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À la découverte du « quartier allemand » du Vatican

Antoine Mekary / ALETEIA
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Situés entre la basilique Saint-Pierre et la salle Paul VI, le cimetière et le collège teutoniques sont les plus anciennes fondations nationales allemandes à Rome.

Signe de l’importance des catholiques allemands à travers l’histoire, les premiers bâtiments du « quartier allemand » ont été édifiés par Charlemagne, construits sur l’emplacement du cirque de Néron, avant d’être repris en main par les Allemands de Rome au XVe siècle.

À cette époque, le souvenir d’un l’hospice érigé pour les pèlerins en 794 par l’empereur à la barbe fleurie refait surface, grâce à l’influente communauté allemande de Rome. C’est à cette période que celle-ci commande la construction de l’actuel mur d’enceinte du cimetière. Un groupe de prêtres fonde alors la Confrérie des pauvres défunts en 1454, afin de permettre les enterrements de tous les Allemands pauvres qui meurent à Rome. Pie IX, en 1876, consacre définitivement le cimetière à la communauté germanophone et fonde le collège teutonique.

Lien étroit avec Benoît XVI

Aujourd’hui, le complexe est un lieu important pour la communauté allemande et reste lié au pape émérite Benoît XVI. Alors qu’il était cardinal, Joseph Ratzinger y a en effet logé quelques mois lors de son arrivée au Vatican en 1982 – comme préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il y a célébré une messe hebdomadaire pendant de longues années. Outre le pape émérite, le cardinal allemand Walter Kasper est aussi membre de l’archiconfrérie qui administre le site. Le collège teutonique abrite également une bibliothèque de 40 000 volumes sur l’histoire de l’Église et l’archéologie chrétienne, ainsi qu’un petit musée d’objets antiques et médiévaux.

Johannes-Müller / CC

Petite particularité géographique, le cimetière bénéficie du statut d’extraterritorialité, car bien que l’entrée se fasse par le Vatican, le terrain lui-même est de l’autre côté de la frontière du petit État.

Parce qu’appartenant au Vatican, le cimetière teutonique est ainsi, depuis toujours, un lieu de sépulture très recherché. Habituellement, les personnes qui ont le droit d’y être enterrés sont les membres de l’archiconfrérie du lieu, des maisons religieuses d’origine allemande et des deux autres collèges pontificaux allemands à Rome, celui de l’Anima et du Germanicum.

On y trouve également les tombes de défunts célèbres comme Joseph Anton Koch, peintre paysagiste autrichien, de Mgr Anton de Waal, premier recteur du collège, de sœur Pascalina Lehnert, secrétaire et aide-soignante de Pie XII ou encore d’Engelbert Kirschbaum, l’un des archéologues ayant découvert la tombe de saint Pierre. La plus vieille épitaphe du cimetière remonte elle aux années 1500.

Vocation funéraire qui perdure encore aujourd’hui : le 9 janvier 2015, un SDF d’origine flamande qui fréquentait la paroisse Sainte-Anne, à l’intérieur du Vatican, a été enterré dans le cimetière teutonique. C’est une famille allemande de Rome qui a pris en charge les frais de son enterrement.

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