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Festival Saint-Jean : les jeunes repartent rarement comme ils sont arrivés

© Sabine de Rozières
Frère Jean-Yves, directeur du Festival Saint-Jean.
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Du 22 au 27 août 2017, la Communauté Saint-Jean invite les 16 à 30 ans au Festival des jeunes, à Saint Quentin, sur Indrois près de Loches. Interview de Frère Jean-Yves, directeur du Festival depuis 4 ans.

Aleteia : Pourquoi ce thème  « Qu’as-tu fait de ton frère ? » ?
Frère Jean-Yves : Tout simplement parce que le pape François nous invite très souvent à la charité et à une solidarité incarnée. On trouvait que cette phrase tirée de la Genèse était une bonne manière d’en revisiter les aspects. Car être solidaire ce n’est pas simplement être gentil avec les autres. Dans une vision chrétienne cela va beaucoup plus loin que ça puisque ça inclue la fraternité, mais qu’est-ce qui fonde que l’autre et mon frère ? Donc on commencera d’abord par se recentrer sur le Christ qui est le premier de mes frères et qui m’enracine en Dieu. Chaque jour aura un thème pour développer cette question : « Qu’as tu fait de ton frère ? ».

Que vienne chercher les jeunes lors de ce festival ?
Je crois qu’ils viennent chercher un souffle profond dans leur année afin de raviver leur foi et la joie d’être chrétien. C’est à la fois une expérience spirituelle forte vécue entre jeunes à l’aise avec leur foi, et qui ont des discussions profondes et saines qui les font grandir. En même temps c’est un moment de formation où ils savent qu’ils vont pouvoir approfondir leur vie chrétienne. Ils savent qu’ils vont recevoir des clés, aussi bien théologiques que philosophiques, pour mieux comprendre la cohérence de ce que demande l’Église. Les jeunes repartent rarement comme ils sont arrivés. Une mère de famille m’a dit, il y a peu de temps, que son fils avait perdu la foi en classe de terminale et que c’est grâce au festival qu’il l’avait retrouvée. Mais cette mère de famille ignorait totalement que son fils n’avait plus la foi, elle ne s’en était pas rendue compte. Et des exemples comme ça nous en avons beaucoup. Nous avons aussi un grand nombre d’anciens festivaliers qui prennent des engagements dans l’Église et dans la société, que ce soit en politique ou dans la vie associative. Pour nous c’est la preuve qu’il y a un réel besoin chez les jeunes, une vraie attente d’être formé et enraciné et que ça donne du fruit. 

Qu’est-ce que vous, les frères de Saint-Jean, avez envie de transmettre aux jeunes ?
À travers ce festival nous avons un enjeu majeur qui est que chaque jeune puisse établir une relation personnelle avec le Christ. Dans cette optique, tout le festival va être orienté pour que les jeunes soient comme pris de l’intérieur et qu’ils puissent faire une expérience spirituelle forte à travers l’Adoration et la confession. Ce vrai lien avec le Christ les fera sortir d’une culture chrétienne pour entrer dans la vraie vie de foi. Sur les cinq jours de festival nous serons au moins une vingtaine de prêtres à pouvoir accompagner, confesser et répondre aux questions de tous ceux qui le souhaiteront, d’ailleurs il n’y a pas que des frères de Saint-Jean puisque nous invitons également des prêtres diocésains à participer au festival. C’est un échantillon de toute la famille Saint-Jean qui sera représenté car nos sœurs apostoliques et contemplatives viennent aussi. 

Comment se passe la préparation du festival ?
Nous avons 10 camps thématiques en amont qui ont pour mission de préparer toute la logistique. Ça représente entre 100 et 140 jeunes qui viennent se mettre au service des autres. Les inscriptions sont encore ouvertes ! Camps musique, camps technique, camps sono, camps Hosanna (louange), camps Ray’on, camps sport, les Pèlerins de l’Espérance, camps théâtre, camps artistique… c’est une vraie mission pour tous les jeunes qui seront à ces camps puisqu’ils seront serviteur des festivaliers. Ils arriveront au festival avec toute la matière nécessaire au bon déroulement de ces cinq jours. L’idée est que chacun devienne acteur et moteur pour le festival afin qu’ils ne soient pas simplement consommateurs de spirituel. En les responsabilisant ils deviennent parties prenantes et c’est ce que nous souhaitons.

Quelle sera la plus grande difficulté d’après vous pour ce festival ?
Cette année est particulière puisque nous avons eu les JMJ l’année dernière. En effet, l’expérience montre que l’année qui suit ces journées mondiales de la jeunesse est toujours un peu plus creuse que les précédentes. Tout est monté en puissance jusqu’aux JMJ et c’est comme si après il y avait un changement de génération. Tant les festivaliers que les serviteurs cherchent parfois à passer à autre chose donc pour nous c’est un challenge à relever. Une autre difficulté réside dans le fait qu’aujourd’hui les jeunes sont sur-sollicités par un très grand nombre de communautés et de congrégations pour toutes sortes de sessions et nous, avec le festival, nous devons montrer notre singularité. 

Pourquoi les jeunes viendraient-ils au festival Saint-Jean plutôt qu’ailleurs ?
Ici, à Saint-Quentin-sur-Indrois, ils sont accueillis par une famille religieuse et je crois que c’est ce qui fait vraiment notre force, en plus d’être en pleine campagne, mis à l’écart de toutes sollicitations venue d’Internet ou de la télévision. Cette vie, pendant cinq jours, en pleine nature dispose le cœur à Dieu. On s’assiéra sur des bottes de paille et des palettes, on dînera et déjeunera dehors… ici il n’y a rien d’artificiel et d’ailleurs pour tacher de mieux correspondre aux attentes du pape François, suite à Laudato Sí, nous aurons même des couverts en bambou, des ecocup’ et des freezbee en guise d’assiette ! Donc nous n’utiliserons aucune vaisselle jetable. Et le must éco-responsable sera… les toilettes sèches ! 

Toute la programmation et les infos sur le site officiel.

Propos recueillis par Sabine de Rozières.

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