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L’action, chemin de réalisation spirituelle

Sylvie DUVERNEUIL/CIRIC
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Si le retrait du monde peut être une voie de réalisation spirituelle dans certaines religions ou dans certains courants chrétiens pour ceux qui ont cette vocation, il n’est absolument pas le seul.

Rappelons que Adam a été créé pour nommer les créatures, c’est-à-dire prendre possession du monde comme un roi sage (non comme le dictateur qu’il est devenu la plupart du temps). Il n’a pas été créé pour rêvasser dans un pieux détachement du monde mais pour agir au cœur de celui-ci.

Le christianisme n’est pas une fuite, il est une foi concrète : « Parfois nous oublions que notre foi est concrète : le Verbe s’est fait chair, il ne s’est pas fait idée, il s’est fait chair. Et quand nous récitons le credo, nous disons des choses concrètes : « Je crois en Dieu le Père, qui a fait le ciel et la terre, je crois en Jésus-Christ, qui est né, qui est mort… », ce sont toutes des choses concrètes. Notre  credo ne nous dit pas : « Moi je crois que je dois faire ceci ou cela » : non ! Ce sont des choses concrètes ».

Ces choses concrètes n’en sont pas moins mystiques. En fait, tout acte créateur est participation à l’acte créateur de Dieu et correspond à notre vocation adamique. Aussi l’artiste, le scientifique, le paysan, le parent qui s’occupe de son enfant ou l’employé de bureau, pour peu qu’il soit à sa place fait, oeuvre de réalisation mystique puisqu’il ne s’agit ni plus ni moins que de permettre à l’Esprit de venir résider en nous et d’y faire grandir Dieu. Il s’agit de réaliser ce pourquoi l’Homme a été créé à la base.  

Mystère Joyeux ! Tout comme lors de la Visitation, Jean-Baptiste encore dans le sein de sa mère, tressaille en présence du Christ dans le ventre de Marie, Dieu qui grandit en nous rejaillit sur le monde qui nous entoure et le sanctifie.

Ce n’est pas uniquement hors du monde que se trouve la voie de la sainteté ou de la déification qui est l’accomplissement de notre nature profonde, elle se trouve aussi dans le tumulte de la vie quotidienne.  

Oui dans ce torrent furieux qu’est la vie dans le monde, dans ce fleuve implacable d’espace et de temps, se trouve la porte du Royaume. Car si Dieu est le tout autre, il n’en est pas moins présent partout, à commencer par notre vie qui n’est jamais petite ni insignifiante aux yeux de Dieu. Irremplaçables et irréductibles à personne, nous avons tous reçu à notre naissance des dons, des talents pour nous permettre d’accomplir notre vocation.  

Œuvrer pour accomplir sa mission de vie, c’est toujours œuvrer dans l’Esprit avec foi, espérance et charité.  

Foi car il faut de la confiance en Dieu, et en sa volonté, pour que jaillisse en nous une juste estime de nous-mêmes qui nous permette d’agir avec équilibre et efficacité.

Espérance, puisque l’espoir nous permet de nous diriger vers le but à atteindre.

Charité, puisqu’il n’y a pas de mission de vie donnée par Dieu qui ne soit motivé à l’un ou l’autre niveau par le don de soi et le désir de faire le Bien.

C’est donc dans la quête et la poursuite de notre mission de vie que progresse notre sainteté et que celle-ci va rayonner et ensemencer le monde. C’est dans le travail vocationnel et la vie vécue pleinement que se réalise notre déification, une vie dans le monde mais pas du monde.

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