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Le premier étudiant chrétien accepté à l’université Al-Azhar

Al Azhar © DR
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Une réponse à la visite du Pape en Égypte, bien qu'il soit trop tôt pour juger s’il s’agit d’un vrai tournant, selon le porte-parole de l'Église catholique.

Abanoub Guirguis Naeem est un jeune diplômé de médecine et odontologie, qui fait maintenant sa spécialisation à l’université Nahda University, à Beni Suef, en Haute Égypte. Il sera bientôt le tout premier étudiant chrétien à venir faire un stage à l’université d’Al-Azhar, prestigieuse institution de l’islam sunnite basée au Caire. Après la visite du pape François en Égypte, en avril dernier, et la série d’attaques et violences subies par les chrétiens ces derniers mois, celle-ci semble vouloir montrer au monde des signes « d’ouverture et de dialogue ».

L’Église catholique accueille avec joie la nouvelle, qualifiant ce geste inédit de « point de départ important », mais qui doit encore faire ses preuves avant d’en conclure qu’il s’agit vraiment d’un tournant. « Il est important de suivre avec attention cette affaire et voir comment elle évoluera dans les prochaines semaines, dans un proche avenir », a estimé le père Rafic Greiche, le porte-parole, interpellé par Asianews.

« Un bon point de départ »

Depuis plus d’un millénaire l’université Al-Azhar prépare non seulement des médecins, ingénieurs, scientifiques, mais également des experts en lois et imams qui sont ensuite envoyés prêcher dans les mosquées du monde entier. Jusqu’à présent elle n’autorisait la fréquentation de ses locaux qu’à des stagiaires musulmans. Récemment, des membres du parlement égyptien avaient demandé à l’université « plus d’ouverture » en acceptant les candidatures d’étudiants chrétiens. La réponse du porte-parole d’Al-Azhar, Abbas Shoman, fut immédiate : « Rien dans le règlement n’empêche que des citoyens égyptiens y viennent étudier », avait-il expliqué, précisant néanmoins que « l’obligation d’apprendre par cœur le Coran » n’étant pas une pratique commune chez les chrétiens, il « leur était déconseillé » de s’y inscrire.

Officiellement, la prestigieuse université « affirme ne pas faire de discrimination » dans les inscriptions, mais concrètement, cela ne fut jamais le cas, a expliqué le porte-parole de l’Église catholique. « Maintenant nous avons le premier étudient chrétien, c’est un fait positif, une nouveauté que nous devons suivre attentivement », a-t-il ajouté. Pour le père Greiche, « c’est un bon point de départ », mais il reste à comprendre « si cela fonctionnera avec le temps et comment ». Al-Azhar, a-t-il conclu, veut toujours montrer au monde « un visage conciliant, ouvert, contre le terrorisme, et cette décision arrive à un moment particulier. Avant d’exprimer un jugement définitif voyons comment se passera la fréquentation de l’université par cet étudiant ».

Éliminer les ambiguïtés

Miser sur les jeunes générations pour construire la paix entre les hommes, avait exhorté le pape François devant les participants à la Conférence internationale pour la paix organisée par le grand imam de l’université Al-Azhar, le cheikh Ahmed al-Tayeb, lors de sa visite au Caire, en avril dernier. Les deux seuls clefs pour les y amener : l’éducation et le dialogue entre les religions et les cultures, fondés sur trois principes essentiels : « Le devoir d’identité, le courage de l’altérité et la sincérité des intentions », avait souligné le Saint-Père dans son discours à la mosquée, qui est la seule alternative à « la barbarie de la confrontation », à « la logique incendiaire du mal », dans un monde, et dans une région où le fondamentalisme religieux avance dangereusement. Évoquant « la violence aveugle et inhumaine » causée par « le désir borné de pouvoir, du commerce des armes, par de graves problèmes sociaux et par l’extrémisme religieux », le Saint-Père avait insisté sur la responsabilité de chaque dirigeant politique et religieux en Égypte à « démasquer » ces vendeurs d’illusions sur l’au-delà, et « démonter les idées homicides et les idéologies extrémistes », en affirmant publiquement « l’incompatibilité entre la vraie foi et la violence, entre Dieu les actes de mort ».

Après cinq ans de gel, la rencontre historique entre le Pape et le grand imam d’al Azhar, au Vatican, l’année précédente, avait sonné comme les prémisses d’une réelle reprise de dialogue officiel entre le Saint-Siège et la plus grande institution académique de l’islam sunnite. En Égypte, la presse avait accordé un large espace à cette rencontre, révélant ainsi « toute l’attention et les attentes » que tel événement suscite au sein de la société. « Je crois que cette rencontre est une bénédiction », avait reconnu le célèbre islamologue égyptien Samir Khalil. Depuis, celui-ci suit les efforts « promis » d’Al-Azhar, et même s’il reconnaît des « petits pas » concrets, ils ne sont, selon lui, pas suffisants. Après l’attaque de Minya contre un groupe de pèlerins orthodoxes coptes, il a réaffirmé l’importance de repenser chaque détail de la charia, « un exercice auquel sont peu habitués les imams », et de réinterpréter le Coran, qui est selon lui le véritable enjeu, l’enjeu crucial, entre l’Occident et le monde musulman.

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