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La beauté n’a pas besoin de Photoshop !

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Preuve que les mentalités évoluent, dès cet automne, les magazines de mode, entre autres, seront obligés de mentionner les photographies retouchées. Quant aux mannequins, elles devront présenter un certificat prouvant leur bonne santé. Un passage obligé pour véhiculer une image plus saine du corps des femmes et se rappeler qu'avant tout, la beauté est un signe de la bonté de Dieu...

En octobre prochain, le monde de la mode ne sera plus vraiment le même. Deux textes ont été votés en mai dernier visant à protéger la santé des mannequins et à « prévenir les troubles du comportement alimentaire ». Le premier concerne les photographies retouchées et les dérives entrainées. Dès le 1er octobre 2017, la mention « photographie retouchée » sera obligatoire lorsqu’elle est modifiée par un logiciel pour changer l’apparence corporelle des mannequins. Il est destiné aux images parues dans la presse, les affiches, internet, les catalogues et prospectus.

Le second texte touche directement la santé des modèles. Il est question d’un certificat médical obligatoire pour défiler en France (y compris pour les mannequins d’un autre pays de l’Espace économique européen) et d’examens médicaux d’aptitude. En ligne de mire : les troubles alimentaires chez les mannequins en général et l’anorexie en particulier.

Au-delà des textes, c’est une réelle prise de conscience qui est en marche. Décryptage avec Catherine Bronnimann, psychothérapeute à Genève et auteure de « La Robe de psyché, Essai de lien entre psychanalyse et vêtement » (éditions L’Harmattan).

De l’importance de transmettre les bonnes valeurs aux plus jeunes

Dans une société où l’image de la femme est réduite à un certain aspect du corps, les plus jeunes sont vulnérables. « La mode a une emprise très forte sur les jeunes et les adolescents, décrypte Catherine Bronnimann, psychothérapeute et auteure. Ils souhaitent s’identifier. Surtout les personnes qui n’ont pas assez d’estime pour elles et qui pensent qu’en étant comme les modèles, la vie serait différente. Il faut lâcher cet idéal inaccessible et comprendre que les femmes ne sont pas des cintres. Cela risque de prendre beaucoup de temps même si certains étudiants et jeunes créateurs commencent à y réfléchir. »

Le besoin de respecter son corps

Comme la Bible nous le rappelle, l’Homme est à la fois un être spirituel et corporel. La santé est précieuse et il est important de prendre soin de soi. « Le corps n’est pas une chimère, souligne Catherine Bronnimann. On ne peut pas l’annuler. Ces textes concernent la maigreur mais aussi les rides, les défauts, les vergetures, etc. » Les petites imperfections sont aussi le reflet des expériences, elles font partie intégrante de la personnalité chez certains. Gommer ces détails signifie aussi supprimer un peu de soi. « Conserver l’aisance, la motricité de son corps est une notion importante, poursuit la psychothérapeute. Il y a un besoin de cultiver son corps pour le préserver. » Afin d’honorer ce corps modelé par Dieu, la première étape est de le respecter avec de bonnes habitudes de vie.

L’âme et le corps sont intimement liés

« La femme n’est pas juste un corps ! », rappelle Catherine Bronnimann. S’il est important de prendre soin de son corps, il l’est tout autant de ne pas lui accorder une attention exagérée. Un culte de la perfection est toujours malsain et entraîne de nombreuses dérives. Au fil des années, le corps évolue selon les différents moments de vie. Accepter ces changements est le gage d’une évolution des mentalités.

La beauté, un signe de la bonté de Dieu

Au-delà du corps, ces textes de loi évoquent aussi la beauté de la femme, une réalité objective, signe de la bonté de Dieu. Saint Thomas d’Aquin, philosophe et Père de l’Église souligne que le corps est légitime en tant que matière, moyen de différencier tel individu d’un autre. Il rappellait, déjà à son époque (XIIIème siècle), que le beau est ce qui plaît, il doit être perçu pour être apprécié. Dans la nature ou dans les créations artistiques, la beauté est aussi un signe de vérité du Créateur. L’intégrité, l’harmonie des proportions et la clarté sont les conditions essentielles à la beauté.

Dans la plupart des magazines de mode, les images des femmes diffusées sont retouchées et modifient la beauté naturelle de chacune. Ces petits défauts qui les rendent authentiques. L’apparence physique prime en tant que faire-valoir pour certaines. Heureusement, certains titres de presse, à l’image du site américain Verily, prônent la transparence avec des photographies représentant les femmes telles qu’elles sont. « Un peu moins de ce que vous devriez être, un peu plus de qui vous êtes » telle est la ligne conductrice du magazine. Un regard bienveillant sur la femme, son corps et son âme, comme une petite avancée, une remise en question de la beauté dans l’univers de la mode.

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