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Législatives : les ambitions du Parti chrétien-démocrate

BORIS HORVAT / AFP
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À l'occasion des élections législatives, le Parti chrétien-démocrate (PCD) a investi 120 candidats, dont près de la moitié de femmes. Depuis 2013, celui-ci est présidé par Jean-Frédéric Poisson, que de nombreux Français ont découvert lors des débats de la primaire de la droite et du centre en 2016. Il espère que le scrutin permettra au mouvement de renforcer sa visibilité.

Le PCD place au cœur de son programme des causes, principalement sociétales, que d’autres à droite, ont écarté de leurs priorités, comme la défense de la famille, ou l’opposition au mariage pour tous et à l’euthanasie. Mais le PCD veille à ne pas réduire sa plate-forme à ces seules dimensions : l’économie – attachement aux PME, développement d’entreprises à visée sociale – et les relations internationales – mondialisation « équilibrée », coopération internationale, notamment avec la Russie – occupent une part importante du programme de ce parti fondé en 2009. Selon Jean-Frédéric Poisson, les candidats du PCD se mobilisent « parce qu’ils refusent d’abandonner les idées qui leur sont chères. » Ce parti ne joue pas sur le « ni droite ni gauche » cher à une partie du FN et à La République En Marche. Poisson appelle de ses vœux « une Assemblée nationale de droite, enracinée, de convictions. »

« À force de ne pas voter pour les personnes qui portent vos convictions, un jour, il n’y en aura plus » souligne le président du PCD. Un discours auquel s’identifie Ida de Chavagnac, candidate dans la première circonscription de Paris : « Quand je vois la droite classique divisée par les affaires, la recherche de postes – comme on l’a vu au sein du gouvernement récemment formé – et les querelles de programmes, je me demande qui croire, et quelle est leur colonne vertébrale idéologique ». Celle-ci, « lanceuse d’alerte » alors qu’elle travaillait au Crédit agricole, dit se reconnaître dans « un parti qui a remis l’homme au centre, et non pas l’argent, le nombre de fonctionnaires ou le pourcentage d’impôts à modifier ». Et d’enfoncer le clou : « Emmanuel Macron, qui incarne l’alliance des excès du libéralisme et du libertarisme est exactement l’opposé de tout ce en quoi je crois. »

Le 19 mai, le PCD avait organisé une réunion à quelques encâblures de l’Assemblée nationale afin de présenter les objectifs des élections législatives. Dix-sept candidats ont été investis sur les dix-huit circonscriptions parisiennes, a fait savoir le vice-président et cofondateur du PCD, Franck Margain. Il n’y a pas de candidat du PCD dans le XVe arrondissement, dont Philippe Goujon, qui a une adjointe PCD, est le maire. De nombreux jeunes sont présents dans la salle, investis dans la campagne des candidats, parfois candidats eux-mêmes ou suppléants. Pauline Betton, 30 ans, candidate dans la deuxième circonscription face à NKM, Jean-Pierre Lecoq, maire du VIe, et Henri Guaino, a le sentiment sur le terrain que les habitants « sont saoulés par la politique », mais juge que « le renouveau et la jeunesse » ne sont pas l’apanage des candidats de La République En Marche. Un membre de son équipe ne se fait guère d’illusions sur l’issue du scrutin, mais juge « extrêmement important de faire progresser le débat d’idées, et de porter dignement (leurs) idées. ». Même s’ils sont les adversaires de candidats Les Républicains, il est demandé aux candidats PCD de « ne pas trop taper sur LR » par « prudence » lorsqu’au second tour, ils pourraient être amenés à se prononcer pour ces derniers. Ici, on anticipe une recomposition de la droite – déchirée après la défaite de François Fillon – dans laquelle le PCD espère peser.

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politique
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