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RCA : des précisions sur le massacre qui a visé la mission catholique de Gambo

ANTI-BALAKA

FRED DUFOUR / AFP

Des anti-balaka, en Centrafrique.

Isabelle Cousturié - Fides / OPM - Publié le 11/08/17

Égorgements, viols, destruction… L’archevêque de Bangassou est revenu sur cette attaque qui a fait une cinquantaine de morts en Centrafrique.

Suite à l’appel du pape François dénonçant de nouveaux épisodes de haine et de violence en Centrafrique, au terme de l’audience générale, le 9 août dernier, l’évêque de Bangassou, Mgr Juan José Aguirre Muños, interpellé par l’agence Fides, a précisé que « le Saint-Père faisait référence au massacre perpétré à Gambo, un village se trouvant à 70 kilomètres de Bangassou » qui a fait plusieurs dizaines de morts entre le 4 et 5 août dernier. Le Saint-Père s’était dit effectivement « profondément peiné » par l’attaque survenue dimanche dernier à l’intérieur d’une église au Nigeria, mais également par le signalement de nouvelles violences en Centrafrique contre les communautés chrétiennes, qualifiant ces attaques de « crimes honteux ».




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Les victimes de l’attaque à Gambo – une cinquantaine selon la presse locale — ont été tuées par balles ou égorgées par des rebelles de la milice de la Seleka (à majorité musulmane) qui tiennent le village sous leur coupe depuis quatre ans, rapporte Mgr Aguirre. Ces derniers venaient d’être délogés par la milice des anti-balaka (à majorité chrétienne). Mais les soldats égyptiens de la force onusienne (la MINUSCA) seraient alors entrés en action pour chasser également ceux-ci, laissant du coup aux anciens de la Seleka la possibilité de revenir et de commettre le massacre. Ces derniers ont trouvé une équipe de la Croix Rouge qui tenait une réunion à l’hôpital. « Ils ont égorgé différents participants, des hommes et même des enfants » du village où ces derniers, depuis quelques temps, a-t-on rapporté à l’évêque, « avaient accentué les violences contre la population locale, en particulier vis-à-vis des femmes, nombre desquelles avaient été enlevées de leurs maisons en présence de leurs maris pour être ensuite violées ».

La MINUSCA, des soldats de la paix ?

« Je me demande comment, une fois libérée Gambo des anti-balaka, la MINUSCA a pu laisser à nouveau la population à la merci des anciens Seleka », a commenté l’évêque. Les anti-balaka, a-t-il expliqué en citant des sources locales, auraient ouvert le feu contre les casques bleus qui ont réagi de manière disproportionnée, tirant au jugé et touchant également les civils. « Ils ont la gâchette trop facile », a dénoncé l’évêque, « je connais des personnes, comme un jeune séminariste et son père, qui ont été tuées par des balles perdues de la MINUSCA. « Ce qu’il est convenu d’appeler les soldats de la paix, qui auraient pour mission de désarmer l’ensemble des factions centrafricaines, désarment de force les seuls anti-balaka et non les anciens de la Seleka, qui semblent être toujours plus armés. Il semble qu’existent des complicités que nous ne comprenons pas ».

« Très attristé » par ce nouveau massacre, Mgr Aguirre, craint le même sort pour la mission de Bema dans la commune de Gbatinga à Ouango-Bangassou, a-t-il confié dans divers témoignages. Un récent rapport de l’Onu fait en effet état d’une situation inhumaine de violence qui enflamme depuis plusieurs mois différentes zones du pays. Parmi les zones les plus touchées : Bangassou, Zemio, Obo, Mobaye, Batangafo et d’autres encore où des signes avant-coureurs de génocide commencent à apparaître.




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