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Comment accompagner ses enfants pendant les devoirs ?

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Indissociables de la scolarité, les devoirs ne manquent pas de préoccuper les parents. Même si la loi interdit depuis 1956 de donner un travail écrit aux élèves en primaire et si leur intérêt est parfois remis en question selon les âges, les devoirs sont toujours un rituel pour nombre d’écoliers. Avec plus ou moins d’entrain ! Découvrez dix façons d’aider votre enfant et de rendre agréable le travail à la maison.

Par peur de l’échec ou par mauvais souvenirs personnels, les parents appréhendent souvent la scolarité de leurs enfants. Dès les premières classes de primaire, les devoirs riment avec inquiétudes et contrariétés. Pourtant, avec quelques conseils simples, le travail à la maison peut s’avérer être l’occasion pour l’enfant de développer son indépendance, de prendre plaisir à retrouver certaines habitudes après l’école et même de partager un moment privilégié avec l’un de ses parents.

Avec l’aide de plusieurs mamans, nous avons dressé une liste non exhaustive des astuces pour accompagner ses enfants lorsqu’ils font leurs devoirs, même s’il n’y a pas de conseil miracle ! « Je crois bien qu’il n’y a pas de recette, mais des ingrédients… confie Déborah, maman d’Achille, 19 ans, et Sacha, 12 ans. Apporter confiance, autonomie, valoriser, transmettre le respect, l’écoute, donner le goût du travail, rassurer et encourager. » Suivez dix conseils testés et approuvés pour appréhender les devoirs sereinement.

1. Comprendre les spécificités de chaque enfant

On imagine les besoins des enfants universels. Or chacun a sa façon d’approcher le monde, de s’imprégner de son environnement et de vivre sa scolarité. Avant l’entrée à l’école primaire, observez votre enfant pour essayer de comprendre ses facilités, les points où il a plus de difficultés. »Ce qui fonctionne avec l’un, ne marchera pas forcément avec l’autre, souligne Fanny, maman de trois garçons entre 3 et 10 ans. Par exemple, ils n’ont pas tous les mêmes systèmes de mémorisation (mémoire visuelle, auditive ou contextuelle) et il est nécessaire de s’adapter pour un bon apprentissage. Pour les récitations, Louis (10 ans) les apprend très vite après quelques écoutes. Alors que Noé (7 ans), c’est l’inverse. Il mémorise les mots écrits et a besoin de lire pour enregistrer. Et il se souvient très bien du sens global mais il a du mal à les réciter mot à mot. »

2. Prévoir un temps de pause en rentrant de l’école

« Après une journée bien remplie, les enfants ont besoin de couper avec l’agitation de la journée », souligne Émilie, enseignante en CM2 et elle-même maman de deux enfants en bas âges. Un goûter, un temps à l’extérieur, un moment de calme avec un livre, etc. L’idée est d’accorder un temps de récréation aux enfants pour s’aérer, se défouler ou au contraire se calmer. Faire une pause après l’école est nécessaire pour s’attaquer aux devoirs la tête reposée. S’il est naturel de questionner son enfant sur sa journée ou ses contrôles, variez les discussions une fois à la maison pour lui permettre de se changer les esprits pendant cette parenthèse.

3. Imposer un rituel pour les devoirs

Comme dans l’ensemble de leur vie, les enfants apprécient les rituels car ils les structurent. Les devoirs ne dérogent pas à la règle. « L’idéal est de prévoir un endroit au calme, toujours le même, avec le petit matériel nécessaire (stylos, gomme, cahier de brouillon, etc.) parfois oublié à l’école, conseille Fanny pour ses trois garçons. C’est plus simple d’avoir le matériel à disposition à la maison et cela évite la crise de « J’ai pas mon stylo vert ! » ». Dans un espace à l’écart de l’agitation et choisi avec lui, l’enfant fait ses devoirs à un moment précis. Évitez les alternances d’horaires pour conserver un certain cadre qui limite toute discussion.

4. User d’astuces pour surmonter les difficultés

En cas de crise ou de pleurs, si une leçon est difficile et que l’enfant se braque, il vaut mieux basculer sur une matière plus facile, où il est à l’aise et en confiance. Parfois, le rire ou le jeu sont aussi une option. « Un soir alors qu’Achille était au CP, il butait sur une syllabe, se souvient Déborah. Ça commençait à l’agacer, je crois bien qu’il avait envie de hurler et moi aussi d’ailleurs. Qu’à cela ne tienne, il fallait faire sortir notre agacement en énergie positive. Nous avons fait toute la leçon en hurlant, pas en se fâchant mais en récitant très très fort, en criant les mots de la leçon à travers la pièce. On a ri et la leçon a été apprise en un clin d’œil ! »

5. Responsabiliser l’enfant

Très vite, l’enfant est apte à comprendre l’importance des devoirs et les conséquences de ne pas les faire ou mal. « Lorsque les garçons commencent à râler pour faire leurs devoirs, je leur rappelle que c’est leur problème à eux !, témoigne Fanny. Ils expliqueront à la maîtresse pourquoi le travail n’est pas fait. J’essaye de leur faire réaliser que l’intérêt est de leur côté, moi mes diplômes, je les ai… ».

