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La première bénédiction des animaux à la paroisse du Chesnay

Corinne SIMON/CIRIC
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Samedi 10 juin, les Franciliens sont invités à venir faire bénir leurs animaux de compagnie à l’occasion de la fête de saint Antoine, patron de la paroisse.

Approchez, chats, chiens, canaris, tortues et… poissons rouges ! Sur l’esplanade de l’église Notre-Dame de la Résurrection du Chesnay, à quelques kilomètres de Versailles, dans les Yvelines, ce samedi 10 juin à 17 heures, les fidèles ne seront pas les seuls à se presser. Les paroissiens ont invité les propriétaires d’animaux de compagnie rencontrés dans la rue, les maisons de retraite, au centre commercial ou au marché, à faire bénir leurs compagnons préférés. Beaucoup ont accueilli leur proposition avec enthousiasme.

D’où vient cette idée ? Pour le curé, Mathieu de Raimond, le geste est fraternel : « Nous sommes conscients qu’une population importante vit aujourd’hui dans une grande solitude. Elle est apaisée parfois uniquement par la présence d’humbles créatures qui sont pour elles l’un des liens essentiels à l’Amour du Créateur ». Taraudé par l’appel du pape François d’aller aux périphéries, le conseil pastoral a saisi la perche et décidé d’introduire cette bénédiction pour la première fois à l’occasion de la grande fête de saint Antoine de Padoue.

Les animaux ont du prix aux yeux de l’Église. Le Rituel des Bénédictions souligne en effet que « selon la disposition providentielle du Créateur, ils participent à la vie des hommes, soit en leur apportant de l’aide pour les travaux, soit pour leur nourriture ou leur délassement ». Le texte cite même en exemple les bêtes sauvées du déluge avec Noé et sa famille, l’agneau pascal des Hébreux, le poisson de Jonas et le corbeau d’Élie. De fait, la bénédiction  des animaux est une coutume ancienne, comme par exemple celle des chiens d’une meute de chasse à courre ou celle des chevaux. Elle remonterait à saint Antoine du désert, patron des animaux de ferme et des animaux domestiques.

Comme le rappelle le Pape dans Laudato Si’« Les êtres vivants ont une valeur propre devant Dieu. Par leur simple existence, ils le bénissent et lui rendent gloire puisque le Seigneur se réjouit en ses œuvres » (n° 69). Pas certain toutefois que l’intention des propriétaires soit dénuée d’une certaine superstition, l’animal étant parfois l’objet d’une affection excessive. Le curé se chargera de leur redonner le sens de la bénédiction : « Nous voulons bénir, c’est-à-dire orienter ce lien d’affection vers le Créateur ». Puis, il invitera l’assistance à suivre en procession les reliques de saint Antoine de Padoue, patron de la paroisse.

La dévotion à ce saint dépasse largement les frontières de la commune. Remises à l’honneur voici cinq ans, les fêtes de Saint-Antoine attirent des pèlerins originaires du monde entier, comme Anna, Ukrainienne de 31 ans. « Je suis réfugiée. En arrivant il y a trois ans, je suis venue prier saint Antoine. Dans ma vie, je sens qu’il m’aide beaucoup : j’ai trouvé un travail. Je le prie pour la paix, pour mes parents qui sont là-bas. » Pourquoi une telle affluence ? Docteur de l’Église, franciscain, compagnon de saint François d’Assise, Antoine est le saint des pauvres et des tout-petits. Invoqué pour retrouver des objets perdus, il amène aussi souvent ceux qui le prient à retrouver la foi.

Après la veillée de prière et de louange, un grand buffet réunira dimanche dans la rue les paroissiens, voisins, amis ou pèlerins. Les animaux sont les bienvenus !

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