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Prendre soin des personnes âgées à l’école des Petites Sœurs des Pauvres

P.RAZZO/CIRIC
Atelier cuisine dans la Maison de retraite des Petites Soeurs des Pauvres, à Paris, le 11 septembre 2009.
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En cette journée de lutte contre la maltraitance des personnes âgées, Aleteia a recueilli le témoignage d'une Petite Sœur des Pauvres. Une belle leçon pour prendre soin des corps, des cœurs et des âmes des anciens.

Depuis une quinzaine d’années, les abus et violences subies par les personnes âgées sont devenus de plus en plus fréquents. Les victimes, qui correspondent à des femmes pour la plus grande partie (75%) et plutôt âgées (en moyenne 79 ans), sont des personnes vulnérables, incapables de se défendre ou de réagir (selon l’Alma, association d’écoute aux victimes). Selon une étude des Nations unies, on estime entre 4 et 6% le pourcentage des personnes âgées qui ont connu une forme ou une autre de maltraitance à domicile.

La journée de lutte contre la maltraitance des personnes âgées, fixée au 15 juin par l’Assemblée générale des nations unies, a donc pour but de sensibiliser l’opinion publique sur l’importance capitale de prendre soin de nos aînés, pour éradiquer ce fléau.

Mère Sophie, mère supérieure des Petites Sœurs des Pauvres de Billière, près de Pau (64) nous livre le témoignage de sa vocation.

Aleteia : Comment le soin des personnes âgées, qui est le fond de votre vocation religieuse, peut-il nous guider et nous inspirer, nous laïcs ?
Mère Sophie :
« Petites Sœurs des Pauvres », c’est là un nom et un programme exigeants que nous a légués notre fondatrice, sainte Jeanne Jugan « signe de la tendresse de Dieu pour la terre » (d’après le titre d’un ouvrage d’Eloi Leclerc). Alors en quoi une Petite Sœur peut-elle inspirer des laïcs, autrement qu’en vivant cette exigence dans la simplicité du quotidien, auprès des personnes âgées qui nous sont confiées ?

Quel sens donner aux soins corporels que l’on peut prodiguer à une personne âgée ?
Notre vœu d’hospitalité nous invite à prendre soin des personnes âgées, à respecter ce qu’elles sont aujourd’hui avec leurs richesses mais aussi et surtout avec leurs fragilités et leurs pauvretés. Le respect de leur dignité passera par de petits actes concrets comme le choix d’un vêtement, le petit coup de peigne en touche finale, l’écoute, la bienveillance face à la maladie, une chambre soignée,  des beaux draps quand la personne âgée est en fin de vie, l’accueil de la famille. Dans nos maisons, lorsqu’une personne âgée est dans ses derniers jours, sa chambre devient le centre de la maison, aussi bien pour le personnel que pour les autres personnes âgées et pour les Petites Sœurs. Sans le dire, tout exprime qu’ « elle a du prix à nos yeux ».

Quels conseils nous donneriez-vous pour soigner son cœur ?
C’est à travers le soin des corps que nous toucherons le cœur. Il faut être conscient qu’un regard, un geste, une parole peut redonner vie, ou au contraire enfoncer. Il nous faut traduire, par nos gestes et nos attitudes, ce en quoi nous croyons.

Et finalement, comment prendre soin de son âme ?
Nous resterons toujours petits devant le mystère de l’être qui est en face de nous. Par conséquent, prendre soin de son âme demandera beaucoup de respect et de délicatesse, qui parfois nous pousseront à nous taire et à porter le mystère et le chemin de chacun dans notre prière en communauté. Nous avons la grâce d’avoir au cœur de nos maisons le Saint-Sacrement et l’Eucharistie tous les jours. L’Eucharistie est « notre force » , et elle est également pour les personnes âgées une présence miséricordieuse, qu’elles peuvent retrouver quand elles le désirent.

Les Petites Sœurs des Pauvres forment une Congrégation religieuse internationale et missionnaire, implantée dans plus de 40 villes en France et plus de 30 pays à travers le monde.

Sainte Jeanne Jugan a fondé cette famille religieuse en 1839, en Bretagne. À sa suite, la mission des Petites Sœurs des Pauvres correspond au service des personnes âgées pauvres, sans distinction de culture ou de religion. Avec l’aide d’un grand réseau de laïcs, elles les accueillent dans des maisons qui deviennent les leurs, et forment avec elles une grande famille, les accompagnant dans le respect de leur dignité, jusqu’au terme naturel de la vie. Leur spiritualité est issue de deux courants spirituels liés à saint Jean Eudes et saint Jean de Dieu. Fondée sur une confiance inébranlable en la Providence de Dieu, la vie que mène ces Petites sœurs se veut être une suite de Jésus doux et humble de cœur.

Propos recueillis par Maëlys Letondot. 

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