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Le Pape n’ira pas au Soudan du sud, mais il a un grand projet pour le pays

Gregg Carlstrom -cc / © Mazur-catholicnews.org.uk-cc
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« Le Pape pour le Soudan du Sud », un projet de solidarité en trois volets, a pour ambition de rendre « tangibles » la présence et la proximité du Saint-Père.

Ils la respectent, mais l’annulation de la visite du pape François au Soudan du sud a suscité beaucoup de déception de l’Église locale et des habitants. Et le Saint-Père, premier déçu de cette annulation, a souhaité leur manifester immédiatement sa proximité, en donnant le coup d’envoi à un grand projet de solidarité qui couvre trois champs d’activités — santé, éducation, agriculture — confié à Solidarity with South Soudan, une association de congrégations religieuses présentes dans le pays.

Le pape François « n’oublie pas les victimes inécoutées et silencieuses de ce conflit sanguinaire et inhumain, n’oublie pas toutes ces personnes qui sont forcées de fuir de leur pays natal à cause de la prévarication, de l’injustice et de la guerre (…) et s’il ne peut actuellement se rendre dans le pays, il entend faire sentir sa proximité par des gestes de solidarité concrète ». C’est en ces termes que le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, préfet du Dicastère pour le service du développement humain intégral, a présenté le 21 juin à la presse, l’initiative « Le Pape pour le Soudan du Sud », voulue expressément par le Saint-Père.

Projet en trois volets

Solidarity with South Soudan aura pour charge de « former enseignants, infirmières, sages-femmes, agriculteurs et dirigeants communautaires locaux ». Il s’agira pour cette organisation de coordonner diverses actions : deux dans le secteur sanitaire, une dans le secteur éducatif et une quatrième dans le secteur agricole. Les deux premières (santé) seront menées dans deux hôpitaux gérés par les Sœurs missionnaires comboniennes ; la troisième (éducation) aura pour objectif de fournir des bourses d’étude qui permettent d’obtenir un diplôme d’enseignement pour l’école primaire ; et la quatrième, dirigée par Caritas Internationalis, de fournir à quelque 2.500 familles des diocèses de Yei, Tombura-Yambio et Torit, un apprentissage et les outils nécessaires pour s’occuper des cultures et des élevages, pour arriver à une autonomie des communautés locales.

Une visite toujours dans l’air

Le pape François est « un pasteur universel qui dépasse les frontières et sent la nécessité impérieuse de sensibiliser la communauté internationale à ce drame silencieux », a souligné le cardinal Turkson devant la presse. « Il a voulu rendre tangibles sa présence et sa proximité » dans le pays, en soutenant et encourageant le travail de ces congrégations religieuses et organismes de secours internationaux qui, sur le territoire, « se prodiguent inlassablement » pour ses populations. A plusieurs occasions, a-t-il confirmé, le Pape a souligné son désir de se rendre en personne au Soudan du Sud. »Il espère vivement pouvoir s’y rendre au plus tôt », a-t-il assuré. Phrase qui ne pourra qu’alimenter les espoirs de l’Eglise locale et sa conviction que « tôt ou tard cette visite se fera », comme espéré dans un message diffusé quelques jours après son annulation, par l’évêque de Tombura-Yambio et Président de la Conférence épiscopale du Soudan du Sud, Mgr Barani Eduardo Hiiboro Kussala.

Dans ce contexte, toute la population est invitée à s’engager dans une œuvre concrète « de discernement spirituel, et de construction pour la paix » et à « créer une atmosphère positive qui permettrait une visite du Saint-Père dans les conditions requises », selon les termes de ce message. Sans « volonté de paix », le pape François ne pourra se rendre au Soudan du Sud, lui a fait écho la combonienne sœur Laura Gemignanni, présente aux côtés du cardinal Turkson à la conférence de presse au Vatican, avec une religieuse de Jésus et Marie, Sœur Yudith Pereira-Rico. Et pour le moment, les deux religieuses, qui exercent leur mission dans le pays, ne voient pas «  d’évolutions notables dans ce sens ».

Le Pape n’oublie pas…

Pour l’Église locale, cette visite apostolique était une belle occasion pour tenter de ramener la paix dans ce jeune pays, ravagé par une guerre civile qui a provoqué, en quatre ans, une crise humanitaire sans précédent : plus de la moitié de la population, environ 7,3 millions de personnes, souffrent quotidiennement de la faim. Sans compter le million et demi d’habitants forcés à fuir de leurs villages et de leurs villes à cause des massacres et des atrocités, systématiques et généralisés, perpétrés contre des civils pour des motifs ethniques. Le Saint-Père « n’oublie pas toutes ces personnes (…) les porte tous dans ses prières et dans son cœur », a souligné le cardinal Turkson. L’Église, a-t-il conclu, « ne perd pas l’espérance dans un territoire si tourmenté, elle invite au contraire à des choix audacieux et à croire que la Divine Providence est capable de réaliser ce qui, aux yeux du monde, semble irréel, voire impossible ».