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Maurice Denis et Eugène Delacroix : quand l’atelier devient musée

© Ron, Grand-Palais, Adrien Didierjean.
Maurice Denis, l'Hommage.
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Jusqu’au 28 août, rendez-vous au musée Delacroix pour découvrir l’histoire de cet écrin romantique.

Connaissez-vous le musée Eugène Delacroix, petit îlot préservé du vacarme parisien, à deux pas de l’église Saint-Germain-des-Prés ? Installé dans l’ancien atelier du peintre depuis 1932, ce lieu enchanteur dévoile actuellement l’histoire de son sauvetage par toute une génération de peintres, à l’initiative de Maurice Denis, à travers une exposition remarquable.

Delacroix à Saint-Germain-des-Prés

C’est en décembre 1857 qu’Eugène Delacroix quitte son ancien atelier près de Notre-Dame-de-Lorette, dans le IXe arrondissement de Paris, pour s’installer dans la petite maison avec jardin de la rue Fürstenberg. L’artiste a alors 59 ans et déjà une longue et renommée carrière derrière lui. Depuis 1847, il travaille à la décoration de la chapelle des Saints-Anges à l’église Saint-Sulpice. Par ce nouvel emménagement, il cherche à s’en rapprocher, pour limiter les déplacements et préserver sa santé fragile.

C’est dans ces anciens communs du palais abbatial de Saint-Germain-des-Prés que le peintre passe les six dernières années de sa vie, avant de s’éteindre le 13 août 1863. À sa mort, le lieu est laissé à l’abandon, et le jardin en friche. Pourtant, plusieurs décennies plus tard, quelques artistes se donnent pour mission de sauver l’héritage de l’artiste et de réhabiliter l’atelier : ils fondent en 1929 la Société des Amis d’Eugène Delacroix, sous la présidence du Nabi Maurice Denis (1870-1843). Trois ans plus tard, un musée consacré à leur maître ouvre ses portes, dans l’ancienne résidence de Delacroix.

Eugène Delacroix, Bouquet de fleurs.

Un maître malgré lui

Maurice Denis, Émile Bernard, Édouard Vuillard, Pierre Bonnard, Paul Signac… Tous ces admirateurs de Delacroix ont un point commun : ils sont nés après la mort de l’artiste, et n’ont pu le connaître qu’à travers ses chefs-d’œuvre exposés au Louvre, ou des peintres plus âgés : Cézanne, Odilon Redon ou encore Gauguin. Lorsque le journal de Delacroix est publié pour la première fois en 1893, il rencontre un écho retentissant chez cette nouvelle génération d’artistes, éblouis par le travail et les théories de l’auteur.

Ils décident donc de sauver le dernier atelier de celui qui, contrairement à Ingres à la même époque, n’a jamais eu d’élève de son vivant. Volontairement éloigné des traditions académiques, Delacroix n’a participé à aucun prix de Rome ni voyagé en Italie. Grâce à l’action de ces jeunes émules, une nouvelle vie commence pour l’artiste romantique, devenu maître à titre posthume, malgré lui.

Les chefs-d’œuvre à l’atelier

Pour autant, tous ces jeunes disciples ont adopté un trait caractéristique de la personnalité de Delacroix : sa constante indépendance et sa très grande liberté. Parce qu’ils n’ont pas connu le maître, chacun a retenu ce qu’il souhaitait de ses enseignements, pour développer un art d’autant plus personnel. L’exposition actuelle présente, à ce titre, des comparaisons éclairantes entre des œuvres de Delacroix et celles des sauveteurs de son atelier, qui mettent merveilleusement en lumière les leçons reçues de leur prédécesseur et les libertés prises par chacun.

Ainsi, on admire L’Annonciation (1913) de Maurice Denis, en regard de la Sainte Anne éduquant la Vierge de Delacroix (1842), ou encore une belle Odalisque à la culotte rouge (1921) de Matisse, qui n’est pas sans rappeler les séduisantes Femmes d’Alger (1834) de Delacroix, dont le voyage au Maroc fut une révélation. Un délicieux petit tableau de Cézanne, intitulé L’Apothéose de Delacroix (entre 1890 et 1894), figure la montée au ciel de l’artiste, acclamé par une foule de peintres admirateurs.

© Ron, Grand-Palais, Adrien Didierjean.
Maurice Denis, l'Hommage.

La présentation de ces chefs-d’œuvre fait écho à la vocation de la Société des Amis d’Eugène Delacroix : faire revivre ce havre de paix en entrant dans l’intimité du peintre. Une exposition émouvante, qui donne envie de poursuivre par une petite virée à Saint-Sulpice pour admirer la chapelle des Saints-Anges, dont les toiles ont été restaurées en 2016, et au Louvre, pour revoir les plus grands tableaux de Delacroix.


Maurice Denis et Eugène Delacroix, de l’atelier au musée, au Musée National Eugène Delacroix, 6 rue de Fürstenberg, 75006 Paris.

Jusqu’au 28 août 2017. Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 9h30 à 17h30.

Tarif : 7 euros l’entrée, gratuit pour les moins de 26 ans.

Retrouvez toutes les informations sur l’exposition et la riche programmation qui l’accompagne sur le site du musée Delacroix.

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