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Taire ses émotions, c’est une erreur !

JEUNE FEMME QUI RÉFLÉCHIT

© Shutterstock

Inma Alvarez - publié le 20/06/17

Les émotions nous accompagnent au quotidien. Parfois, elles nous submergent et on ne sait pas forcément comment réagir. Faut-il en faire abstraction ? Les contrôler à tout prix ? A priori, non, surtout pas, si on se fie au concept de l'intelligence émotionnelle...

Le concept d’intelligence émotionnelle est lié à une avancée considérable de la psychologie ces dernières années et, par conséquent, de la pédagogie. On parle aussi d’intelligences multiples. Tout peut se résumer ainsi : l’intelligence est bien plus que « connaître beaucoup de choses ». En 1993, dans son livre Multiple Intelligences : The Theory in Practice (« Intelligences multiples : la théorie en pratique », ouvrage non traduit en français), Howard Gardner a introduit l’idée selon laquelle les indicateurs d’intelligence, comme le quotient intellectuel, ne reflètent pas entièrement l’intelligence des personnes. En effet, ceux-ci ne prennent en compte ni « l’intelligence interpersonnelle », ou la capacité à comprendre les intentions, les motivations et les désirs des autres personnes, ni « l’intelligence intrapersonnelle », c’est-à- dire la capacité à nous comprendre nous-même, à reconnaître nos sentiments, nos peurs et nos motivations.

Cet ensemble de compétences est ce que l’on appelle l'”intelligence émotionnelle”, parmi lesquelles nous retrouvons notamment le self-control, l’enthousiasme, l’empathie, la persévérance et la capacité à s’auto-motiver. La bonne nouvelle est que ces compétences ne dépendent pas uniquement du caractère ou des gênes, elles peuvent aussi s’apprendre et se perfectionner tout au long de la vie, en utilisant les méthodes adéquates.

Comment apprenons-nous à contrôler nos émotions ?

Selon les dernières découvertes, les émotions ne sont pas purement immatérielles, elles ont un reflet biochimique. Notre cerveau utilise une méthode simple pour enregistrer des souvenirs émotionnels avec beaucoup de force : les systèmes d’alerte neurochimiques, qui préparent l’organisme à lutter ou à fuir face à un danger, enregistrent ces moments avec une grande intensité dans la partie la plus importante du cerveau, l’amygdale, en sécrétant des hormones.

Voilà pourquoi nous ressentons des émotions, gardons des traumatismes ou des souvenirs émotionnels avec beaucoup d’intensité, sans savoir pourquoi. Notre apprentissage émotionnel se produit principalement lors de la petite enfance et reste enregistré à vie, car il précède l’apprentissage intellectuel.

Le rôle des émotions a longtemps été sous-estimé. Elles sont pourtant très importantes pour faire usage de la raison. Entre le ressenti et les pensées, l’émotion guide nos décisions en travaillant avec le cerveau rationnel pour nous permettre, ou nous empêcher, de penser. Toutefois, une autre grande découverte a montré que la raison peut nous apprendre à contrôler les émotions, en les traitant et en les empêchant de déborder, afin que le cerveau émotionnel ne prenne le contrôle total de notre esprit.

L’intelligence émotionnelle, une véritable qualité

Durant des années, voire des siècles, on pensait que contrôler ses émotions revenait à les réprimer, comme si elles étaient négatives. Mais réprimer ses émotions est une erreur : les émotions refoulées cherchent toujours à remonter. De nombreux déséquilibres et souffrances émotionnels naissent de cette manière incorrecte de traiter les émotions, c’est-à-dire en les excluant du psychisme humain.

Au contraire, l’intelligence émotionnelle prétend apprendre à gérer les émotions en leur laissant libre cours, sans pour autant les laisser déborder. Il s’agit d’avoir la possibilité de choisir la manière de les exprimer. Prenons l’exemple d’un cheval sauvage : bien entraîné, c’est un champion potentiel ; hors de contrôle, c’est une bête furieuse.

Comment définir l’intelligence émotionnelle ? L’intelligence émotionnelle est la capacité à s’auto-motiver, à poursuivre les efforts malgré les frustrations possibles, à contrôler ses impulsions, à savoir attendre les récompenses, à réguler ses propres humeurs, à éviter de laisser l’angoisse interférer avec ses facultés rationnelles, à ressentir de l’empathie et à faire confiance aux autres.

Il est très important également d’apprendre à tirer parti des émotions négatives : la mauvaise humeur, par exemple, a aussi son utilité ; l’énervement, la mélancolie ou la peur peuvent être sources de créativité, d’énergie et de communication ; la colère peut être une source intense de motivation, surtout si elle provient d’un besoin de réparer une injustice ou un abus ; la tristesse, quand elle est partagée, peut rapprocher les personnes ; tandis que le sentiment d’urgence issu de l’anxiété, pour autant qu’il ne nous afflige pas, peut encourager la créativité.

De nos jours, l’intelligence émotionnelle n’est pas seulement importante pour nos relations personnelles, c’est aussi une qualité très recherchée par les entreprises et les organisations. Elle est la base d’un leadership sain au travail, et d’une vie sociale et personnelle saine. Les émotions bien contrôlées contribuent à l’intelligence.


Article écrit en collaboration avec Javier Fiz Pérez, psychologue et professeur en psychologie à l’université européenne de Rome, délégué au développement scientifique international et responsable du département de développement scientifque à l’Institut européen de psychologie positive (IEPP).


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