de combat à l’état pur.

Tous les lieux associés à l’Archange sont des lieux où se déchaînent les forces naturelles : gorges, monts escarpés, forêts profondes et mystérieuses, gouffres et abîmes, la force brute de la Nature évoque celle de l’Archange. On songe aux toiles de Caspar David Friedrich, aux Ordres de Chevalerie qui lui sont consacrés, aux terres sauvages de Celtie et de Germanie où les hommages à l’Archange se multiplièrent durant tout le Moyen Âge et bien sûr au formidable « Mont Saint-Michel au péril de la mer ».

Saint Michel se manifesta de nombreuses fois dans notre monde. Certaines de ces manifestations sont bien connues et ont eu une importance considérable dans l’histoire de la chrétienté.

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