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Matthieu, le saint patron des métiers mal aimés

Célébré le 21 septembre, l'apôtre Matthieu est le saint patron des percepteurs, des comptables, des fiscalistes, des agents des douanes et des banquiers. Des professions qui ont en commun d'être rarement appréciées du plus grand nombre.

« Lévi, fils d’Alphée », qui prendra ensuite le nom de Matthieu (Mt 9, 9), est l’un des premiers disciple à suivre Jésus. C’est à Capharnaüm, village de Galilée où il vient de guérir son premier lépreux (Marc 1, 40) que le Christ lui ordonne de le suivre (Marc 2, 14). Un appel controversé à l’époque. L’apôtre est alors collecteur d’impôt pour l’Empire romain, qui occupe la Palestine. Cette occupation est très mal vécue par le peuple juif, qui attend le Messie qui le libérera de cette oppression. Les collecteurs d’impôts, appelés « publicains », qui imposent souvent des sommes excessives, sont perçus comme des traîtres et sont aussi bien rejetés par le petit peuple, les Zélotes, que les élites religieuses, les pharisiens. Ils sont considérés comme des pécheurs.

Les juifs attendent du Messie qu’il rejette aussi les collecteurs d’impôts. Pourtant, avec Matthieu, c’est l’inverse qui se passe. Les pharisiens critiquent alors vivement le comportement de Jésus. Lors d’un banquet organisé par Matthieu où sont invités Jésus, les disciples, mais également d’autres collecteurs d’impôts, les pharisiens interpellent les apôtres à ce sujet : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie ? » (Mt 9,11)

Jésus appelle les pécheurs

Mais le Christ veut surtout enseigner la miséricorde envers les pécheurs qu’il appelle à le repentance. « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin d’un médecin, mais les malades. Allez donc apprendre ce que signifie : “Je veux la miséricorde, et non les sacrifices.” Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs », leur répond-t-il (Mt 9, 12). Ces mots rappellent la parabole du Fils prodigue, quand Jésus affirme en conclusion : « De même, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance » (Luc 15, 7).

L’attitude du fils de Dieu ressemble également à celle de Jean Baptiste qui demandait aux collecteurs d’impôts venant à sa rencontre afin d’être baptisés de n’exiger « rien de plus que ce qui vous a été fixé » (Luc 3, 13). Ce comportement portera ses fruits, puisque Zachée, collègue de Matthieu, affirmera plus tard au Christ : « Je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je lui rends le quadruple ». Ce dernier lui explique alors : « Le salut est entré aujourd’hui dans cette maison, parce que celui-ci est aussi un fils d’Abraham. Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19, 8-10).

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