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La tour des vents du Vatican ou la naissance du calendrier moderne

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Surplombant les musées du Vatican, la tour des vents a été construite au XVIe siècle pour faire office de salle d’astronomie. Cette année-là, le mois d’octobre a perdu 11 jours…

Du haut de ses 73 mètres, juste au-dessus des Archives secrètes du Vatican, la tour des vents est l’un des points culminants de la cité. En 1548, le pape Grégoire XIII confie la construction de la tour à l’architecte bolonais Ottaviano Mascherino. Le but est de promouvoir l’astronomie, mais également de réformer le calendrier julien, mis en place par Jules César, en 46 avant Jésus-Christ. Le bâtiment est terminé en 1580, et équipé du meilleur matériel existant à l’époque.

Au cœur de la tour se trouve la salle de la méridienne. À faire rêver les imaginations en mal de sensationnel dès que l’on parle de l’Église… Tracée d’après les calculs du dominicain Ignazio Danti, astronome pontifical, une grande méridienne en marbre blanc, encastrée dans le sol, a permis de détecter l’erreur de l’ancien calendrier. En effet, cet axe est conçu pour donner le moment exact de l’équinoxe de printemps : à midi, le rayon de soleil traversant l’oculus — un trou de 14 millimètres caché dans l’une des fresques du mur — doit tomber sur une ligne spécifique. Cet équinoxe est d’importance puisque c’est lui qui permet de fixer la date de Pâques, depuis le concile de Nicée en 325. Lors du premier test, l’équinoxe se produit avec dix jours d’avance sur la date prévue, démontrant l’erreur de calcul de l’ancien calendrier de l’empereur Jules.

Le nouveau calendrier grégorien est donc adopté en février 1582, par la bulle Inter Gravissima. Cette année-là, le 4 octobre est suivi directement du 15 octobre, afin de corriger l’écart. La réforme garde le principe des mois, des semaines et du point de départ à l’ère chrétienne, mais modifie le calcul des années bissextiles. C’est également dans cette salle méridienne qu’Ignazio Danti inventera l’anémoscope — instrument servant à mesurer le sens et la force du vent — fixé sur la voûte de la salle.

Une hôte de marque

En 1655, changement d’usage à la tour : elle accueille la reine Christine de Suède que le pape Alexandre VII accepte d’héberger au Vatican pour quelques temps, après son abdication en 1654 et sa conversion au catholicisme. La chambre de la méridienne lui est alors réservée. Lorsqu’elle meurt en 1689, elle est ensuite enterrée dans la crypte de la basilique Saint-Pierre.

Mais après cet intermède, la tour retrouve son utilisation scientifique, manifestant l’intérêt du Saint-Siège pour l’astronomie. Pour affirmer cette riche tradition et contrer la méfiance des scientifiques envers l’Église, Léon XIII fonde la Specola vaticana (observatoire du Vatican) par le Motu proprio Ut mysticam du 14 mars 1891. À cette occasion, la tour des vents est restaurée pour être durant quelques années le siège du nouvel institut, et d’autres points d’observations sont construits au Vatican. Le toit de la tour est réaménagé afin d’obtenir une terrasse plate pour les observations astronomiques. En 1935, l’observatoire est déménagé à Castel Gandolfo pour des raisons de pollution lumineuse nocturne, et les installations du Vatican sont peu à peu délaissées. Aujourd’hui, la tour des vents n’est plus en usage pour l’astronomie, mais elle abrite encore le bureau du préfet des Archives secrètes du Vatican.

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