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Jean-Pierre Leleux : « L’art permet de dépasser les mots »

Baptiste Berard
Le sénateur de Grasse (LR), Jean-Pierre Leleux, passionné de médias était l'un des invités d'honneur du Festival sacré de la beauté. Membre de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication de la haute assemblée, il pose un regard très particulier sur le lien qui unit spiritualité et cinéma.
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Le sénateur de Grasse (LR), Jean-Pierre Leleux, passionné de médias, était l’un des invités d’honneur du Festival sacré de la beauté. Membre de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication de la Haute Assemblée, il pose un regard très particulier sur le lien qui unit spiritualité et cinéma.

Aleteia : Quel regard posez-vous sur le lien qui unit spiritualité et cinéma ?
Jean-Pierre Leleux : Le fil qui relie l’Église et le cinéma est la spiritualité. Et ce dialogue fondé sur la spiritualité est une démarche bien particulière aux chrétiens et à l’Église que je partage, étant chrétien moi-même. En tant que responsable politique, j’essaie d’agir humainement avec tout ce que cela implique. Ma démarche est à sa manière d’inspiration chrétienne aussi.
La spiritualité est individuelle, personnelle, intime. Elle nous pose des questions : que fait le monde ? Que se passe-t-il sur cette planète ? Quel est le sens de ma vie ? De ma présence sur terre ?
Une démarche spirituelle vise à répondre à ces questions mais a besoin d’être aidée pour cela, d’être soutenue.

Comme développer cette démarche spirituelle ?
Il y a des guides partout, il suffit de les voir. L’art en est le meilleur exemple. L’art est un moyen de dépasser la parole et de donner à voir des éléments de l’existence que l’on ne peut exprimer facilement avec les mots. Le cinéma a la faculté de transcender le langage des mots. Il perce le langage universel dont nous avons besoin pour entreprendre notre démarche spirituelle.
Le 7ème art, le cinéma, est prédisposé à soutenir, aider, éclairer la démarche spirituelle de chacun. Il entre dans toutes les âmes du monde, il est universel, on le voit partout, au même titre que la télévision ou la radio qui s’invitent dans des millions de foyers chaque soir. Le cinéma accueille 200 millions de spectateurs par an.
Il y a des films qui sont très évidents et relatent tel épisode de l’évangile, de la bible ou de la vie d’un saint. D’autres films moins religieux sont tout aussi spirituels et amènent à réfléchir sur la petitesse de l’homme, sa volonté de grandir dans sa relation à l’autre. Le cinéma peut mettre en situation des visages méconnus du monde, de la société. Même si ce ne sont pas forcément de beaux visages. Le cinéma fait vibrer l’âme.

Y a-t-il un film qui vous a marqué plus qu’un autre ?
Il y a beaucoup de films qui m’ont touché. Wim Wenders avait marqué son temps avec « Les ailes du désir ». D’autres films très simples, présentant des situations de vie compliquées, marquées par le handicap, la marginalisation, la différence m’ont marqué aussi. Ils amènent à faire réfléchir et progresser sur le chemin de la spiritualité.

Vos fonctions au sénat vous imposent de suivre ce que produit le cinéma. Quelle est son influence sur les jeunes générations ?
Je suis rapporteur pour l’audiovisuel avec ce qu’il comporte de créations nouvelles comme les séries. J’accomplis bien évidemment un travail plus technique que spirituel dans mes fonctions sénatoriales ! Le cinéma a en effet une responsabilité sur nos jeunes générations, et pas seulement les jeunes… Vous pouvez faire passer un message de soutien par toutes les formes d’art comme la peinture, la danse ou la musique… Mais le cinéma a plusieurs vecteurs de pénétrations de l’esprit du spectateur. Une peinture cachée dans un musée est visible partout grâce au cinéma : chez soi, dans les salles… Le cinéma a une forme de puissance. Les films violents nous font toucher du doigt une certaine réalité du monde. Tout le monde aspire au beau, au bien. En dépit de la violence du monde, nous avons tous au fond de nous cet appel à des relations plus paisibles que le cinéma doit incarner.

Mgr Vigano a transmis l’appel du pape François aux artistes, comment l’interprétez-vous ?
Je pense souvent à cette parole du saint-père qui dit « Allez vers les périphéries, là ou ce n’est pas facile ». Il est trop simple finalement d’aimer et de réunir les gens que l’on aime. Aller vers les frontières c’est aller vers les difficultés, là où l’on a plus de mal à passer. Allez vers ce qui est différent de nous. Le pape François nous montre l’exemple. Le cinéma peut arriver avec les images, la musique, à faire passer ces messages.
Un seul film peut bouleverser un grand nombre de personnes. Une génération entière peut changer avec quelques films. Globalement oui, le cinéma est surement le meilleur levier à actionner pour changer l’état d’une société.

Quel lien faites-vous entre église et cinéma ?
De très beaux films font résonner la Bible. Mais sans l’affirmer car il ne faut pas être trop brutal sinon c’est du prosélytisme. Des œuvres s’inspirent des valeurs chrétiennes et de l’évangile, comme « Tu ne tueras point » qui se réfère à la bible. En tous cas, j’ai comme le sentiment que dans l’esprit des artistes, avec des âmes sensibles, il y a ce souci d’amener les autres vers du mieux être. Cela peut semer les germes d’un bien pour l’humanité.

En tant qu’ancien maire de Grasse, capitale du parfum, quel œil portez vous sur le thème du Festival de la beauté 2017 : « l’artiste et parfum » ?
Le parfum est omniprésent dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, il peut sublimer des valeurs. Au musée de la parfumerie, à Grasse, lors du Festival sacré de la beauté avec Anne Facérias, nous avons évoqué la relation entre la religion et le parfum tout comme entre l’artiste et le parfum. Je pense qu’il est un lien subtil de communication avec l’autre. Il peut véhiculer par les odeurs ce que porte la personne en elle. Le bien comme le mal.
L’encens est une odeur très employée par toutes les religions du monde. Encore aujourd’hui, dans l’église catholique, l’encens, plus léger que l’air, s’élève avec une bonne odeur. Cela fait monter l’âme vers le ciel, vers Dieu. C’est vrai d’un le parfum mais aussi du saint chrême que l’on applique sur le front des confirmés. Il sent très bon et les parfumeurs grassois participent à sa réalisation. Il y a une subtilité dans le parfum qui fait passer des valeurs.

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