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Conversion fulgurante : André Frossard, foudroyé par le Saint-Sacrement

STAFF / AFP
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En 1935, le futur académicien et grand ami de saint Jean Paul II entre dans la chapelle des Filles de l'Adoration à Paris : c'est là qu'il rencontre Dieu et que son existence est bouleversée.

Une grand-mère juive, une mère protestante, un père communiste… Rien ne prédisposait ce journaliste, élevé dans l’athéisme le plus complet, à se convertir à l’âge de 20 ans. Pourtant en quelques minutes à peine, le temps de franchir le seuil de la chapelle des Filles de l’Adoration à Paris pour y chercher un ami, la vie d’André Frossard a basculé. Il avait raconté son itinéraire dans un livre-témoignage qui restera dans les mémoires : Dieu existe, je l’ai rencontré (1969).

Mais c’est dans son ouvrage Dieu en questions, paru en 1990 et adressé « aux croyants inquiets et sceptiques qui s’interrogent », qu’il décrit le mieux ce moment de « foudroiement » — cette rencontre avec « la vérité chrétienne » — qu’il compare à « une silencieuse et douce explosion de lumière » :

« Mon père aurait voulu me voir rue d’Ulm. J’y suis allé à 20 ans, mais je me suis trompé de trottoir, et au lieu d’entrer à l’École Normale Supérieure, je suis entré chez les religieuses de l’Adoration pour y chercher un camarade avec qui je devais dîner (…) Poussant le portail de fer du couvent, j’étais athée (…) L’assistance à contre-jour ne me proposait que des ombres, parmi lesquelles je ne pouvais distinguer mon ami, et une espèce de soleil rayonnant au fond de l’édifice : je ne savais pas qu’il s’agissait du Saint-Sacrement. Cette lumière, que je n’ai pas vue avec les yeux du corps, n’était pas celle qui nous éclaire, ou qui nous bronze ; c’était une lumière spirituelle, c’est à dire comme une lumière enseignante et comme l’incandescence de la vérité. Elle a définitivement inversé l’ordre naturel des choses. Depuis que je l’ai entrevue, je pourrais presque dire que pour moi Dieu seul existe, et que le reste n’est qu’hypothèse. »

Une évidence faite présence qu’il dépeint ainsi :

« Son irruption déferlante, plénière, s’accompagne d’une joie qui n’est autre que l’exultation du sauvé, la joie du naufragé recueilli à temps, avec cette différence toutefois que c’est au moment où je suis hissé vers le salut que je prends conscience de la boue dans laquelle j’étais sans le savoir englouti, et je me demande, me voyant par elle encore saisi à mi-corps, comment j’ai pu y vivre, et y respirer (…). »

Plus de libre-arbitre ?

Et son libre-arbitre auquel il était si attaché ? À ceux qui lui posent la question : « Votre père était socialiste, vous êtes socialiste. Vous entrez dans une chapelle, vous voilà chrétien. Si vous étiez rentré dans une pagode, vous seriez bouddhiste ; dans une mosquée, vous seriez musulman… », il répond avec ironie : « Il m’arrive de sortir d’une gare sans être un train ». À tous ceux qui attendaient de lui un récit plus spirituel, une expérience mystique, il affirmait : « J’ai rencontré Dieu comme on rencontre un platane. C’est un fait, point final ! ». À tous ceux qu’il rencontrait, l’académicien répétait inlassablement :

« Je n’ai pas foi en Dieu : je l’ai rencontré. Toute la vérité se trouve dans l’Église catholique. La vérité c’est quelqu’un, c’est Jésus-Christ. Que puis-je y faire si le catholicisme est vrai, si cette vérité est le Christ qui veut être rencontré ? C’est nous qui avons perdu la passion de convaincre, de témoigner, de convertir ».

Pour le jeune André, une nouvelle vie – « la vraie vie » dit-il – a commencé. Il se sent « un nouveau-né prêt au baptême » auquel il se prépare aussitôt, en commentant : « Ce que le prêtre m’a dit sur le catholicisme, je l’attendais et je l’accueillis avec joie : l’enseignement de l’Église catholique est vrai jusqu’à la dernière virgule et j’en prenais acte à chaque ligne ». Sa mère et sa sœur ne tardent pas à le suivre sur le chemin de la conversion.

Revenir au Dieu-Amour

Ce qui est arrivé à André Frossard « peut arriver à tout le monde, au meilleur, au moins bon, à celui qui ne sait pas et même à celui qui croit savoir ». Chez tout converti, résume-t-il dans une de ses nombreux témoignages, « s’opère une rencontre, c’est-à-dire un moment où quel que soit le cheminement intérieur, l’idée fait place à une personne, l’idée devient une personne. Dans la rencontre à Emmaüs, les disciples reconnaissent le Christ. Rencontre lumineuse, comme cela a été dans mon cas. Tout d’un coup, l’être humain découvre la personne divine ». Et il ne se sent plus seul. Car « grâce à la foi et à la charité, à travers la souffrance et la mort, il revient au Dieu-Amour » qui l’a engendré, souligne l’académicien dans Dieu existe…. Il découvre que ce monde n’est que « le pâle reflet de l’immense réalité momentanément invisible, spirituelle, brillante, qui le traverse, l’enveloppe et l’attend ».

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