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À Rome, la Fête-Dieu a désormais lieu le dimanche

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Pour la première fois depuis près de 800 ans, le Pape célébrera la Fête-Dieu ce dimanche, et non un jeudi. Une tradition bousculée… pour mieux la partager.

Ce dimanche à Rome, les rues ne seront pas bloquées par les habituels embouteillages ou les grèves à répétitions, mais par la longue procession – 1,5 kilomètres – du Saint-Sacrement, entre les basiliques papales de Saint-Jean-de-Latran, sa cathédrale, et de Sainte-Marie-Majeure.

Manière pour le pontife de marquer son titre d’évêque de Rome, et d’attirer le peuple de Rome et les fidèles à participer à l’une des plus belles cérémonies de l’année liturgique, avec celle des Rameaux ! Car depuis 1977, seul le personnel du Vatican avait encore droit à une journée de congé, le jeudi qui suivait l’octave de Pentecôte, soit onze jours après. L’État italien, pour sa part, avait décidé que ce jour n’était plus férié…

Une tradition pourtant vénérable, et qui remonte au XIIIe siècle, quand le pape Urbain IV, en 1264, décide d’instaurer une fête en l’honneur de Jésus présent dans le Saint-Sacrement : le Corpus Domini, ou Corps et Sang de Jésus-Christ, ou encore plus familièrement, Fête-Dieu ! Voilà pourquoi elle se tenait un jeudi, en souvenir du Jeudi saint, jour où Jésus institue l’Eucharistie.

Il a fallu pourtant attendre treize siècles après Sa mort pour que cet événement central de la foi, célébré au cours de chaque messe, possède une fête propre au calendrier.

Encore plus étonnant : c’est le peuple chrétien lui-même qui, alors, manifeste son désir de contempler l’hostie sainte, à une époque où la communion est le plus souvent annuelle ! Et le Pape écoute ! Il est vrai qu’entre-temps, un miracle eucharistique s’est produit à Bolsena, non loin de Rome : un prêtre qui ne croyait plus à la Présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie voit l’hostie consacrée devenir chair et tacher de sang le linge d’autel.

Troisième bonne raison d’écouter le sensum fidei du bon peuple chrétien : elle sera donnée par Urbain IV lui-même… Avant d’être élu Pape, lorsqu’il était simple archidiacre de Liège, Jacques Pantaléon, fils de savetier, avait entendu les confidences d’une mystique, Julienne de Cornillon. Celle qui deviendra sainte par la suite avait reçu du Ciel la demande d’instaurer une fête en l’honneur du Saint-Sacrement.

Mais Urbain IV ne se contente pas d’exaucer ce vœu. Il en fait une solennité pour l’Église, et exige qu’elle soit une véritable fête : « Que le clergé et le peuple, joyeux, entonnent des chants de louange », écrivait-il. Pour la messe dédiée, le Pape confie aussi la rédaction au plus grand théologien de l’époque : saint Thomas d’Aquin, qui compose des chants encore utilisés aujourd’hui.

Le peuple chrétien se chargera ensuite d’accompagner la solennité par une procession du Saint-Sacrement dans les rues des villes, parsemées pour l’occasion de tapis de fleurs. « Quelle joie de semer des fleurs sous les pas du Bon Dieu ! », exultait ainsi sainte Thérèse de Lisieux au XIXe siècle. Encore aujourd’hui, en Amérique latine, héritage des Mayas oblige, les tapis de fleurs sont remplacés par des tableaux en sciures colorées.

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