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Enlevée par Daesh, Cristina, 6 ans, chrétienne, retrouve sa famille

SAFIN HAMED | AFP
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C’est la petite histoire dans la grande : grâce à la libération de Mossoul, la petite Cristina a pu retrouver sa famille. Elle avait été enlevée par l’État islamique lors de la fuite des chrétiens irakiens.

Mossoul, ville emblématique de l’emprise de l’État islamique sur l’Irak, vient d’être définitivement libérée dimanche dernier par les forces armées irakiennes et celles de la coalition. Il aura fallu plusieurs mois pour y parvenir, depuis février, mais l’étau, en se desserrant progressivement, a permis à la petite Cristina, enlevée à sa famille alors qu’elle avait 3 ans, de rentrer chez elle.

Retour en arrière. Il y a trois ans, le 7 août 2014, Daesh entre dans Qaraqosh, après avoir fait fuir les chrétiens de la plaine de Ninive. 120 000 d’entre eux ont déjà fui vers le nord du pays, mais la famille Izzo Ibada n’a pas pu s’y résoudre. Le père, aveugle, ne peut quitter la ville facilement. Il a cependant accepté de confier ses quatre aînés à des voisins sur le départ. Reste avec lui sa femme, et Cristina, sa fille de 3 ans. À court d’eau et de vivres, la famille vit déjà un calvaire lorsque le 22 août, Daesh enfonce leur porte en hurlant : « Soit vous vous convertissez, soit vous quittez la ville ».

Aida, la maman, décide alors de quitter la ville, emmenant avec elle fille et mari. Mais leur fuite, en compagnie de 29 autres personnes, se heurte au dernier checkpoint de la ville : un musulman de Qaraqosh décide alors de garder la fillette et de la vendre. Il faudra attendre cinq mois pour que sa famille obtienne des nouvelles de Cristina, « adoptée » par une famille de douze vivant dans Mossoul-Ouest, zone contrôlée par l’État islamique. Trouvée pleurant à chaudes larmes devant la mosquée, la petite avait été recueillie par cette famille musulmane. Selon la presse, des contacts auraient même été établis entre sa « famille d’adoption » et sa véritable famille, pour un éventuel rachat.

Accueillie par des cris de joie

Cette dernière, désespérée, alerte des ONG, et produit même une vidéo pour faire parler de son histoire. Elle fera le tour du monde. En février 2017, l’armée irakienne soutenue par la coalition, entre dans Mossoul et commence à libérer les quartiers Est de la ville. L’information se libère, des rumeurs bruissent à propos de la petite fille. Adoptée par un Sharak, une minorité irakienne, sans enfant, comme l’a rapporté l’Obs, Cristina s’appelle désormais Zeina.

Après la libération de la totalité de la ville, l’homme ayant « élevé » Cristina s’est présenté aux autorités irakiennes, en expliquant qu’il retenait une jeune fille enlevée, mais qu’il souhaitait contacter sa famille d’origine pour la garder, y compris contre espèces sonnantes et trébuchantes. Sauf que pour l’armée irakienne, il n’en est pas question : les soldats se saisissent de la petite fille, et la rende à ses parents, en contactant un de ses frères. Ce n’est que le 7 juin dernier, trois ans après son enlèvement, qu’elle a finalement rejoint sa famille à Qaraqosh.

Le calvaire n’en est pas fini pour autant. Car pour la petite fille de 6 ans, la réadaptation s’avère difficile. Ayant grandi très jeune et pendant près de trois ans avec une autre famille que la sienne, ses souvenirs antérieurs sont flous. Bien qu’ayant été accueillie par des cris de joie et des danses de la communauté chrétienne, elle ne reconnaît pas immédiatement sa maman.

Si pour Cristina, une nouvelle vie commence auprès des siens, sa reconstruction, comme celle des chrétiens de la plaine de Ninive, s’annonce longue et incertaine.

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