Lorsque l’enfant est responsabilisé et qu’il fait ses devoirs de façon indépendante, le résultat est primordial. « J’ai choisi de leur laisser le choix du moment où ils préféraient travailler, raconte Déborah. Je voulais leur donner le goût du travail bien fait et de l’apprentissage, avec l’envie d’apprendre et il ne fallait surtout pas que cela se passe dans le conflit ! Je me souviens qu’au CP, il était impossible pour Sacha de faire ses devoirs entre la sortie de l’école et le dîner. On se disputait, ça aurait pu vite devenir l’enfer, je l’ai donc laissé gérer son temps. Oui oui au CP ! Et son rythme était de faire ses devoirs après le repas, presque au dernier moment. En quelques minutes, le travail était fait puisqu’il avait envie de le faire à ce moment là. »

6. Veiller à son cadre de travail pendant ses devoirs

Dans sa chambre ou la salle à manger, le coin bureau d’un enfant est synonyme de calme. Loin des frères et sœurs à proximité qui chahutent ou de la télévision allumée, l’enfant a besoin d’un espace où il puisse rester concentré. Optez pour une table dégagée de tout bazar ou un bureau assez grand avec tout le nécessaire selon son niveau scolaire. L’assise doit être adaptée et confortable mais pas trop. Chaque enfant étant différent, demandez lui s’il se sent bien. Conservez au fil des jours ce cadre de travail pour que l’enfant prenne ses marques.

7. Montrer lui l’exemple avec de l’enthousiasme

Si les devoirs sont un moment compliqué, il est primordial de ne pas se laisser aller à la colère ou de montrer un certain agacement, même si ce n’est pas toujours évident. En restant positif et en essayant de transmettre de l’enthousiasme à l’enfant, les devoirs représentent un moindre casse-tête. Lorsque les difficultés sont importantes, pensez à une aide, un étudiant ou un professeur particulier. Faire intervenir une personne neutre, pédagogique peut débloquer la situation et permettre un meilleur apprentissage. Et si vous êtes en désaccord avec le corps enseignant, prenez un rendez-vous afin d’en discuter. D’une façon générale, rester positive évite les conflits.

8. Être à proximité pendant le temps des devoirs

Même si l’enfant fait preuve d’une grande autonomie, vous devez garder un œil sur son travail mais aussi être disponible s’il a besoin de vous. Le fait d’être là le rassure et l’encourage. Il est important de trouver un accord commun sur le mode de fonctionnement. « Avant de commencer les devoirs, je vois avec eux ce qu’ils ont à faire et on détermine ensemble ce qu’ils peuvent faire en autonomie et ce pour quoi ils auront besoin de moi (lecture, dictée, récitation, etc.), détaille Fanny. On convient ensemble du moment où je suis disponible et où je peux leur consacrer un petit temps pleinement. L’idée est de ne pas être là sans être là, en écoutant la récitation du grand avec les cris du plus petit qui sort du bain… » Un juste dosage de votre présence permet à l’enfant de rester autonome sans s’enliser tout seul s’il rencontre un problème.

9. Développer l’autonomie de l’enfant pendant ses devoirs

« Lorsqu’ils sont un peu plus grands, on peut leur proposer de faire leurs devoirs en autonomie, tout en leur rappelant qu’on reste là si besoin, propose Fanny. On peut impliquer la maîtresse en lui demandant de nous signaler la moindre baisse dans la qualité des devoirs. Louis a aussi la responsabilité de maintenir de bons résultats s’il souhaite continuer à faire ses devoirs tout seul. » Une façon de trouver aussi sa propre façon de travailler. « Dès qu’ils ont exprimé d’une manière ou d’une autre qu’ils voulaient faire leur devoir seuls (et cela a commencé très tôt), j’ai été d’accord, se souvient Déborah. Je m’autorise le droit à n’importe quel moment de vérifier que tout est bien fait et su. Je suis aussi là pour aider, faire réciter, corriger si besoin, donner mon avis sur un écrit, etc. »

10. Ne pas s’éterniser sur la durée des devoirs

Après l’école, les devoirs représentent un nouvel effort intellectuel pour l’enfant qui le fatigue évidemment. « Les devoirs constituent un temps de travail de 30 minutes à 1 heure mais ne devraient pas durer plus », selon Émilie, enseignante en CM2. Plus ils sont petits, moins leur patience est élevée. Au primaire, les enfants se fatiguent plus vite et la charge de travail est moindre que dans les classes supérieures. Les devoirs ou leçons à apprendre ne doivent pas durer trop longtemps pour un apprentissage optimal.

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