Aleteia

À Rocamadour, le mystère de la cloche qui sonne pour les marins sauvés

La chapelle de Rocamadour.
Partager
Commenter

Dans la chapelle Notre-Dame du sanctuaire de Rocamadour, dans le Lot, une petite cloche, vieille de douze siècles, se fait l'écho des miracles opérés par la Vierge noire, implorée par les marins en péril.

La petite chapelle Notre-Dame du sanctuaire de Rocamadour, est plus connue pour la célèbre Vierge noire qu’elle abrite que pour la petite cloche de fer forgé suspendue à sa voûte. Suspendue par son anse, seulement remarquée de ceux qui connaissent son existence, il faut vraiment lever le nez pour la voir. Cette cloche, datant du IXe siècle, est le plus vieil objet du sanctuaire. Si son origine demeure inconnue, le mystère qui l’entoure réside surtout autour du fait qu’elle sonne toute seule, sans sommier ni cordage, chaque fois qu’un marin en péril implore la Vierge Marie et lui doit son Salut.

© Wikimedia Commons
La Vierge noire de Rocamadour.

Plus de 120 miracles obtenus par l’intercession de Notre-Dame de Rocamadour ont été attestés à travers les siècles. Le récit du prodige est tenu de la bouche même des témoins : les marins et les pèlerins du sanctuaire. Ces manifestations surnaturelles furent dénombrées et répertoriées dans le « livre des miracles » tenu par un moine de Tulle au XIIe siècle. La cloche aurait sonnée pour la dernière fois le 31 décembre 1612 lorsqu’un marin breton, Jacques Jas, et son équipage furent sauvés d’une violente tempête par l’intercession de Notre-Dame.

Des plaques commémoratives énumèrent aux quatre murs les principales dates où la cloche a sonné, tirant les marins du péril. Des ex-voto, (ces offrandes présentées à Dieu pour demander une faveur ou en remerciement d’une grâce obtenue) sous forme de maquettes de bateaux, sont suspendus dans la chapelle en remerciement des miracles obtenus par l’intercession de la Sainte Vierge.

Selon une guide du sanctuaire, interviewée par La Dépêche, l’origine de la dévotion des marins à la Vierge de Rocamadour peut être expliquée de trois façons : « Tout d’abord, Marie signifie “Étoile de la mer” en hébreu, donc les marins la connaissent bien. Ensuite, Henri de Plantagenet (1133-1189), second mari d’Aliénor d’Aquitaine, qui deviendra Henri II, roi d’Angleterre, fut touché par la grâce auprès de la Vierge de Rocamadour. Il viendra deux fois en pèlerinage sur place. De retour en Bretagne, il fit élever à Marie un autel à Camaret-sur-Mer, dans la rade de Brest. C’est depuis ce temps qu’elle est la patronne des aventuriers et des marins. Enfin, il y eut Jacques Cartier, découvreur du Québec. Son équipage fut guéri du scorbut après une messe célébrée devant l’effigie de Notre Dame de Rocamadour en 1536. La plus grande paroisse de Québec est dédiée à Notre Dame de Rocamadour. »

La Vierge noire de Rocamadour a même été la patronne de l’édition 2016 du Vendée Globe. Le curé des Sables d’Olonne avait bien prémédité son « larcin » : de passage à Rocamadour, il avait annoncé, en plaisantant, vouloir « kidnapper » la Vierge noire. Quelques semaines plus tard, la Vierge fut bien présente au départ et à l’arrivée de la course, il avait tenu parole !

Autre fait étonnant lié à l’histoire de cette cloche : un professeur émérite d’archéologie et d’art sacré toulousain, religieux lui-même, s’était penché sur l’histoire des miracles de la cloche de Rocamadour, mais demeurait fort prudent sur le sujet et ne cachait pas son incrédulité quant aux miracles opérés. Il fut emporté par une vague sur la plage de Sète, un jour de vent violent, il y a une dizaine d’années. Ce jour là, la cloche resta muette.

Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]